PILLON Robert, alias « Brice »

Par Jean-Louis Ponnavoy, Fabrice Sugier

Né le 2 décembre 1920, à Oullins (Rhône), exécuté sommairement le 10 ou 11 juillet 1944 à Servas (Gard) ; journalier ; résistant (Front national et FTPF) de Beaucaire (Gard)

Robert Pillon (1920-1944)
Robert Pillon (1920-1944)
Fonds, archives Aimé Vielzeuf* DR

Robert Pillon était le fils de Joseph et de Berthe Rodillon. Il était marié à Jeanne Girard et demeurait à Beaucaire (Gard), rue de la Patrie.
Parmi toutes les régions du Gard rhodanien, Beaucaire et ses environs furent sans doute la zone où la Résistance d’inspiration communiste fut la plus active car l’implantation du Parti communiste français (PCF) avant 1939 y était plus marquée qu’ailleurs.
Le FN et les FTPF de Beaucaire ont été créés au début de 1942 : Antonin Méry avait reçu de Jean Sicard, responsable communiste de Nîmes, la consigne d’organiser à Beaucaire le Front national de lutte pour l’indépendance de la France (FN), puis sa branche armée, les Francs tireurs et partisans français (FTPF). Outre les distributions de tracts, les FTP Beaucairois menèrent deux types d’actions. Tout d’abord, l’équipe organisée autour de Joseph Bouche réalise de nombreux sabotages. Robert Pillon, dit « Brice », entré au Front national en 1943, a participé à de nombreux sabotages avec Joseph Bouche. Parmi ceux-ci, citons : le 20 octobre 1942, à Aramon (Gard), elle posa un madrier en travers de la voie ferrée pour faire dérailler un train de marchandises à destination de l’Allemagne ; le 11 novembre 1943, elle fit sauter la voie ferrée Remoulins - Beaucaire à Comps, entraînant le déraillement de 12 wagons d’un train allemand chargé de bauxite ; le 24 juin 1944, le groupe fit sauter la voie Théziers - Aramon sur huit mètres, ce qui fait dérailler 25 wagons d’un convoi destiné à l’Allemagne.
Certains membres de l’équipe, parmi lesquels Robert Pillon, sur le point d’être arrêtés durent fuir la région au printemps 1944, et gagnèrent différents maquis en Ardèche, en Basse Lozère ou dans la Montagne Noire (Aude Hérault et Tarn). Pour sa part, le 21 avril 1944, Robert Pillon dut quitter Beaucaire pour un maquis FTP de Basse Lozère.
Le 3 juillet 1944, Robert Pillon fut arrêté à Alès avec Roger Pascal alors qu’ils allaient prendre le car pour Saint-Jean-du-Gard (Gard) par les hommes de la 8e compagnie de la division Brandebourg. Roués de coups de crosse de pistolet et de coups de pied au ventre lorsqu’ils étaient à terre dès leurs arrestation, conduits à l’hôtel du Luxembourg où logeaient ceux que l’on désignait à tort comme des "Waffen SS", torturés, ils furent internés au Fort Vauban, puis exécutés d’une balle dans la nuque, sans doute le 12 juillet 1944. Leurs corps furent précipités dans le puits de Célas (Servas, Gard).
Le 12 septembre 1944, trente et un corps déchiquetés dont celui de Robert Pillon furent retrouvés dans le fond du puits de mine de Celas, à Servas (Gard), baignant dans l’eau. Il fut identifié le 16 septembre 1944.
Son décès fut confirmé par jugement du Tribunal civil de Première instance d’Alès le 25 novembre 1944 et transcrit à la mairie de Servas le 6 décembre 1944.
Il obtint la mention « Mort pour la France » (lettre du service de l’état civil de Paris en date du 17 septembre 1945).
Son nom figure sur le monument aux morts de Beaucaire (Gard) et sur le mémorial du puits de Célas à Servas (Gard). Il fut inhumé à Alès.

Voir Servas, Puits de Célas (9, 10, 27 juin 1944 ; 11, 12 juillet 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197331, notice PILLON Robert, alias « Brice » par Jean-Louis Ponnavoy, Fabrice Sugier, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 14 décembre 2019.

Par Jean-Louis Ponnavoy, Fabrice Sugier

Robert Pillon (1920-1944)
Robert Pillon (1920-1944)
Fonds, archives Aimé Vielzeuf* DR

SOURCES : Arch. justice militaire, Tribunal militaire de Marseille jugement n°43/7136 du 15/02/1951, Affaire Richter Karl, Strieffler Ernst, X….(déposition Marcel Guiraud 10 mai 1946)— Arch. Dép. Gard, 1W108 à 112 ; 1 W 213 à 221, 1 W 73, 1 W 267. — Archives privées Aimé Vielzeuf. — Aimé Vielzeuf Aimé, Pierre Mazier, Quand le Gard résistait (1940-1944), tome 2 Dans le secret des bois, Nîmes, Lacour, 1997, 235 p. — Aimé Vielzeuf, Pierre Mazier, Quand le Gard résistait (1940-1944), tome 3, Sang et lumière, postface Antoine Bénédittini, Nîmes, Lacour, 1998, 249 p. — Claude Émerique, Laurent Pichon, Fabrice Sugier, Monique Vézilier, La Résistance dans le Gard, Paris, Association pour des Études sur la Résistance intérieure (AERI), 2009, CDROM avec un livret de présentation, 36 p. [en particulier la notice Fabrice Sugier sur la Résistance à Beaucaire]. — Site MemorialGenweb, consulté par Jean-Louis Ponnavoy. — État civil. — Notes d’André Balent et Jean-Marie Guillon.

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