DUJARDIN Louis, Joseph

Par Michel Thébault

Né le 16 février 1916 à Givet (Ardennes), mort le 12 septembre 1944 à Néris-les-Bains (Allier) des suites des blessures provoquées lors de la libération de Montluçon ; résistant FTPF de la Creuse.

Originaire des Ardennes, il était en 1944 domicilié à Bussières-Saint-Georges, au nord de la Creuse, à la limite des départements de l’Indre et du Cher. Les causes de son arrivée en Creuse restent inconnues. Cependant la ville de Givet fut évacuée dès le 10 mai 1940 lors de l’attaque allemande en Belgique, évacuation ordonnée conformément aux plans prévus par l’Etat français, en particulier pour les habitants de Monthermé, Givet et Fumay. Les populations furent repliées sur les départements des Deux-Sèvres et de la Vendée. Il est probable que Louis Dujardin ait pu faire partie de cet exode. Réfugié en Creuse, il s’engagea dans la Résistance au sein des maquis FTPF du sous-secteur A qui s’étendait principalement sur les cantons de Boussac, Châtelus-Malvaleix et Bonnat. Il appartenait précisément à la 2105ème compagnie FTPF. Cette unité avec les autres unités (2115èmè compagnie et 2118ème compagnie) du 11ème bataillon FTPF ont été particulièrement engagées sur la RN 145 pour à partir de la mi-août 1944 retarder et infliger des pertes aux troupes allemandes en cours de repli. Dans la nuit du 19 au 20 août 1944, les chefs de la Résistance montluçonnaise décidèrent de libérer la ville de Montluçon (Allier) et de mettre le siège devant la caserne Richemont où s’était rassemblée l’essentiel de la garnison allemande. Près de 1500 FFI furent rassemblés pour mener ces opérations. Il fut fait appel aux forces résistantes des départements voisins dont la 2105ème compagnie FTPF venue de la Creuse toute proche. Les combats durèrent jusqu’au 24 août lorsqu’un convoi allemand en repli depuis Limoges parvint un moment à desserrer l’étau et permettre à l’ensemble des forces allemandes d’évacuer la ville le soir même. Ce fut dans ce combat du dernier jour, le 24 août 1944 que fut grièvement blessé Louis Dujardin. Il fut transporté dans la station thermale proche de Néris-les-Bains où existait un centre de soins (Néris-les-Bains avait été pendant la première guerre mondiale une « ville-hôpital » pour les blessés de guerre). Malgré les soins prodigués, il succomba le 12 septembre 1944 des suites de ses blessures.

Il obtint la mention mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de Bussières-Saint-Georges (Creuse). Il figure également sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196352, notice DUJARDIN Louis, Joseph par Michel Thébault, version mise en ligne le 22 octobre 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 176355. Dossier Louis Dujardin (nc) .— Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — André Touret Montluçon 1940-1944 : la mémoire retrouvée Ed. Créer, 1999 — site Mémoire des Hommes — mémorial genweb.

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