CHATEAU René, Eugène, Armand

Par Yves Dauriac

Né le 27 juin 1906 à Mouthiers-sur-Boëme (Charente), mort le 5 avril 1970 à Siecq (Charente-Maritime) ; professeur agrégé de philosophie et journaliste ; militant antifasciste, puis collaborateur sous l’Occupation ; député de la Charente-Inférieure (1936-1942).

René Chateau
René Chateau
Député

Fils d’un couple d’instituteurs, René Chateau fut un brillant élève au lycée de garçons d’Angoulême (Charente), de 1918 à 1924, année où il remporta le 1er accessit de philosophie au Concours général. Il alla poursuivre ses études en Première supérieure au lycée Henri-IV de Paris, où professait Alain qui eut sur lui une grande influence.

Il intégra l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1927 et fut reçu à l’agrégation de philosophie en 1930.

René Château débuta sa carrière comme professeur au lycée de la Roche-sur-Yon (Vendée) à partir de la rentrée de 1930. Il dut effectuer son service militaire en 1932 à Limoges puis Angoulême mais, pacifiste, il avait refusé de suivre la préparation militaire à l’ENS, et termina son temps comme caporal infirmier. Il épousa le 1er août 1933 à Angoulême Gabrielle Planet.

De retour à la vie civile, il fut nommé au lycée de garçons Fromentin à La Rochelle, chef-lieu du département (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), où il devint immédiatement un personnage important de la vie politique. En 1934, il militait activement au Parti radical-socialiste, à la Ligue des droits de l’Homme (secrétaire général de la fédération départementale) et dans les comités antifascistes. Franc-maçon, il avait été initié le 11 mai 1935 à la loge rochelaise L’Union parfaite.

Après avoir posé sans succès sa candidature aux élections municipales de La Rochelle de 1935, il se présenta aux élections législatives de 1936, sous l’étiquette du groupe dissident radical-socialiste « Camille Pelletan » et fut élu au second tour comme candidat du Front populaire avec 10 776 voix contre 9 280 au candidat droitier Léonce Vieljeux, maire de La Rochelle.

Au Palais-Bourbon, René Château se fit remarquer par son ardeur de pacifiste militant. Il était membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme.

Il vota, le 10 juillet 1940, à Vichy, la délégation du pouvoir constituant au maréchal Pétain puis fit du journalisme ; il écrivit dans L’Œuvre et devint, en 1942, directeur politique de La France socialiste jusqu’à ce que, au printemps 1943, la censure allemande lui retirât sa carte de presse. La même année, en février, il fut exclu du RNP. Il anima la « Ligue de la pensée française », surgeon collaborationniste de la Ligue de l’enseignement, mais son opposition aux mesures anti-maçonniques lui valut l’hostilité des autres courants de la collaboration. Francis Masgnaud affirme que René Château fut le seul franc-maçon rochelais à avoir collaboré.

Secrétaire général du Parti républicain socialiste, après la Libération, René Château termina sa carrière universitaire comme professeur de philosophie au lycée Hoche, à Versailles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19598, notice CHATEAU René, Eugène, Armand par Yves Dauriac, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 13 août 2021.

Par Yves Dauriac

René Chateau
René Chateau
Député

ŒUVRE : Collaborations : La Flèche, l’Œuvre, La France socialiste, etc.
Choix d’ouvrages parus après 1945 : L’Âge de Caïn. — Introduction à la politique (préface d’Alain).

SOURCES : Arch. Dép. Charente-Inférieure, 2 M 4 34 et 14 M 12. — Le Monde, 11 avril 1970. — Pascal Ory, Les Collaborateurs, 1940-1945, op. cit.Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 et de 1940 à 1958. — Notes de Francis Masgnaud et Alain Dalançon.

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