BESSERMAN Rajgla (Rose) née RYNOCHORN [alias PINET Rose]

Par Daniel Grason

Née le 16 juillet 1907 à Pinczowc (Pologne), déportée à Auschwitz (Pologne), morte à une date inconnue ; tailleur ; communiste ; militante de la Main d’Œuvre Immigrée ; rentrée de déportation.

Fille d’Herszel et de Fajgla Fajgenbaum, Rajgla Rynochorn entrée en France en 1932 épousa le 6 octobre 1939 Abram Besserman en mairie du XXe arrondissement à Paris, le couple avait un enfant âgé de neuf ans. La famille habitait au 181 rue des Pyrénées. Rajgla était titulaire d’un récépissé de demande de carte d’identité délivré par la Préfecture de police périmé depuis le 4 juillet 1942.
La promulgation du statut des Juifs par le gouvernement de Vichy en octobre 1940, puis celui de juin 1941 plongea la communauté israélite de très grandes difficultés. Le couple Bessermann emménagea en octobre 1942 sous l’identité de Pavolak au 84 rue de Montreuil à Paris (XIe arr.). Elle fut interpellée le 2 juillet 1943 vers 18 heures 30 par trois inspecteurs de la BS2. Dans son sac à main, les policiers saisissaient sur elle une carte d’identité au nom de Rose Pinet.
La perquisition de son domicile effectuée en sa présence rue de Montreuil a été fructueuse, les policiers saisissaient : une carte d’identité au nom de Pavolak avec sa photographie portant le timbre humide de Gisors (Eure), une carte d’alimentation de la mairie de la mairie du XXe arrondissement au nom de Bernard Wassertein domicilié passage Julien-Lacroix, deux carnet portant des notes, trois feuillets avec des annotations de rendez-vous, deux quittances de loyer au nom de Pavolak 84 rue de Montreuil, un certificat de démobilisation du centre de Roanne établi au nom de Pavolak datée du 6 août 1940, un trousseau de deux clefs de l’immeuble 181 rue des Pyrénées (5e étage, 1ère porte gauche) et trois clefs correspondant à un domicile ou un local inconnu, une feuille dactylographiée adressée au camarade Phillips de la fourrure, signée Gendrot juin 1943, une documentation dactylographiée écrite en caractères hébraïque, de la documentation écrite en français, des tracts datés du 15 juin 1943 édités par le parti communiste.
La perquisition du domicile du 131 rue des Pyrénées réalisée en présence de la concierge fut infructueuse. Rajzla Bessermann était inconnue de la Direction générale de la police et de la police judiciaire. Emmenée dans les locaux des Brigades spéciale à la Préfecture de police elle y fut interrogée. Au cours de filatures des policiers avaient vu Abram Bessermann en compagnie de militants communistes, de plus la saisie de documents confirmait qu’il était un militant communiste. Ils sommèrent Rajzla de s’expliquer.
Elle affirma qu’elle n’était pas membre « d’une quelconque organisation et je n’ai jamais fait de politique. » Rajzla Bessermann raconta qu’en décembre 1942 elle se présenta à la mairie pour changer ses cartes d’alimentation, les employés lui demandèrent sa carte d’identité qu’elle ne présenta pas étant périmée. Elle rencontra par hasard un homme, Wassertein qui lui fournissait des cartes, en échange de quoi, elle garda un paquet de tracts et des documents. Quant à sa fausse carte d’identité au nom de Pinet elle portait sa photographie et était tamponnée du cachet de la Police d’État de Seine-et-Oise du 2ème District de Chatou, elle affirma l’avoir achetée dans un café.
Internée au camp de Drancy sous le matricule 3198, Rajzla (Rose) Besserman a été déportée le 31 juillet 1943 dans le convoi n° 58 à destination d’Auschwitz (Pologne). Le convoi comptait mille déportés (hommes et femmes), 662 furent gazés à l’arrivée, 232 hommes et 106 femmes ont été sélectionnés. Rajzla (Rose) Besserman a été affecté au block 10 où se pratiquait les expériences médicales. Quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, il ne restait que treize survivants de ce convoi dont cinq femmes : Genendel Goldsztajn, Esther Baginski, Hadassa Lerner née Tenenbaum, Rywka Grynberg, Rose Besserman et Mira Honel. Il en était de même de deux hommes : Berek Baginski et Maurice Honel, ex. député communiste de Clichy-Levallois (Seine, Hauts-de-Seine).
Son mari Abram rentra également de déportation, Rose accoucha d’un second enfant.Henri, Lucien, le 23 novembre 1946. Elle milita au Parti communiste et dans les associations juives.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195957, notice BESSERMAN Rajgla (Rose) née RYNOCHORN [alias PINET Rose] par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 octobre 2017, dernière modification le 2 juillet 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2298, Carton 14 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 12 juillet 1943, GB 130. – Bureau Résistance GR 16 P 528485. – David Diamant, Par-delà les barbelés, 1986. – Site internet CDJC.

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