CASADO Pierre, Jules, Ferdinand

Par Daniel Grason

Né le 15 janvier 1920 à Saint-Maxent arrondissement d’Abbeville (Somme), mort le 1er mai 1945 à Bergen-Belsen (Allemagne) ; ouvrier papetier, gardien de la paix stagiaire ; résistant ; membre du Front national de la 5e compagnie FTPF du Tréport (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Pierre Casado
Pierre Casado

Fils de Théodule, Florentin, vingt-sept ans, ouvrier verrier et de Jeanne, Marie, née Charpentier, vingt-trois ans, sans profession. Pierre Casado était le deuxième enfant d’une fratrie qui en comptait cinq. Il obtint à l’issue de l’école primaire le CEP. Il travailla pendant un an sur les marchés avec un fruitier espagnol sur les marchés de Choisy-le-Roi, Orly, Thiais (Seine, Val-de-Marne).
Il revint dans la Somme, travailla chez un épicier, servait dans la boutique, et effectuait les livraisons à domicile, puis avec un biscuitier sur les marchés, y compris le dimanche. Il exerça le métier d’ouvrier papetier à la Compagnie générale des papiers, fut adhérent des Jeunesses communistes.
Il effectua du 9 juin 1940 au 20 janvier 1941 son service militaire, il se rendit à Orléans, les soldats se replièrent en partant à pied à Saint-Sébastien dans la Creuse. La troupe y séjourna deux mois, puis fut dirigée sur le camp de Jeunesse de Saint-Bonnet Tronçais dans l’Allier. Dans sa biographie écrite le 12 avril 1943 à l’École pratique de la Police municipale, Pierre Casado écrivait « le camp était installé dans une très belle forêt, nous y faisions du charbon de bois, mais en pleine forêt l’hiver le temps était vraiment long, on ne voyait pas de civils et pour des jeunes gens ce n’était pas très gai. » Après six mois passés dans ce camp, démobilisé, il regagna le domicile familial 120 chaussée de Picardie, a Eu (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). La papeterie était fermée. Il exerça les métiers de bûcheron, terrassier, garçon de ferme en Seine-Maritime.
Il avait postulé en août 1942 un poste de gardien de la paix auprès du Préfet de police de Paris la réponse positive arriva en mars 1943. Le 5 avril 1943 il entra comme gardien de la paix stagiaire. Ne pouvant être recruté que s’il vivait dans le département de la Seine, Pierre Casado loua une chambre dans un hôtel au 117 rue de Montreuil à Paris (XIe arr.).
Il était en relation avec deux résistants Émile Lesage et Marcel Darragon du Tréport (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Pierre Casado écoulaient des faux-titres de rationnement fabriqués dans des imprimeries où provenant de cambriolages. Il procura aux résistants six revolvers ou pistolets, et tenta d’acheter une mitraillette à un franc garde. Pour écouler les faux titres de rationnement, il était épaulé par Pierre Guiard, gardien de la paix qui habitait Paris et Bernard Filliau, gardien de la paix stagiaire, de Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le 7 avril 1944 vers 12 heures 45, des Miliciens arrêtaient à son hôtel Pierre Casado qui fut livré à la BS1. Á l’issue de l’enquête vingt-trois résistants et proches avaient été interpellés, en Basse-Normandie et en Région parisienne. René Chapelle, ex-lieutenant dans les Brigades internationales était en fuite. Douze résistants membres du réseau de la région du Tréport furent livrés au SD dont le siège était rue du Donjon à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). L’enquête dirigée par le commissaire Fernand David de la BS1 se poursuivit en Région parisienne où sept autres résistants ont été interpellés dont Bernard Filliau et Pierre Guiard, gardiens de la paix.
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales Pierre Casado fut-il battu ? Il a été livré à la Police de Sûreté allemande SD, appelée communément la Gestapo au 11 rue des Saussaies à Paris (VIIIe), très probablement frappé lors de son interrogatoire, puis incarcéré dans le quartier allemand de la prison de Fresnes.
Le 4 juin 1944, il était dans le convoi de 2062 hommes à destination du camp de concentration de Neuengamme (Allemagne). Les détenus arrivèrent le 7 juin, vingt-trois hommes avaient réussis à s’évader pendant le transport. Pierre Casado a été transféré au camp du Stuthof près de Dantzig (Gdansk) en Pologne, puis à Bergen-Belsen en Basse-Saxe en Allemagne.
Le 15 avril 1945, les troupes Britanniques libéraient le camp où sévissait une épidémie de typhus, il ne restait que 60000 survivants. Les vivants cohabitaient avec les morts, ces derniers étaient si nombreux que les militaires Britanniques qui réquisitionnèrent des SS et des soldats de la Wehrmacht ne parvenaient pas à tous les enterrer.
Pierre Casado matricule 33751 mourut de dysenterie le 1er mai 1945. Le 21 mai les baraquements de Bergen furent incendiés pour enrayer l’épidémie de typhus. En raison de la quarantaine les derniers survivants étaient évacués.
Á la suite de son arrestation, Pierre Casado avait été suspendu le 8 avril 1944. Un arrêté en date du 11 septembre 1946 rapporta la mesure, il fut titularisé à la date du 1er avril 1944. Il a été considéré comme « Victime du devoir » par la préfecture de police.
Pierre Casado a été homologué Déporté interné résistant (DIR) et FFI. Son nom a été gravé sur le monument aux morts d’Eu et sur le monument commémoratif 1938-1945 de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198098, notice CASADO Pierre, Jules, Ferdinand par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 janvier 2018, dernière modification le 5 mars 2018.

Par Daniel Grason

Pierre Casado
Pierre Casado

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 8 chemise 47, PCF carton 16 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 24 avril 1944, 1W 279, KC07. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site Mémorial de la Shoah « Les libérations des camps et le retour des déportés ». – Bureau Résistance GR 16 P 109612. – Site internet Gen Web. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 145 cliché du 9 avril 1944.

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