JALLATTE Jean [André, Jean, Raymond, alias « Toubib » dans la clandestinité]

Par Jacques Brès, Laurent Pichon

Né le 11 mai 1923 à Valence (Drôme), exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Servas (Gard) ; étudiant en médecine à Montpellier (Hérault) ; résistant (Combat, AS) dans le Gard et l’Hérault, maquisard (AS puis FTPF) dans le Gard

Jean Jallatte était le second fils de Samuel, Thémini Jallatte et de Georgette, Jenny Briançon, tous deux de religion protestante. La famille, originaire de l’Ardèche, s’était implantée dans la Drôme puis dans le Gard. En effet, Samuel Jallatte industriel valentinois de la chaussure s’installa à Nîmes (Gard) à Nîmes en 1934 et créa, quelques années plus tard, une manufacture de chaussures à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard), localité du piémont cévenol.

Les deux frères de Jean, Pierre né en 1918 et Charly-Sam né en 1925, furent aussi des résistants très actifs. Jean fit toutes ses études secondaires au lycée de Nîmes (Gard) où, dès 1941, les premiers mouvements de résistance (mouvement Combat) se structuraient.

Il entra dans les mouvements Défense de la France puis Combat. Il diffusait la presse clandestine (Combat à Nîmes puis à Montpellier (Hérault) où il poursuivit des études de médecine jusqu’en fin de deuxième année.

Appelé aux Chantiers de jeunesse en juillet 1943, il déserta deux mois plus tard à l’occasion du rassemblement protestant du Musée du Désert à Mialet (Gard). Jean Jallatte rejoint alors un maquis de la Drôme près de Vercheny. Le 26 décembre 1943, après l‘ attentat de Vercheny (mentionné dans les Mémoires du général de Gaulle), un ratissage des troupes d’occupation obligea Jean à quitter le Diois. Il revint à Nîmes où il est fut pris en charge par Marcel Bonnafoux (Marceau), ami de la famille Jallatte, et René Rascalon qui l’intégrèrent au sein du maquis Armée secrète (AS) de Lasalle (Gard).

En février 1944, Jean Jallatte, Jacques Baby, Gérard Ménatory, Raymond Brès et sept autres compagnons constituèrent le maquis du Serre appelé aussi camp n°4. Renforcé par de nouvelles recrues, ce maquis participa pendant plusieurs mois à de multiples actions de sabotages, de coups de mains contre des entreprises au service de l’occupant.

Jean Jallatte retrouva bientôt sa véritable vocation : il fut appelé en juin 1944 au poste de responsable sanitaire régional pour la région (R2), pour les Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il prit contact avec des médecins résistants alésiens (notamment le docteur Martin des Salles-du-Gardon) et jetta les bases d’un hôpital du maquis.

Reconnu par un chef milicien, il est arrêté à Alès, le 6 ou le 7 juillet d’après sa mère, emprisonné au fort Vauban, torturé par les Waffen SS français de la 8e compagnie du 3e régiment de la division Brandenburg. Au bout de deux semaines de martyre, il fut abattu d’une balle dans la nuque et précipité dans le charnier du puits de Celas. Selon les sources, il fut exécuté le 9 ou le 12 juillet 1944. La deuxième a été retenue par l’état civil.

Il est inhumé à Nîmes au cimetière protestant de la route d’Alès.

Jean Jallatte fut cité à l’ordre de l’Armée, et fait à titre posthume chevalier de la Légion d’honneur. Il reçut, toujours à titre posthume, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme.

Son nom figure sur le monument commémoratif édifié sous le chevalet du puits de la mine désaffectée de Célas à Servas (Gard) et sur la plaque commémorative de la rue de l’École de Médecine de Montpellier (Hérault).

Voir Servas, Puits de Célas (9, 10, 27 juin 1944 ; 11, 12 juillet 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197868, notice JALLATTE Jean [André, Jean, Raymond, alias « Toubib » dans la clandestinité] par Jacques Brès, Laurent Pichon, version mise en ligne le 3 décembre 2017, dernière modification le 25 janvier 2021.

Par Jacques Brès, Laurent Pichon

SOURCES : Arch. justice militaire, Tribunal militaire de Marseille jugement n°43/7136 du 15/02/1951, Affaire Richter Karl, Strieffler Ernst, X…. (déposition Mme Jallatte) — Archives familiales, Charly-Sam Jallatte. — Annales de l’Université de Montpellier et du Languedoc méditerranéen-Roussillon, II, 1944, p. 170, p. 290. — Claude Émerique, Laurent Pichon, Fabrice Sugier, Monique Vézilier, La Résistance dans le Gard, Paris, Association pour des Études sur la Résistance intérieure (AERI), 2009, CDROM avec un livret de présentation, 36 p. — Aimé Vielzeuf Aimé, Pierre Mazier, Quand le Gard résistait (1940-1944), tome 2 Dans le secret des bois, Nîmes, Lacour, 1997, 235 p. — Entretien (Laurent Pichon), avec Charly-Sam Jallatte, mars 2005. — Notes d’André Balent, Jean-Louis Ponnavoy et Jean-Marie Guillon.

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