DENYSIAK Élie

Par Bernard Reviriego, Dominique Tantin

Né le 28 juillet 1899 à Dyadiatieze [sic] (Empire russe, Ukraine), massacré le 30 mars 1944 à Coly (Dordogne) ; de nationalité polonaise ; victime civile.

Élie Denysiak fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer en Dordogne. Il ne semble pas être d’origine juive. En effet, ce patronyme est très peu courant dans le judaïsme, et des Denysiak, non apparentés et recensés à Peyrignac (Dordogne) étaient catholiques. De plus, sa mère et son épouse se prénommaient Maria. Enfin, il n’est pas cité dans les archives du Consistoire du Bas-Rhin.
Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département.
Elie Denysiak était le fils de Michel et de Maria Doudiak et il avait épousé Maria Woloszyn. D’abord réfugié dans le Lot, à Saint-Sozy, il obtint, en décembre 1941, une autorisation de séjour en Dordogne. Là, il fut domicilié à Aubas puis à Coly, au moulin de « Haute-Gente ». Le 30 mars 1944, alors que des Allemands de la division Brehmer surgirent, il se réfugia dans le fenil tandis que sa femme et ses deux filles parvinrent à s’échapper. Elie sauta par la lucarne et il fut abattu. Les Allemands tuèrent les animaux de la ferme et incendièrent les bâtiments de la ferme qui avaient abrité des véhicules du maquis. Son identité ayant été vérifiée, le chef déclara au maire : « Il était en règle. Dommage… Regrets… »
Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de Coly ainsi que sur une plaque commémorative posée sur le mur du bâtiment où s’était produit le drame.
La mention Mort pour la France lui a été attribuée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196855, notice DENYSIAK Élie par Bernard Reviriego, Dominique Tantin, version mise en ligne le 8 novembre 2017, dernière modification le 4 novembre 2020.

Par Bernard Reviriego, Dominique Tantin

SOURCES : Arch. Dép. Dordogne, 1 W 1901-2 ; 1573 W 6 ; 42 W 34-1 ; 42 W 80 - dont photo. Registre d’état civil de Coly. Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, p. 312. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 230-231, 403. — Jean-Paul Bedoin, Anacr Dordogne, Chemins de la mémoire. Dordogne / volume 1, Conseil général de la Dordogne, 2011, p. 95.

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