CHAZEAUX Alexandre, Marius

Par Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule

Né le 1er novembre 1908 à Lyon (Rhône), mort le 26 mai 2001 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; mécanicien, commerçant, directeur de journal, représentant de commerce ; cofondateur du MPF puis du MRP à Marseille ; député MRP de la 1re circonscription des Bouches-du-Rhône (1945) ; conseiller général du 8e canton (1945-1949) ; adjoint au maire (1953-1965).

Issu d’une famille ouvrière lyonnaise, Alexandre Chazeaux, dont le père, farouche anticlérical, militait à la SFIO, débuta sa vie professionnelle à Lyon comme mécanicien. Alexandre Chazeaux s’installa vers 1930 à Marseille. Il trouva d’abord du travail dans une épicerie, puis géra lui-même une petite épicerie dont les revenus, trop aléatoires, le contraignirent à reprendre le chemin de l’usine. Il s’était entre-temps marié et converti au catholicisme. Il fréquentait Roger de la Pommeraye*, vicaire à l’Estaque et aumônier de la JOC, puis se lia avec Jacques Loew, dominicain, responsable d’Économie et Humanisme à Marseille. Pendant la guerre, Alexandre Chazeaux, qui était membre de la Ligue ouvrière chrétienne (LOC), créa avec Robert Pattin et François Raisi, le Mouvement populaire des familles (MPF) marseillais pour aider matériellement les familles les plus démunies. Il s’occupa des problèmes de ravitaillement et du placement d’enfants à la campagne.

Connu parmi les catholiques sociaux de Provence, Alexandre Chazeaux était un membre actif du Secrétariat social où s’organisaient des opérations de résistance. Il participa à la diffusion des Cahiers du Témoignage chrétien, se trouva impliqué dans des opérations menées par le mouvement Combat, fabriqua des fausses cartes d’alimentation et utilisa des filières pour cacher des enfants juifs à la campagne. Son engagement dans la Résistance lui valut, au moment de sa création en 1944, de diriger le Comité chrétien d’action et de coordination (CCAC) qui regroupait des mouvements autorisés (MPF, ACJF) et clandestins (Jeunes chrétiens combattants, Témoignage chrétien). Ce fut à ce titre qu’il fit partie, à la Libération, de la délégation municipale sous la présidence de Gaston Defferre. Il commençait une carrière politique qui allait prendre fin vingt ans plus tard.

Alexandre Chazeaux fonda et prit la direction du quotidien Le Méridional (premier numéro le 11 septembre 1944) dont le tirage allait atteindre 50 000 exemplaires. Dans la foulée, il créa, le 3 décembre 1944, le Mouvement républicain populaire (MRP) à Marseille avec Germaine Poinso-Chapuis*, avocate, qui avait appartenu au Parti démocrate populaire, et Raymond Cayol, ancien jéciste, résistant et membre du Comité départemental de Libération. Le Méridional était le porte-parole de la nouvelle formation politique. Mais cette percée politique trouva très vite ses limites en raison de l’absence d’enracinement local du mouvement, qui contrastait avec celui du Parti communiste et de la SFIO. Le Méridional ne résista pas aux difficultés financières et, racheté en décembre 1947, devint un organe de la droite nationaliste.

Tête de liste du MRP, Alexandre Chazeaux fut élu dans la 1re circonscription des Bouches-du-Rhône (Marseille) le 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale constituante, mais refusa de se présenter à la seconde pour se consacrer uniquement aux affaires marseillaises. Avec 20,5 % des suffrages exprimés, le MRP arriva en troisième position derrière les communistes (41,7 %) et les socialistes (25,4 %) et obtint deux des neuf sièges à pourvoir. Il fut également élu, en 1945, conseiller général dans le 8e canton de Marseille. Il perdit son siège au scrutin de 1949, mais revint à la mairie en 1953 comme membre de la coalition conduite par Gaston Defferre*. Il y resta jusqu’en 1965 et fut adjoint au maire, chargé de l’urbanisme. Il ne brigua ensuite plus aucun mandat. Il termina sa carrière professionnelle comme représentant de commerce.

Alexandre Chazeaux avait un frère aîné, Georges Chazeaux, syndicaliste CGT de Lyon , qui, ayant participé à la Résistance, avait été arrêté, interné et exécuté à Saint-Genis-Laval le 20 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19747, notice CHAZEAUX Alexandre, Marius par Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 4 septembre 2013.

Par Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : DPF, 1940-1958, t. 3, op. cit., p. 120. — Pierre Guiral, Libération de Marseille, Paris, Hachette, 1974. — Robert Mencherini, La Libération et les entreprises sous gestion ouvrière. Marseille, 1944-1948, Paris, L’Harmattan, 1994. — Geneviève Dermendjian, « Dans le combat ouvrier. Le Mouvement populaire des familles dans les Bouches-du-Rhône, 1941-1951 », Les Cahiers du GRMF, 13, 2004, p. 145-152. — Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule, « Catholiques engagés à Marseille », Les Catholiques dans la République 1905-2005, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2005, p. 301-312.

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