CHEINET Suzanne [épouse GAUVIN]

Par Alain Dalançon

Née le 21 novembre 1916 à Mouries (Bouches-du-Rhône), morte le 20 septembre 2009 à Avignon (Vaucluse) ; professeure agrégée de sciences physiques ; militante communiste ; militante syndicaliste du SNES, membre de la CA nationale (1952-1975) et du bureau national (1952-1971).

Suzanne Cheinet
Suzanne Cheinet
Présidente de séance au congrès FEN-CGT de 1953[Arch. IRHSES]

Fille d’un couple d’instituteurs – sa mère mourut en 1918 –, Suzanne Cheinet fit ses études secondaires au lycée de jeunes de filles de Marseille (Bouches-du-Rhône). Après l’obtention de son baccalauréat, elle entra à l’École normale de jeunes filles de Sèvres en 1937 et fut reçue seconde à l’agrégation de sciences physiques en 1941. Elle débuta sa carrière au collège de jeunes filles de La Rochelle (Charente-Maritime), où elle resta jusqu’en 1944. À cause des bombardements et combats pour la libération de la « poche » de La Rochelle-La Pallice, l’établissement fut replié à la rentrée 1944 sur Pons, plus au sud du département. Elle enseigna ensuite au Mans (Sarthe) de 1945 à 1948, à Saint-Quentin (Aisne) de 1948 à 1951, au lycée Decour (annexe de Montmorency) en 1952-1953, au lycée Jules Ferry de Paris de 1952 à 1955 et enfin au lycée Fénelon, en tant que professeure de classe préparatoire à partir de 1958 (ENSI, puis mathématiques supérieures et enfin mathématiques spéciales) jusqu’à sa retraite en 1977.

Mariée, connue alors sous son nom d’épouse Gauvin, elle reprit son nom de jeune fille après son divorce en 1950.

Elle avait adhéré avant la guerre à l’organisation des étudiants communistes et participé à l’aide à l’Espagne républicaine. Membre du Parti communiste français à la Libération, elle était entrée au bureau de la fédération communiste de la Sarthe en 1945 et à la commission administrative de l’UD-CGT. Elle fut présentée aux élections de la deuxième Assemblée constituante en 1946 et aux élections législatives suivantes de novembre 1946. Elle milita aussi au Mouvement de la paix et à l’Union des femmes françaises. Le 9 avril 1964, le secrétariat du PCF signala qu’elle participerait à une délégation d’intellectuels en Tchécoslovaquie du 20 au 30 mai. Mais son activité militante fut surtout syndicale.

Militante du nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire à la Libération, elle se prononça pour le maintien de la Fédération de l’Éducation nationale et du SNES dans la CGT en 1948. Elle milita activement à la FEN-CGT de 1948 à 1954 aux côtés de Jacqueline Marchand ; elle présida l’une des séances du congrès de la FEN-CGT en décembre 1953. Elle fut élue membre de la commission administrative nationale et du bureau national du SNES en 1952 sur la liste B (ex-cégétistes). Elle allait être ensuite constamment réélue membre de la CA sur la liste B puis « Unité et Action » jusqu’en 1975.

Dès 1964, elle fut élue secrétaire de la catégorie des agrégés dans la direction du SNES, trois ans avant qu’« Unité et Action » ne devînt majoritaire en 1967, après la fusion, l’année précédente, du SNES et du Syndicat national de l’enseignement technique donnant le SNES (classique, moderne et technique). À partir de 1967, elle fut remplacée au secrétariat de catégorie par Françoise Regnaut mais coopéra dans la nouvelle direction nationale au secteur corporatif, s’occupant notamment des affaires personnelles, en tant que commissaire paritaire de la catégorie des agrégés. Élue suppléante à la commission administrative paritaire nationale des agrégés dès 1952, elle devint titulaire en 1958 et resta élue du personnel jusqu’en 1976. Elle fut en même temps membre de la Société des agrégés, de l’Union des physiciens et de l’Union des professeurs de spéciales.

Suzanne Cheinet consacra plus particulièrement une grande partie de son activité militante à la défense de l’agrégation comme concours de recrutement de l’enseignement du second degré et à la défense et la promotion de la catégorie des agrégés, mais dans un esprit de promotion générale des enseignements de second degré, en faisant de l’agrégation et de la catégorie des agrégés des points d’ancrage et de référence pour les enseignements de second degré et ses personnels. Plutôt discrète dans les débats des instances statutaires du syndicat, elle était très respectée – y compris de l’administration ministérielle – pour ses compétences et la fermeté de ses positions. Elle milita beaucoup pour la disparition des agrégations féminines et la création d’un seul concours mixte par discipline, pour la création de nouvelles agrégations dans l’enseignement technique industriel et commercial, d’une hors-classe des agrégés accédant aux échelles-lettres ainsi que pour le développement et la démocratisation du recrutement des classes préparatoires et l’extension à tous ses professeurs de l’accès à la catégorie des « Chaires supérieures ». Dans ce sous-secteur des classes préparatoires, elle termina sa carrière militante nationale au SNES, après sa retraite, de 1977 à 1982.

Depuis sa retraite en Avignon, elle militait au Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la Paix, au Mouvement national de lutte pour l’environnement 13 et dans des associations locales. Elle était membre de la commission exécutive de la Fédération générale des retraités de la fonction publique du Vaucluse depuis 1985.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19760, notice CHEINET Suzanne [épouse GAUVIN] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Alain Dalançon

Suzanne Cheinet
Suzanne Cheinet
Présidente de séance au congrès FEN-CGT de 1953[Arch. IRHSES]
congrès SNES 1971 [Arch. IRHSES]

SOURCES : Arch. IRHSES. — Arch. Comité national du PCF. — L’Université Syndicaliste. — Témoignage de l’intéressée. — Notice Suzanne Gauvin dans le DBMOF.

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