CAREL Henri, Alexandre, Marcel [né LEMOINE]

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 17 septembre 1921 à (Paris XIXe arr.), exécuté sommairement le 6 juin 1944 à Caen (Calvados) ; réfractaire au STO ; résistant du groupe OCM du Dr Paul Derrien.

Henri Carel était le fils de Suzanne Adrienne Eugénie Lemoine, ménagère. Il fut reconnu à Saint-Ouen (Seine) le 9 octobre 1925 par Marcel Alexandre Carel et légitimé par le mariage de ce dernier avec sa mère le 24 octobre 1925, à Saint-Ouen.
Réfractaire au S.T.O., il se cachait à Bray-la-Campagne (aujourd’hui Fierville-Bray, Calvados) avec son frère Marcel. Ils étaient membres du réseau OCM du Dr Paul Derrien. Il fut arrêté à Argences (Calvados) le 4 juin 1944, par Jean Laronche, auxiliaire français de la Gestapo et interné à la maison d’arrêt de Caen.
Le jour du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 et suite au bombardement de la gare de Caen, le chef du SD de Caen, Harald Heynz décida d’éliminer la plupart des prisonniers afin qu’ils ne soient pas libérés par les troupes alliées. Henri Carel fut sorti de sa cellule et conduit ainsi que 86 autres internés dans une courette du chemin de ronde de la prison où il fut abattu d’une rafale de mitrailleuse dans la nuque. Les corps des victimes furent inhumés provisoirement dans une cour de la prison. Dès le lendemain 7 juin, les britanniques donnaient le premier assaut à la ville. Le 30 juin devant l’imminence de la prise de la ville, les allemands exhumèrent les corps pour les faire disparaître sans laisser de traces. Ceux-ci furent transportés en camion en un autre lieu à l’ouest de la ville, probablement dans des carrières de calcaire. Selon certains témoignages, ils auraient pu être emmenés près de Rouen, dans la forêt de La Londe, à l’entrée de laquelle une stèle "À la mémoire des victimes du nazisme dans la forêt de La Londe 1940-1944" a été érigée et incinérés dans une carrière en contrebas. Les corps n’ont donc pas été retrouvés pour être identifiés. Des bûcherons ont vu à cet endroit des camions et des soldats allemands, ainsi qu’une épaisse fumée. En même temps, il y avait une odeur de corps qui brûlent. Cela dura deux jours. S’agissait-il des fusillés de Caen ? Le mystère demeure.
Son décès fut transcrit sur l’acte de naissance, à Paris (XIXe arr.) le 29 novembre 1949.
Il obtint le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR).
Son nom figure sur le monument commémoratif des fusillés du 6 juin 1944, à Caen et sur les monuments aux morts, à Bray-la-Campagne et Fierville-la-Campagne (Fierville-Bray, Calvados).
Une plaque apposée sur le mur d’entrée de la prison de Caen porte l’inscription suivante : « À la mémoire des prisonniers fusillés par les allemands le 6 juin 1944. L’oppresseur en les tuant a cru les faire mourir, il les a immortalisés ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197008, notice CAREL Henri, Alexandre, Marcel [né LEMOINE] par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 13 novembre 2017, dernière modification le 13 novembre 2017.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Site en ligne Le forum du débarquement et de la bataille de Normandie.— Mémorial GenWeb.— État civil.

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