PETIOT Jean, Joseph

Par Sébastien Horner

Né le 1er septembre 1891 à Montcombroux-les-Mines (Allier), fusillé sommairement par les troupes allemandes le 28 août 1944 à Lusigny-sur-Barse (Aube) ; adjudant de gendarmerie.

Jean Joseph Petiot naquit à Montcombroux-les-Mines (Allier), dans une famille de petits paysans : il fut élevé dans la ferme isolée des « Dorards », à Vaumas, parmi une fratrie de quatorze enfants.

Appelé de la classe 1911, il effectua ses classes au 121e régiment d’infanterie à Montluçon en octobre 1912. Encore sous les drapeaux à la mobilisation d’août 1914, il combattit notamment à Verdun et dans la Somme : pour sa bravoure et sa belle conduite au feu, il fut promu caporal et décoré de la Croix de guerre en 1916. Blessé par éclats d’obus au thorax dans l’Oise en juin 1918, il fut démobilisé après sa convalescence en mars 1919.

Jean Petiot s’engagea dans la gendarmerie en 1920 et effectua sa carrière durant l’entre-deux-guerres dans diverses brigades à cheval de la légion de Lyon puis celle de Dijon. Remarqué et apprécié pour son investissement professionnel et ses qualités humaines, il fut décoré et félicité par sa hiérarchie militaire à plusieurs reprises, notamment pour ses bons résultats en police administrative et judiciaire, et il put rapidement concourir à l’avancement. À la mobilisation de septembre 1939, il servait comme commandant de brigade à Méry-sur-Seine (Aube) puis en mai 1943, promu au grade d’adjudant, il fut muté à Lusigny-sur-Barse, à proximité de Troyes. Dans le cadre de ses fonctions, il agit clandestinement en contact avec la Résistance locale, fournissant notamment des renseignements sur les activités policières allemandes.

Le 28 août 1944 en début d’après-midi, une colonne militaire allemande progressait au sud-est de Troyes (libérée la veille par les FFI) afin d’opérer une contre-attaque et ainsi couper les arrières de l’armée américaine. Des combats et exactions allemandes contre les civils ensanglantaient les environs et le village de Lusigny fut encerclé puis réoccupé par la Wehrmacht après quelques engagements sporadiques contre les maquisards. Après avoir fait prévenir les troupes américaines et alors qu’il aurait pu quitter son unité et se mettre personnellement à l’abri, l’adjudant Petiot décida de rester à son poste afin de tenter de protéger la population restante (dont une grande partie avait été précédemment évacuée par précaution par les FFI et gendarmes) et il rassembla ses hommes à la caserne. Les soldats allemands investirent les lieux et séparèrent brutalement les gendarmes en uniforme de leurs familles puis les embarquèrent dans un camion avec deux autres otages civils. Déposés sur la route de Clerey, l’adjudant Petiot, les gendarmes Roger Dosmon et Marcel Simon, les civils Maurice Dauphin et Benoit Biguet ont été sommairement fusillés en représailles et leurs cadavres furent retrouvés dans un fossé après la retraite allemande.

Après la guerre, la conduite héroïque de l’adjudant Jean Petiot et son engagement militaire ont été mis en avant par la gendarmerie et il fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume en février 1949.
Il est inhumé dans le cimetière de la commune aux côtés de son épouse Jeanne, décédée en 1947, et une stèle apposée sur la façade de la brigade de gendarmerie de Lusigny-sur-Barse honore encore sa mémoire ainsi que celle de ses deux camarades fusillés. Son nom a également été choisi pour parrainer la 343e promotion d’élèves-gendarmes de l’école de gendarmerie de Montluçon en 2014.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196460, notice PETIOT Jean, Joseph par Sébastien Horner, version mise en ligne le 25 octobre 2017, dernière modification le 22 juin 2021.

Par Sébastien Horner

SOURCES : SHD/DAVCC (Caen) : dossier individuel 21 P 127 356 – SHD/DAD/DGN (Vincennes) : carton 10 E 113 ; rapport n°63/2 du 27/09/1944 du capitaine commandant la section de gendarmerie de Troyes. – SHD/GR/Cellule « Résistance » (Vincennes) : dossier individuel 16 P 471 030. – Archives départementales de l’Allier : 1 R 857 ; état signalétique et des services de Jean Petiot (classe 1911 matricule n°79 au recrutement de Moulins). – Archives privées de la famille.

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