BROCART Jean

Par Dominique Tantin

Né le 18 avril 1915 à Paris (XVIIIe arr.), exécuté sommairement le 11 juin 1940 à Cressonsacq (Oise) ; lieutenant au 16e Régiment de Tirailleurs sénégalais (RTS).

Officier de réserve, Jean Brocart fut mobilisé en 1939 et affecté au 16e RTS. Créé en 1919, ce régiment était cantonné à Montauban (Tarn-et-Garonne) entre les deux guerres. En mars 1939, il fut affecté à la surveillance du camp de Septfonds où étaient internés des réfugiés républicains espagnols. Le 5 avril 1940, le régiment rejoignit la 4e Division d’Infanterie coloniale (DIC) sur la ligne Maginot.
Engagée au sud de la Somme sur la ligne Weygand, la 4e DIC commandée par le général Maurice de Bazelaire de Ruppierre participa à la bataille d’Amiens et subit de lourdes pertes lors de l’offensive allemande déclenchée le 5 juin 1940. « Dans la nuit du 9 au 10 juin, cette division tente de percer en direction de l’Oise, de Pont Sainte Maxence. Au matin, il ne reste plus que 200 à 300 hommes au 2e RIC, 300 à 400 au 16e RTS, et 100 au 24e RTS. » (Les combattants de l’honneur ; cf. sources).
Le 10 juin 1940 en fin d’après-midi, ce groupe de soldats et d’officiers des 16e et 24e Régiments de Tirailleurs sénégalais se rendit aux Allemands. Le 11 juin, ces derniers – un détachement du régiment Grossdeutschland – séparèrent les officiers et les soldats métropolitains d’une part, et les soldats d’origine coloniale d’autre part. La vie de ces derniers étant menacée, le commandant Bouquet tenta de les protéger. Il déclara que les tirailleurs s’étaient rendus sur son ordre, qu’ils avaient combattu loyalement et il exigea qu’ils soient traités en soldats. Le capitaine Speckel prit ensuite la parole en allemand pour dire sa fierté d‘avoir commandé des soldats tels que les Sénégalais.
En représailles, les Allemands conduisirent à l’écart le lieutenant Jean Brocart et sept autres officiers et les abattirent d’une balle dans la nuque à la lisière nord du bois d’Eraine, sur la commune de Cressonsacq. Les corps furent jetés dans une fosse commune creusée par deux soldats noirs qui furent ensuite abattus. Les corps furent jetés dans une fosse commune creusée par deux soldats noirs qui furent ensuite abattus.
En juin 1941, la fosse fut ouverte et les corps furent inhumés dans le cimetière communal de Cressonsacq. Après la Libération, leurs dépouilles furent transférées à la nécropole nationale de Cambronne-lès-Ribécourt (Oise) ou rendus à leurs familles. Son nom est inscrit avec ceux des autres victimes sur la stèle commémorative du bois d’Eraine.
De nombreux soldats africains de la 4e DIC furent massacrés par les Allemands. Leur nombre et leur identité restent à établir.
Voir Cressonsacq, bois d’Eraine (10-11 juin 1940)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198139, notice BROCART Jean par Dominique Tantin, version mise en ligne le 13 décembre 2017, dernière modification le 5 janvier 2018.

Par Dominique Tantin

SOURCES : SHD-PAVCC Caen, AC 21 P 34290 (à consulter). — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Les combattants de l’honneur

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