DELOTTE André [DELOTTE Jean-Baptiste, Pierre, André]

Par Alain Dalançon

Né le 24 mars 1916 à Limoges (Haute-Vienne) , mort le 17 août 2003 à La Celle-Dunoise (Creuse) ; professeur agrégé de grammaire ; militant du SGEN, membre élu du CESD en 1946, responsable de la Franco-Ancienne.

Son père, Léonce Delotte, était dessinateur, sa mère, née Léontine Nicolas, sans profession. André Delotte, bachelier (série Philosophie) en 1933, poursuivit des études supérieures de lettres classiques à la Sorbonne, où il obtint la licence en 1936 et le diplôme d’études supérieures en 1940 à la Faculté des Lettres de Poitiers. Il enseigna comme professeur délégué de 6e en lettres au lycée de garçons de La Roche-sur-Yon (Vendée) de 1937 à 1942, avec une interruption due à sa mobilisation de septembre 1939 à août 1940, en tant qu’aspirant de réserve dans la cavalerie à Saumur (Maine-et-Loire) depuis le mois d’avril.

André Delotte fut reçu à l’agrégation de grammaire en 1943 (7e sur 23). Après avoir enseigné au lycée de Laval (Mayenne) de 1942 à 1945, il fut nommé au lycée du Mans (Sarthe), mais enseigna en délégation rectorale au lycée de Chartres (Eure-et-Loir). Inscrit dans le cadre parisien à la rentrée 1946, il obtint à nouveau des délégations rectorales au lycée Henri IV à Paris, puis à la rentrée suivante au lycée Michelet à Vanves (Seine/Hauts-de-Seine). En octobre 1951, il obtint sa mutation au lycée Henri IV en classes de 6e, où il fut assez sévère avec ses élèves selon les rapports de ses proviseurs. Il venait de se marier le 11 mai précédent, à Mehun-sur-Yèvre (Cher) avec Claire Pellerin, fille d’un médecin. Le couple eut deux enfants et après avoir résidé dans le 16e arrondissement de Paris, s’installa à Bourg-la-Reine (Seine/Hauts-de-Seine) en 1961.

En juin 1946, André Delotte fut le seul élu titulaire (664 voix) de la liste du Syndicat général de l’Éducation nationale au Conseil de l’enseignement du second degré, avec le soutien de la Société des professeurs de français et de langues anciennes de l’enseignement secondaire public, dite la « Franco-Ancienne ». En 1947, il fut chargé de synthétiser les résultats de l’enquête de la Société sur l’expérience des « classes nouvelles » et concluait : « les professeurs de français des classes traditionnelles pourraient manifester quelque surprise : à eux les classes de plus de 35 élèves, un horaire insuffisant… et les critiques sans bienveillance ; à d’autres les classes de 25 élèves… et les éloges d’en haut. »

André Delotte ne fut pas réélu en 1950 au CESD où les candidats du SNES remportèrent tous les sièges, mais restait membre du bureau de la Franco-Ancienne dont il devint le trésorier. En 1953, il écrivit au ministre de l’Éducation nationale pour demander le rétablissement d’une heure hebdomadaire de français dans les classes de premier cycle.

En 1959, il se présenta pour la succession de Maurice Lacroix à la présidence de l’association contre Jeanne Lac. Celle-ci lui reprochait d’avoir pris contact en 1957 avec Marc Zamansky, professeur de mathématiques à la Faculté des Sciences de Paris, président du Mouvement national pour le développement des études scientifiques, dans le but de négocier un plan d’augmentation des études classiques dans le 1er cycle, contre une légère réduction horaire de français dans le second cycle. Il dut renoncer et ne fut pas élu, tout comme Jeanne Lac qui démissionna du bureau dont la présidence revint à Fernand Robert. Mais André Delotte fut chargé des rapports de propagande dans la Revue de la Franco-Ancienne à partir des années 1960.

Il défendait l’explication littéraire dès le 1er cycle en s’opposant à ceux qui auraient voulu réduire l’enseignement du français en 6e et 5e à la grammaire. Si, comme tous les responsables de la Franco-Ancienne, il avait été adversaire d’une agrégation de Français, il trouva finalement contreproductif de ne pas accueillir les licenciés et agrégés de lettres modernes après la création de cette agrégation en 1959 : « Je pense qu’en effet nous devons accueillir tous les professeurs de français. C’est l’intérêt de nous tous – et de nos élèves. Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts ; et cette force revigorera les apathiques, et elle nous permettra d’être mieux entendus… » En 1990, dans un courrier des lecteurs, il manifesta son accord pour les réformes modérées de l’orthographe proposées par le Conseil supérieur de la langue française, précisant cependant que l’orthographe phonétique n’était pas possible en français.

André Delotte était l’auteur de plusieurs manuels de langues anciennes et de morceaux choisis de littérature. Après avoir été directeur de stage d’agrégation et conseiller pédagogique au lycée Henri IV, il termina sa carrière comme inspecteur pédagogique régional de lettres, en poste dans l’académie de Limoges après 1968.

Retraité, il se retira dans un lotissement à La Celle-Dunoise où il décéda.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196739, notice DELOTTE André [DELOTTE Jean-Baptiste, Pierre, André] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 5 novembre 2017, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Alain Dalançon

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprenait en 2017 11 références, dont plusieurs rééditions dont : Le verbe grec : expliqué par la grammaire historique avec un tableau des verbes irréguliers, Librairie C. Klincksieck, 1953. — Molière : scènes choisies à l’usage de la classe de sixième, Hatier, 1956. — Gaston Cayrou, avec la collaboration de Pierre Houillon, André Delotte, La première année de latin : classe de 6e, Colin, 1961. — Avec Guy Villars, Exercices de grammaire et de langue française du cycle d’observation : classes de 6e et 5e, Hatier, 1962 ; Grammaire française du cycle d’observation : classes de 6e et 5e, Hatier, 1962. — Aux Publications Memento usuel : Les clés de la morphologie latine : (la troisième déclinaison - les verbes), Memento de grammaire française, toutes classes.

SOURCES : Arch. Nat., 20140530/57, Dossiers du Rectorat de Paris, 20140530/57.— Le Conseil supérieur de l’Éducation nationale et les conseils d’enseignement, Ministère de l’Eduction nationale, Imprimerie nationale, 1946 (Arch. IRHSES). — J.O., 26/04/1940, 21/06/1946. — Florence Cardon-Quint, Lettres pures et lettres impures ? Les professeurs de français dans le tumulte des réformes : histoire d’un corps illégitime (1946-1981), thèse Rennes 2, 2010. — Courrier des lecteurs d’André Delotte sur la réforme de l’orthographe in L’Information Grammaticale, 1991, vol. 50, p. 52-54. — Notes de Gérard Boeldieu et Jacques Girault.

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