DARRACQ Pierre, Vincent [dit l’instituteur]

Par Daniel Grason

Né le 14 juillet 1922 à Missé (Deux-Sèvres), , mort le 30 avril 1945 à Johanngeorgenstadt (Tchécoslovaquie, actuellement en Allemagne) ; instituteur ; résistant déporté.

Pierre Darracq.
Pierre Darracq.

Fils de Jean Darracq, employé de chemin de fer, et de Berthe, née Duthen, ménagère, Pierre Darracq vivait depuis le 15 juillet 1943 au 261 rue des Gros-Grès à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine). Il était titulaire du brevet supérieur et du CAP. En 1943, il a été requis par l’organisation Todt, il y travailla du 1er au 30 juin 1943 dans le bassin d’Arcachon en Gironde. Ayant été désigné pour aller travailler en Allemagne, il rentra et se réfugia chez ses parents 27 rue de Serpente à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise).
Il tenta de se procurer une fausse pièce d’identité, il eut un contact avec un résistant à qui il donna sa photographie. Il rencontra Duboc, Mandy et Plais ainsi qu’un homme qui se faisait appeler « Le Grand » Robert Hildebrandt.
Deux inspecteurs de la BS1 l’appréhendèrent le 11 octobre 1943 alors qu’il se présentait au domicile d’Aurélie Bayle 5 rue Sainte-Marie à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine). Fouillé au corps, il portait sur lui un carnet et trois feuilles annotées.
Lors de la perquisition de son domicile de la rue des Gros-Grès à Colombes, les inspecteurs saisissaient : un plan des usines Renault à Boulogne-Billancourt sur lequel figuraient les points de chute du bombardement du 4 avril 1943, une police d’abonnement au Gaz à son nom, et un indicateur des rues de Paris annoté.
Une enquête de voisinage permettait aux policiers d’établir que Le Drean dit « Jourdain », et une femme blonde vivaient dans le logement loué par Jean Darracq. Le couple était parti le samedi matin porteur d’une valise et d’un sac de camping.
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales, frappé Pierre Darracq déclara : « Je pensais bien que l’organisation que je fréquentais était une organisation de résistance, mais j’ignorais qu’il s’agissait des Francs-Tireurs et Partisans, organisme placé sous l’égide du Parti communiste clandestin. Je n’ai jamais eu d’armes en ma possession. Je n’ai participé à aucun attentat. »
Il affirma qu’il s’était rendu plusieurs fois chez Aurélie Bayle pour donner des leçons de mathématiques à sa fille. Il précisa que les cours lui étaient bien payés. Pierre Darracq qui n’était pas au moment de son arrestation immatriculé par les FTP, soutint qu’il n’avait jamais touché d’argent de l’organisation, « ni carte d’alimentation » précisa-t-il. Il reconnut avoir hébergé « Jourdain » ex-responsable militaire de la région qui n’était autre que Le Dréan.
Incarcéré, Pierre Darracq était le 22 janvier 1944 dans le convoi de 2006 hommes à destination de Buchenwald, les détenus arrivèrent le 24 janvier. Il fut transféré à une date inconnue à Flossenbürg dans la Haute-Bavière. Á l’entrée du camp, sur le portail une inscription « Arbeit macht es frei » (Le travail rend libre). Les détenus devaient extraire du granit, d’autres travaillaient dans l’usine d’aviation Messerschmitt.
Matricule 42968, Pierre Darracq mourut lors d’une marche de la mort le 30 avril 1945 à Johanngeorgenstadt, entre Bochov et Lubenec, en Tchécoslovaquie. Près de la moitié des déportés de ce convoi moururent.
Pierre Darracq a reçu la mention « Mort pour la France » et a été homologué Déporté interné résistant (DIR) et FFI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197903, notice DARRACQ Pierre, Vincent [dit l'instituteur] par Daniel Grason, version mise en ligne le 13 décembre 2017, dernière modification le 13 décembre 2017.

Par Daniel Grason

Pierre Darracq.
Pierre Darracq.

SOURCES : Arch. PPo. GB 136 (transmis par Gérard Larue), 77W 735, PCF carton 15 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 18 octobre 1943. – Bureau Résistance GR 16 P 158143. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 176 cliché du 12 octobre 1943.

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