CHAUSSIGNAND Léon, Paul, Joseph

Par Pierre Bonnaud

Né le 6 avril 1903 ; conducteur de trains au Teil (Ardèche) ; résistant et interné politique ; militant syndicaliste et communiste du Teil, secrétaire du syndicat des cheminots du Teil à partir de novembre 1940.

Conducteur de trains à la SNCF, Léon Chaussignand résidait 57 rue de la République au Teil (Ardèche). Selon les renseignements du commissaire spécial de Privas (rapport du 18 avril 1941), il avait fait l’objet, en mars 1938, d’une inculpation pour « dommages volontaires à la propriété mobilière d’autrui » : militant communiste, il avait participé à des échauffourées et avait arraché puis déchiré les journaux que des militants du Parti populaire français (PPF) vendaient sur la voie publique, place des Écoles au Teil. Cet incident s’inscrivait dans le contexte de la grève des ouvriers de l’entreprise Lafarge et de la venue dans la localité du leader du PPF, Doriot.
En 1939, au moment de la signature du Pacte germano-sovietique, Chaussignand « aurait prétendu avoir déchiré sa carte du parti » mais n’aurait « fait aucune renonciation publique » selon la police.
Après les mesures d’interdiction des grandes confédérations syndicales prises par Vichy en novembre 1940, Léon Chaussignand devint secrétaire du Syndicat des travailleurs des chemins de fer de France et des colonies du Teil. Ce syndicat local était toujours rattaché à l’Union locale du Teil, à l’Union départementale Drôme-Ardèche, à l’Union régionale des cheminots qui demeuraient légales et affichaient encore leur sigle CGT. Le bureau du groupe du Teil était selon le commissaire spécial « exclusivement composé de communistes » et, poursuivait le policier, « sans que je puisse en fournir la preuve, je suis persuadé que les fonctions syndicales de Chaussignand lui permettent de se livrer à une propagande sournoise ».
Au début de l’année 1941, Léon Chaussignand, selon son propre témoignage, participait aux premiers actes de résistance des cheminots du Teil : chef de train, il changea les étiquettes de service des wagons et les dérouta de leur destination vers l’Allemagne. À la suite d’une distribution de propagande communiste dans la région du Teil, le préfet de l’Ardèche le fit arrêter le 21 avril 1941, ainsi qu’un autre cheminot, Auguste Dianoux. Léon Chaussignand fut révoqué et interné à Saint-Paul-d’Eyjeaux. Libéré le 6 juillet 1943, il fut interdit de séjour au Teil jusqu’à la Libération.
Marié, il était père d’un enfant en 1940.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19667, notice CHAUSSIGNAND Léon, Paul, Joseph par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Pierre Bonnaud

SOURCES : Arch. Dép. Ardèche 72 W 363 et 366. — Louis-Frédéric Ducros, Montagnes ardéchoises dans la guerre, t. I, Valence, 1981.

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