CHESNE Émile [Pseudonyme : FORÊT Émile]

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 9 décembre 1907 à Noyen-sur-Sarthe (Sarthe), fusillé le 26 janvier 1944 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) suite à une condamnation à mort ; employé au Mans (Sarthe) ; secrétaire de la Région communiste de la Sarthe de 1935 à 1939 ; résistant FTPF.

Émile Chesne
Émile Chesne
Jean Kervella, Robert Manceau, Éditions Messidor.

Émile, né d’un premier mariage d’Alphonsine Clochard avec Émile Chesne, perdit son père en 1917, décédé à l’hôpital du Mans "comme militaire". Chef de service au magasin Aux Dames de France du Mans, son dossier à Caen dit « chef de rayon aux Nouvelles Galeries, rue des Minimes », il devint secrétaire de la Région communiste de la Sarthe en 1935. Pour ne pas perdre sa place, il prit le pseudonyme de Forêt et se tint à l’écart des consultations électorales. Son patron le congédia pourtant en 1936 ; il entra alors comme courtier à l’Union économique puis devint permanent.
Le Parti communiste disposait d’une très faible implantation dans la Sarthe. Chesne sut profiter de la période du Front populaire pour édifier une organisation régionale. Il commença par doter son département d’un journal communiste, L’Unité ouvrière et paysanne de la Sarthe, dont le premier numéro parut le 10 avril 1936. Cellules et sections se multiplièrent, le millier d’adhérents fut dépassé en 1937. La Région groupait, en 1939, 1 300 adhérents répartis en sept sections, 32 cellules locales et 23 cellules d’entreprises. Émile Chesne en assura le secrétariat jusqu’à sa mobilisation en août 1939. Il avait été délégué au congrès national d’Arles (25-29 décembre 1937).
À l’armée, il fut cité et nommé sous-officier. Dès sa démobilisation en septembre 1940, Chesne prit la direction de l’organisation communiste clandestine dans la Sarthe. Frappé d’une mesure d’internement administratif le 22 mars 1941, la police l’arrêta à Angers en 1941. Interné au camp de Châteaubriant, il tenta une première fois de s’évader. Il fut torturé puis envoyé au camp de Voves (Eure-et-Loir) d’où il s’évada déguisé en gendarme, pendant l’été 1943 ; son dossier à la DAVCC de Caen dit le 9 janvier 1943.
Le Parti communiste lui confia alors des tâches de direction à Bordeaux (Gironde). Interrégional politique, sous le pseudonyme de Dandinette, il assurait la liaison entre le Centre et l’interrégion. Chesne fut arrêté dans cette ville, place de la Comédie, le 5 septembre 1943. Plusieurs responsables (Jean Delbos, Maurice Bourgeois, François Abarrateguy, Roger Bourdy) furent arrêtés en Gironde durant le mois de septembre, les inspecteurs de la Section des affaires politiques (SAP) tentant de mettre fin au regain d’activités des FTP (sabotages, attaques contre des soldats allemands).
Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 529, il a été fusillé le 26 janvier 1944.
Ses funérailles officielles eurent lieu au Mans, le 19 mai 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19805, notice CHESNE Émile [Pseudonyme : FORÊT Émile] par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 29 décembre 2021.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Émile Chesne
Émile Chesne
Jean Kervella, Robert Manceau, Éditions Messidor.

SOURCES : DAVCC, Caen. – L’Unité ouvrière et paysanne de la Sarthe, 1936-1939. – L’Aurore sarthoise, 1945-1946. — Site des Fusillés de Souge

ICONOGRAPHIE : R. Jarry, op. cit., t. 1 p. 47.

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