LALANDE Marcel

Par Michel Thébault

Né le 13 août 1924 à Saint-Priest-Taurion (Haute-Vienne), mort en action le 3 septembre 1944 à La Puye (Vienne) ; résistant ORA.

Il était le fils de Camille, Noël Lalande et de Marguerite Privat. Célibataire, il était domicilié en 1944 à Limoges (Haute-Vienne), aux Vergnes, rue d’Isle.
Il s’engagea dans la Résistance rejoignant l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), soldat au sein de la 2ème compagnie du 2ème bataillon. Il prit part aux combats pour la libération de Limoges. En effet, son unité participa à partir du 15 août 1944 à l’encerclement et à la libération de Limoges par les FFI placés sous les ordres du colonel Georges Guingouin, chef départemental des FFI. Le 2ème bataillon de l’ORA vint ainsi se positionner dans le secteur d’Aixe-sur-Vienne. Il dut à partir du 17 août 1944 au matin, lutter contre des éléments blindés et motorisés allemands du 19ème Régiment de police SS, en garnison à Limoges, qui tentèrent de dégager les abords de la ville au sud dans le secteur Feytiat, Solignac, Le Vigen et Aixe-sur-Vienne.
Après la libération de Limoges le 20 août 1944, le 2ème bataillon de l’ORA fut envoyé en renfort dans le département voisin de la Vienne. Le 19 août un ordre de repli général avait été donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Le groupement de marche du sud-ouest, réunissait environ 25 500 hommes sous les ordres du général Botho Elster. Le passage par le seuil du Poitou devint un enjeu stratégique essentiel. Confrontées à l’impossibilité de remonter ni par le Limousin (du fait de la Libération de Limoges) ni par l’axe traditionnel de la RN 10 vers Tours (du fait de l’avancée des troupes anglo-américaines), les unités allemandes de la colonne Elster tentèrent à partir de Poitiers de marcher vers l’est et le nord-est de la Vienne, utilisant les axes secondaires, et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des forces FFI. Le 2ème bataillon de l’ORA fut associé dans le secteur de Saint-Savin-sur-Gartempe au maquis AS de la Vienne « Le Chouan », dans le but de couper les ponts et les passages sur la Gartempe et bloquer ainsi le repli allemand vers le département de l’Indre. Le 2 septembre 1944 ils attaquèrent des convois allemands venant de Poitiers, dont une partie parvint à se retrancher à Mont-Saint-Savin. Les combats se poursuivirent le 3 septembre dans tout le secteur, contre les unités allemandes en retraite. Marcel Lalande fut tué au combat le 3 septembre sur la commune de La Puye, commune voisine de Saint-Savin-sur-Gartempe. Jean Thiry (op. cit. p. 37) a pu en 1946 en établir les circonstances : « Deux jeunes maquisards Javelot et Lalande, tous deux limousins, furent tués dans des circonstances particulièrement odieuses. Au cours d’une patrouille, ils rencontrèrent deux Allemands qui levèrent les bras pour se rendre. S’avançant pour les saisir, les deux jeunes gens furent abattus par une rafale de mitrailleuse cachée ».
Il obtint le 16 janvier 1948 la mention mort pour la France et son nom figure sur le monument commémoratif de la Résistance dans le jardin d’Orsay à Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196025, notice LALANDE Marcel par Michel Thébault, version mise en ligne le 10 octobre 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Georges Guingouin Quatre ans de lutte sur le sol limousin Ed. Hachette 1974 — Jean Thiry Le combat du Mont-Saint-Savin. 2 septembre 1944 Ed. Lavauzelle 1946 — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil, mairie de Limoges, registre des décès 1944 vol 2 acte n°2428 (transcription).

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