BRUNNGRABER Rudolf

Par Félix Kreissler

Né le 20 septembre 1901 ; mort le 5 avril I960 à Vienne ; écrivain socialiste ; président de l’Association des écrivains socialistes.

Fils naturel d’une paysanne pauvre et d’un paysan devenu maçon, venus chercher fortune à Vienne, Rudolf Brunngraber eut une enfance difficile. Pour subsister pendant ses années d’études — il fréquenta l’école normale, mais n’exerça jamais le métier d’instituteur — il dut s’embaucher comme manœuvre ou exercer les fonctions de précepteur. Pendant les années de la grande misère qui sévit à Vienne après la Première Guerre mondiale, entre 1920 et 1922, Brunngraber voyagea à pied à travers l’Europe. Il vécut surtout dans les pays scandinaves où il fut tour à tour manœuvre, journalier, violoniste de cinéma, vendeur de journaux, bûcheron, docker, etc.
Il rentra à Vienne en 1923 et subit le chômage. Il mit alors son inactivité à profit pour étudier en autodidacte l’économie politique et la sociologie ; de 1926 à 1930, il fréquenta l’école pratique des arts décoratifs de Vienne où il étudia la peinture. A cette époque, il adhéra au Parti social-démocrate où il exerça les fonctions d’éducateur culturel.
Son premier roman, Karl und das zwanzigste Jahrhundert (Karl et le xxe siècle), parut en 1923 et lui assura d’emblée la gloire littéraire. Le livre fut traduit en dix-huit langues, même en japonais. Il raconte le sort d’un jeune Viennois victime de la crise économique mondiale ; depuis, Brunngraber a publié de nombreux romans, tous à fond social et politique, ou de vulgarisation scientifique. Son roman Zucker aus Kuba (Du sucre de Cuba) est une mise en accusation du capitalisme américain.
Brunngraber fut président de l’Association des écrivains socialistes en 1933-1954. Entre 1936 et 1939, il entreprit de longs voyages (Yougoslavie, Italie, Grèce et Tchécoslovaquie). En 1940, les nazis l’exclurent de la « Chambre littéraire du Reich » (Reichsschrifttumkammer). Après la libération de l’Autriche, Brunngraber publia une Psychologie du troisième Reich et de nombreux autres romans et récits ; il fut de nouveau président de l’Association des écrivains socialistes et de l’Association des écrivains démocrates. En 1950, il obtint le prix littéraire de la ville de Vienne. Il mourut le 5 avril I960 après une douloureuse maladie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197384, notice BRUNNGRABER Rudolf par Félix Kreissler, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 29 octobre 2018.

Par Félix Kreissler

ŒUVRES : Karl und das Jahrhundert (Karl et le xxe siècle) 1933. —Radium, 1936. — Opiumkrieg (La guerre de l’opium), 1939. — Zucker aus Cuba (Du sucre de Cuba), 1941. — Prozess auf Tod und Leben (Procès à la vie, à la mort) 1948. — Der Weg durch das Labyrinth (Le Chemin à travers le labyrinthe), 1949. — Der tœnende Erdkreis (Le cercle terrestre sonore), 1951. — Heroin (Héroïne), 1952. — Fegefeuer (Purgatoire), 1955. — Der Tierkreis (Le Cercle animal), récits, 1946. — Ueberwindung des Nihilismus (Dépassement du nihilisme), essais, 1949. — Der liebe Augustin (Le cher Augustin), poème dramatique, 1958. — Scénarios cinématographiques : Der Prozess, 1948. — April 2000.

SOURCES : Internationales Biographisches Archiv, 4 décembre 1954 (Archives Muntzinger). — Die Zukunft (l’Avenir) 1951, n° 10. — Der sozialistische Akademiker, septembre-octobre, 1951. — Curriculum vitae de R, Brunngraber (Archives du « Verein für Geschichte der Arbeiterbewegung »).

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