PASSION François, René

Par MIchel Thébault

Né le 28 août 1895 à Montluçon (Allier), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Huriel (Allier) ; marchand forain ; résistant FFI.

Il était le fils d’Antoine Passion, âgé de 43 ans à sa naissance, chaudronnier et de Marie, Léontine Forichon âgée de 34 ans, domiciliés à l’usine Saint-Jacques de Montluçon. Lors de sa mobilisation en décembre 1914, il exerçait la profession d’employé de commerce. Il fut incorporé le 16 décembre 1914 au 63ème régiment d’infanterie. Il fit toute la guerre dans cette arme passant en juin 1916 au 162ème régiment d’infanterie. Blessé par des éclats d’obus en avril 1917 lors d’une offensive dans le département de l’Aisne, il revint au front dès le mois de mai et fut distingué en septembre 1917 par une citation à l’ordre du régiment : « Très bon signaleur, d’un dévouement et d’un courage à toute épreuve, s’est distingué pendant la période du 27 août au 30 septembre 1917. Déjà blessé aux attaques de l’Aisne du 16 avril 1917 ». Il fut décoré de la Croix de guerre. Démobilisé le 14 avril 1919, il revint s’installer à Montluçon, 24, rue Victor Hugo et épousa le 9 février 1920 Jeanne, Aimée Petitalot. Il exerça la profession de marchand forain.

Dans la nuit du 19 au 20 août 1944, les chefs de la Résistance montluçonnaise décidèrent de libérer la ville de Montluçon (Allier) et de mettre le siège devant la caserne Richemont où s’était rassemblée l’essentiel de la garnison allemande. Dans la ville en grande partie libérée, de nombreux volontaires affluèrent pour soutenir les maquisards. Ce fut le cas de François Passion. Son certificat d’appartenance aux FFI, annexé à son registre matricule précise qu’il s’engagea le 20 août 1944. Peut-être appartint-il aux équipes des 6 postes de secours mis en place pour procéder « à la relève des blessés et des tués et à leur transport à l’hôpital » (bulletin ANACR op. cit.). Les combats durèrent jusqu’au 24 août lorsqu’un convoi allemand en repli depuis Limoges et appartenant au 19ème SS Polizei (qui avait refusé la reddition à Limoges) parvint un moment à desserrer l’étau et permettre à l’ensemble des forces allemandes d’évacuer la ville le soir même. Cependant dans la journée du 25 août 1944 arriva à proximité de Montluçon un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages). Ils avaient quitté Guéret en même temps que les dernières troupes allemandes (dont la garnison de Guéret) dans la nuit du 24 au 25 août 1944 et tentaient de rejoindre l’est de la France. L’État-major des FFI en Creuse avait organisé des opérations de harcèlement sur tout l’itinéraire, découpant le parcours entre ses multiples unités de résistance. En représailles, tout au long de la nationale 145, les miliciens incendièrent des maisons et bâtiments d’exploitation agricole. Arrivés à proximité de Montluçon libérée, entre Lamaids et Quinssaines, ils furent bloqués en même temps que les unités allemandes qui les précédaient par plusieurs compagnies de maquisards (dont la compagnie Michel). Les barrages établis autour de la ville et une nuit de combats, obligèrent le convoi des Allemands et des miliciens à contourner la ville au petit matin du 26 août, et à prendre la direction d’Huriel pour se diriger ensuite vers Moulins. Arrivées à Huriel vers 6 heures du matin les unités allemandes suivies des miliciens ouvrirent le feu et prirent des otages pour protéger leur passage. Une ambulance conduite par François Passion arriva alors dans le bourg où, près du terrain de sports, elle subit des tirs allemands. Tandis que le brancardier qui l’accompagnait parvenait à s’enfuir, François Passion blessé, fut capturé, torturé et exécuté sommairement le long de la route.

Il obtint la mention mort pour la France. Son nom figure sur une stèle commémorative, située sur la commune d’Huriel, au 8 rue de la République : "A la mémoire de René PASSION tué par l’ennemi le 26 août 1944".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196382, notice PASSION François, René par MIchel Thébault, version mise en ligne le 23 octobre 2017, dernière modification le 23 septembre 2020.

Par MIchel Thébault

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 125847. Dossier François Passion (nc) .— SHD Vincennes, GR 16 P 460021. Dossier François Passion (nc) .— Arch. Dép. Allier (État civil, registre matricule) — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 — Armand Gourbeix et Louis Micheau « Montluçon sous la botte allemande » 1945 — André Touret Montluçon 1940-1944 : la mémoire retrouvée Ed. Créer, 1999 — Bulletin de l’ANACR Allier, 3 décembre 2016, article de Jacky Laplume sur la Libération de l’Allier — Alain Godignon La journée meurtrière du 26 août 1944 en région montluçonnaise, Revue Le Grimoire des Pays d’Huriel, 2018 — site Mémoire des Hommes — mémorial genweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément