BAUDOT Jean dit Marien

Né le 28 février 1868 à Montluçon (Allier), mort le 25 mars 1953 à Saint-Maur-les-Fossés (Seine, Val-de-Marne) ; Ouvrier verrier à Carmaux (Tarn), puis à Albi ; syndicaliste CGT ; socialiste.

Né le 28 février 1868 à Montluçon (Allier), blanquiste, Jean Baudot vint à Carmaux en 1892 et fut secrétaire du syndicat des ouvriers verriers. Il militait au Cercle d’études sociales et siégeait au conseil municipal depuis le 22 avril 1894. Mais, à la suite à la suite d’une série de machinations préfectorales et judiciaire, le 25 mai 1895, il fut condamné avec Calvignac, le maire socialiste de Carmaux, à 40 jours de prison et à la privation de leurs droits civiques. Le 27 juin, le jugement fut confirmé en appel. Les électeurs ne se laissèrent pas impressionner et les élisirent le 28 juillet aux élections cantonales.

La présence de Baudot au congrès de la Fédération du verre à Marseille des 21-27 juillet 1895 provoqua son renvoi, le 30 juillet, pour absence irrégulière, même s’il s’était fait remplacer. Les verriers, sans en référer à quiconque, se mirent grève, et portèrent une unique exigence, la réintégration de Baudot. Jaurès tenta d’intervenir contre son« renvoi brutal », et ne put éviter l’éclatement d’une grève. Le 6 août, les grévistes votèrent la reprise du travail sans avoir obtenu satisfaction, mais lorsqu’ils se présentèrent le 7 août devant les portes de l’usine ils trouvèrent celles-ci fermées. La grève des verriers de Carmaux dépassa alors le cadre de la corporation et de la localité : une bataille décisive s’engagea pour le respect des droits syndicaux et politiques de l’ensemble des travailleurs. Le conflit dura trois longs mois. Mais tous les recours légalistes, les démarches et les pressions indirectes échouèrent.

L’idée de la construction d’une usine où le mouvement ouvrier pourrait se reconnaitre germa, d’autant mieux que la fédération du verre avait, depuis 1892, jeté l’idée de verreries fédérales — elle avait déjà fondé une verrerie de ce type à Rive-de-Gier — et que les grévistes étaient prêts à s’en emparer localement. Le 9 novembre, Jaurès annonça aux grévistes qu’ avec l’« aide de tout le prolétariat, vont être jetées les bases d’une verrerie où trouveront abri ceux que l’arbitraire patronal veut chasser ou affamer ». Baudot fut de l’aventure. En 1899, il habitait rue Carlusset, à Albi (Tarn). En 1904, il était président du club socialiste d’Albi.

Baudot fut militant du syndicat de la Verrerie ouvrière d’Albi, créée à la suite du conflit, tout en étant administrateur de la verrerie. Il fut délégué au congrès de la fédération nationale des travailleurs du verre, tenu le 6 septembre 1907 à la Bourse du travail de Reims. Au cours du congrès, il rendit compte des travaux de la commission, dont il était membre, chargée de s’occuper de la grève des verriers de Reims. A la même époque Il donnait des conférences sur l’histoire de la verrerie ouvrière pour le parti socialiste. En 1910 il continuait d’écrire dans La Voix des Verriers, l’organe de la Fédération nationale des travailleurs du verre, tout en étant le gérant du dépôt parisien de la Verrerie-Ouvrière d’Albi, rue de Chalon, 9 passage Gatbois, Paris (12e), où il logeait.

Il s’était marié le 7 avril 1894, Carmaux (Tarn) avec Marie Brunet. Il mourut le 25 mars 1953 à Saint-Maur-les-Fossés (Seine-, Val-de-Marne)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198167, notice BAUDOT Jean dit Marien, version mise en ligne le 14 décembre 2017, dernière modification le 20 juin 2019.

SOURCE : Oeuvres de Jean Jaurès, tome 4, Le militant ouvrier, 1893-1897, édition établie par Alain Boscus, Fayard, 2017. — La Voix des Verriers, 15 avril 1910, 1er juillet 1911. — Bulletin de la Société d’études jaurésiennes, N°83, octobre décembre 1981. — L’ouvrier du Finistère, 16 décembre 1898La Petite République, 29 décembre 1904. — L’Humanité, 29 janvier 1909, 1er février 1910, 29 août 1910, 26 janvier 1912 — Notes de Gilles Pichavant.

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