BRAUNTHAL Julius

Né le 5 mai 1891 à Vienne ; militant et journaliste sociai-démocrate ; secrétaire de l’Internationale socialiste de 1949 à 1956 ; historien du mouvement ouvrier.

Les parents de Julius Braunthal, originaires d’Odessa, s’installèrent ensuite en Galicie, ancien territoire de la couronne autrichienne, où ils dirigèrent une petite banque ; ils eurent de nombreux enfants. Né après leur établissement à Vienne, Julius fréquenta durant quatre ans une école religieuse juive, puis apprit le métier de relieur. Les pogromes contre les Juifs en Russie tsariste l’incitèrent à adhérer tout d’abord au mouvement sioniste. Devenu membre des Jeunesses socialistes, il fit la connaissance de Robert Danneberg qui devint son maître à penser. Suivant les conseils d’Otto Bauer, il fréquenta, à partir de 1907 et pendant deux ans, les cours de l’Université ouvrière. Il devint président des Jeunesses socialistes de Alsergrund, quartier populaire de Vienne, et fonda le groupe des ouvriers antialcooliques. Son premier article, qui parut en 1906 dans la revue Der Jugendliche Arbeiter (Le Jeune Ouvrier), traitait le problème de l’alcoolisme. En 1912, il rencontra à Berlin Karl Kautsky et Rosa Luxemburg. Il se sentait proche de cette dernière bien qu’il interprétât la grève de masse comme une arme politique dans la lutte pour le suffrage universel. Après son retour de Berlin, il fut nommé rédacteur adjoint de la Volksstimme (La Voix du Peuple) à Warnsdorf en Bohême du Nord.
Lorsque la guerre fut déclarée, Julius Braunthal était en désaccord avec la position social-patriote de l’Arbeiter Zeitung (Journal des Travailleurs), mais il se rendit cependant au front sans réticence. En janvier 1918, il fut témoin de la mutinerie des marins sur le front italien et fut chargé par le parti d’assurer leur défense.
Immédiatement après l’effondrement de la monarchie, il participa en tant qu’adjoint du secrétaire d’État aux armées, Julius Deutsch, à la constitution de l’armée républicaine, la « Volkswehr ». De 1919 à 1924, il fut rédacteur à l’Arbeiter Zeitung. Sur son initiative furent créées plusieurs publications socialistes telles que Das Kleine Blatt (Le Petit Journal), Der Kuckuck (Le Coucou), l’hebdomadaire illustré Die bunte Woche (La Semaine en couleur) et Der Rundfunk (La Radio). Il rédigea, à la demande du parti, un manifeste au peuple autrichien qui devait être publié pour justifier l’insurrection contre un coup de force du fascisme autrichien. Il parut effectivement lors de l’éclatement de la guerre civile, mais, du fait des circonstances il devait rester sans effet.
Sous le régime de Dollfuss, Braunthal publia un journal clandestin du Parti, social-démocrate. Le 12 février 1934, il fut arrêté et, après une instruction qui n’aboutit à aucun procès, il fut transféré au camp de Wœllersdorf.
Libéré, il partit pour Bruxelles, entreprit un voyage d’étude en Israël et écrivit un livre sur le socialisme dans ce pays. Puis il se rendit à Londres et enseigna à l’école d’été du Parti travailliste. Braunthal, qui participa dès 1919 à tous les congrès de l’internationale socialiste, remplit aussi les fonctions d’adjoint de Friedrich Adler, secrétaire du Comité exécutif. De 1949 à 1956, il fut chargé du secrétariat du Bureau international des partis sociaux-démocrates (Internationale socialiste). Il s’installa ensuite définitivement près de Londres et se consacra à l’histoire du mouvement ouvrier international. Il est l’auteur d’une ample histoire de l’internationale de ses origines à nos jours et de très nombreux ouvrages et articles historiques et politiques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197378, notice BRAUNTHAL Julius, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 29 octobre 2018.

ŒUVRES : Die Arbeiterräte in Deutschoesterreich (Les Conseils ouvriers en Autriche allemande), Vienne, 1919, 55 p. — Kommunisten und Sozialdemokraten (Communistes et sociaux-démocrates), Vienne, 1920, 52 p. — Die Wiener Julitage 1927 (Les Journées de juillet 1927 à Vienne), Vienne, 1927, 80 p. — In Search of the Millennium (A la recherche du millénium), Londres 1945, 338 p. Édition allemande, 1964. — The Tragedy of Austria (La Tragédie de l’Autriche), Londres, 1948, 216 p. — The Paradox of Nationalism. A Epilogue to Nuremberg Trials (Le Paradoxe du nationalisme. Epilogue au procès de Nuremberg, London), 1946, 104 pi — Il Socialismo in Israele (Le Socialisme en Israël), Roma, 1958, 65 p. — Geschichte der Internationale (Histoire de l’internationale), Hannover, Dietz, t. I (1961), t. II (1963), t. III (1971). Edition anglaise, Londres, 1967-1970. — « Ein Lebensbild Otto Bauers » (Une biographie d’Otto Bauer). Introduction à un choix d’écrits d’Otto Bauer, Vienne, 1961. — Victor und Friedrich Adler, Vienne, 1965, 341 p.
Manuscrits : 20 lettres (1914-1937) à Kautsky, Institut international d’Histoire sociale, Amsterdam.

SOURCES : Archiv, 1969, no. 2, pp. 48-51 (bibliographie de ses œuvres). — Notes autobiographiques manuscrites par l’intéressé.

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