PUPPO Armel, Célestin. Pseudonyme dans la Résistance : François BOUCHARA

Par Robert Mencherini

Né le 1er juillet 1924 à Miramas (Bouches-du-Rhône), mort au combat ou exécuté sommaire le 16 juin 1944 au maquis de Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône) ; manœuvre ; militant communiste ; résistant au sein des Francs-Tireurs et Partisans français (FTPF).

Armel Puppo était le fils cadet de Joseph Puppo, né le 30 avril 1896 à Rapaggio (Corse, Haute-Corse), employé de la compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), et de son épouse, Joséphine Virginie Devoulx, née le 12 juillet 1893 à Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône). La famille Puppo, qui comptait quatre enfants (deux garçons, Armel et Aimé, et deux filles, Yolande et Yvette) était connue dans la cité cheminote pour ses activités communistes.

Le 23 septembre 1942, lors d’une opération de gendarmerie qui s’étendit de Salins-de-Giraud à Marignane, en passant par Miramas, le domicile de la famille Puppo fut l’objet d’une perquisition. On y découvrit de nombreux tracts du PCF clandestin et du Front national de lutte pour la libération de la France, des jeunesses patriotiques ainsi que des « directives » sur « la situation et les tâches des JC ».
Le jour même, Armel Puppo fut arrêté, ainsi que ses parents, son frère, Aimé (âgé de 25 ans), l’une de ses sœurs. Yvette (âgée de 18 ans), et d’autres résistants de la localité. Il fut incarcéré au fort Saint-Nicolas à Marseille, de septembre à novembre 1942, puis au fort de Vancia (Ain) jusqu’en janvier 1943, et ensuite à la maison d’arrêt d’Aix. Le 15 mars 1944, la section spéciale de la cour d’appel d’Aix le condamna à 18 mois de prison et 1200 francs d’amende, pour avoir « adhéré à une association communiste clandestine, détenu de mauvaise foi ou distribué des écrits tendant à propager les mots d’ordre de la troisième internationale, et d’une façon générale, exercé une activité ayant pour but de favoriser le terrorisme, l’anarchie, la subversion nationale et sociale ».

Sa mère, Joséphine, condamnée à deux ans d’emprisonnement, ne quitta la prison d’Aix qu’à la Libération, le 20 août 1944. Le cas de sa sœur Yvette fut disjoint : compte-tenu de son jeune âge, la section spéciale proposa son placement en maison d’éducation surveillée.
Son père, Joseph, et son frère aîné, Aimé, furent relaxés, mais tout de même internés en mars 1944 à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Ils furent déportés à Buchenwald en juillet 1944 dans un convoi parti de Toulouse le 30 juillet 1944. Libérés en avril 1945, ils revinrent à Miramas.
Ayant purgé sa peine (commencée le 25 septembre 1942), Armel Puppo aurait dû être libéré le 25 mars 1944, mais il fut maintenu en prison comme « détenu administratif ». Il s’évada de la maison d’arrêt d’Aix-en-Provence, dans la nuit du 23 au 24 avril 1944, lors d’une évasion collective, organisée par André Claverie, Jean-Paul (FTPF). Les évadés, d’abord regroupés à la ferme de Lambruisse (près de Vauvenargues, Bouches-du-Rhône), gagnèrent ensuite le plateau du Cengle à Saint-Antonin-sur-Bayon, au pied de la Sainte-Victoire. Rejoints par d’autres résistants, ils s’organisèrent en maquis (FTPF).

Comme douze de ses camarades, Armel Puppo trouva la mort lors de l’attaque allemande du maquis le 16 juin 1944, tombé dans les combats ou exécuté par les Allemands.
Homologué sergent FFI, il obtint les mentions « Interné politique » et « Mort pour la France ». Son nom figure sur le monument aux morts et la plaque commémorative de la mairie de Miramas, les mémoriaux du Val de Cuech, à Salon (Bouches-du-Rhône), de Sainte-Anne, commune de Lambesc (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Antonin-sur-Bayon. Il été donné à une rue de Miramas.
Il est enterré au cimetière communal. Sur sa tombe son prénom est orthographié "Harmel".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196059, notice PUPPO Armel, Célestin. Pseudonyme dans la Résistance : François BOUCHARA par Robert Mencherini, version mise en ligne le 1er mars 2021, dernière modification le 26 novembre 2021.

Par Robert Mencherini

SOURCES : Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 8 W 22. — AVCC Caen, 21P 268834/ 21P 528368. — Jean-Maurice Claverie, La Résistance, notre combat, Histoire des FTPF du pays d’Aix, Ed. Au seuil de la vie, Beaurecueil, 1991. — Robert Mencherini, Résistance et Occupation (1940-1944), Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930-1950, tome 3, Paris, Syllepse, 2011. — État-civil. — Cimetière de Miramas. — Notes de Sébastien Avy et de Renaud Poulain-Argiolas.

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