CHARPANTIER Alphonse, Maximilien, dit Maximilien CHARPENTIER

Par Gilles Pichavant

Né le 3 août 1859 à Mehun-sur-Yèvre (Cher), mort le 11 mars 1922 à Albi (Tarn) ; Ouvrier verrier, souffleur de verrre ; syndicaliste du Tarn ; socialiste ; L’un des fondateurs, et premier directeur de la Verrerie ouvrière d’Albi.

Fils de porcelainier, Maximilien Charpantier devint ouvrier verrier, souffleur de verre. En 1890, il arriva à Carmaux, en venant de Montluçon d’où il avait été renvoyé d’une verrerie à la suite d’une grève en 1888, comme Marien Baudot et Michel Aucourutier. Immédiatement ils entreprirent de mettre sur pied un syndicat. À partir de cette époque son nom sera orthographié « Charpentier »

Très vite Maximilien Charpentier devint l’un des principaux dirigeant du syndicat des verriers. L’un des axes revendicatifs du syndicat étant de lutter contre la mobilité des verriers pour combattre la concurrence entre les ouvriers et assurer la stabilité des salaires. Il proposa un plan qui permettrait au syndicat de limiter le nombre d’apprentis qui iraient au bout de leur apprentissage et passeraient ouvriers qualifiés : « à l’avenir, insistait-il, il ne faudra pas donner de poste à un apprentis sauf si la place est définitivement libre, c’est à dire sauf si son occupant est mort ». En octobre 1891, il devint le trésorier du comité d’initiative de la grève générale des ouvriers verriers dont le quartier général était à Carmaux. En effet, à la suite notamment d’une grève des verriers de Lyon qui durait depuis janvier 1891, la fédération du verre envoya un cahier de revendications à tous les patrons de verreries, leur donnant jusqu’au 6 octobre pour y faire droit. Après le rejet de l’ultimatum par les patrons, la grève générale des ouvriers du verre commençait. Avec Marius Rauzier, le secrétaire général du comité, il collecta des fonds et dirigea le mouvement national à partir de Carmaux. A Carmaux, la grève dura 52 jours.

En juillet 1895, Maximilien Charpentier devint le trésorier de la caisse des ouvriers grévistes de l’usine Sainte-Clothilde, qui s’étaient mis en grève pour protester contre le renvoi de Marien Baudot au retour du congrès de la fédération du verre. Le 15 octobre 1995, le jour même où, dans la matinée, l’usine redémarrait sa production de bouteilles autour du seul four en service, Maximilien Charpentier fut arrêté par le commissaire spécial Cordel, et placé en détention à la gendarmerie. On lui reprocha d’avoir versé de l’argent – puisé dans la caisse de solidarité – à une dizaine de verriers venus de Reims pour travailler à Sainte Clotilde, afin de les déterminer à rebrousser chemin, ce qu’ils firent. Le commissaire qualifia cela de « détournement de fonds », et d’« entrave à la liberté du travail ».

Licencié de la verrerie Saint-Clothilde, il fut de ceux qui, avec les autres licenciés, fondèrent la Verrerie Ouvrière à Albi, aidés en cela par Jean Jaurès et d’autre notabilités nationales. La Verrerie Ouvrière d’Albi fut créée en 1896 comme société anonyme et adopta le statut de coopérative de production le 31 janvier 1931. Maximilien Charpentier devint l’un de ses administrateurs et son premier directeur.

En 1891 il habitait rue de la Gare à Carmaux. Le 6 octobre 1886 à Montluçon, il était marié avec Anne Marguerite Poulet, dite Marie. Il mourut le 11 mars 1922 à Albi, à l’âge de 62 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196823, notice CHARPANTIER Alphonse, Maximilien, dit Maximilien CHARPENTIER par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 8 novembre 2017, dernière modification le 25 avril 2022.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : La Défense des travailleurs, organe socialiste de Saint-Quentin et de l’Aisne, puis organe socialiste de la région de Fourmies et de l’Aisne, 17 octobre 1891. — Diaz Charles, L’étrange attentat de Carmaux, Cahiers Jaurès, 2007/3 (N° 185), p. 27-50. — Journal des parquets, 1900, p23 et suivantes. Gallica.fr . — La France Judiciaire, 1897, 1971-07, les verriers de Carmaux par Joan W. SCOTT (1886-1895)La Croix, 12 mars 1922La Croix, 12 mars 1922. — Brive (Marie-France) et Loubet (Roger), La Verrerie ouvrière d’Albi, Scanéditions, 1993, 196 p. et Boudot (Olivier), L’épopée des verriers d’Albi, Paris, Mémoires d’hommes, histoire d’entreprises, 2015, 168 p. — Notes de Louis Botella. — État civil.

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