CHAUVET Michel, Germain, Eugène, Marceau

Par Claude Pennetier

Né le 12 mai 1931 à Châtillon-sur-Loire (Loiret), mort le 19 février 2001 à Malaunay (Seine-Maritime) ; instituteur ; syndicaliste du SNI en Seine-Maritime, militant de l’École émancipée.

Fils d’instituteurs syndicalistes du Loiret (voir Norbert Chauvet) qui eurent huit enfants, dont Alain Chauvet dirigeant de la Mutuelle générale de l’éducation national (MGEN).

Michel Chauvet, jeune instituteur de Seine-Maritime, fut militant de la SFIO, tendance Marceau Pivert. Il s’éloigna de la SFIO pendant la Guerre d’Algérie, participa au Parti socialiste autonome (PSA) à partir de 1958, puis au Parti socialiste unifié (PSU) à partir de 1960. Membre du Comité politique du PSU en 1962, il était secrétaire de la section de Maronne en 1962 et secrétaire fédéral adjoint en 1963. Il militait égalemant la Libre pensée.
Vers 1967, il rejoignit la « tendance » des « Amis de l’École Émancipée » qui regroupait autour de la revue syndicale et pédagogique fondée en 1910 l’extrême gauche syndicale de l’époque, syndicalistes révolutionnaires, anarchistes et trotskistes réunis. L’année 1968 lui donna l’occasion, avec l’aide constante et discrète de son épouse Danièle, de fédérer syndicalement les « enragés » des écoles normales d’instituteurs/ trices et les jeunes enseignants radicalisés. Le groupe « École Émancipée » de Seine-Maritime devint en quelques années le plus important de France. La direction « socialisante » de la FEN et du SNI et ses challengers proches de la CGT et du PCF durent pendant des années compter avec ce contrepouvoir remuant les empêchant de tourner en rond et d’accepter trop de compromis avec les pouvoirs en place.

Michel Chauvet fut un responsable de l’École émancipée à l’origine de son renouveau après 1968 et après le départ des militants « lambertistes ». Il occupa à deux reprises la fonction de responsable national de sa tendance en 1970-1971 et en 1982-1984 et fut , pendant dix ans, (1986-1996) directeur gérant de la revue École émancipée. Il siégea au bureau national du SNI et à la CA nationale de la FEN mais refusa, conformément à la règle de la tendance EE, d’y siéger plus de deux mandats consécutifs. Il n’accepta aucune décharge de service au titre syndical et se réclama du "refus de parvenir".
Lors de l’éclatement de la FEN en 1992, il ne pourra empêcher la fraction dirigée par le secteur enseignant de la LCR, et ses alliés, d’entrainer l’ÉÉ dans la création la fédération concurrente de la FEN, la FSU.
Ayant très mal vécu cette période, il s’éloigne de l’action syndicale et mourut avant d’assister au dernier acte : la séparation entre « l’École Émancipée », et « l’Émancipation syndicale et pédagogique ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19699, notice CHAUVET Michel, Germain, Eugène, Marceau par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 19 mai 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Le Monde, 22 février 2001. — Renseignements communiqués par Jean Mourot. — Jean J. Mourot, La plume au poing, 1967-2003. Une contribution à l’histoire de l’École émancipée, TheBookEdition, Atelier du Scorpion brun, 2014.

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