BREGEARD René, Paul [pseudonyme Le Chat]

Par Michel Thébault

Né le 20 janvier 1920 à Antigny (Vienne), mort en action le 2 septembre 1944 à Paisay-le-Sec (Vienne) ; résistant AS, maquis Alex.

René Brégeard était le fils de Louis, Gaston, Olivier Brégeard (né en 1886 à Antigny) cultivateur et de Marie, Ernestine Lannaud (née en 1891 à Journet, Vienne). Ses parents s’étaient mariés à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne) le 8 janvier 1912 et un premier enfant, une fille Raymonde, était née à Antigny en 1913. Louis Brégeard fut mobilisé le 4 août 1914 dans un régiment d’infanterie. Il fut fait prisonnier dès le 9 septembre 1914 à Fère-Champenoise lors de la bataille de la Marne et fut interné en Allemagne à Erfurt pendant plus de 4 ans. Rapatrié le 12 janvier 1919, il fut démobilisé le 15 mars 1919. Après la naissance de René à Antigny en 1920, la famille s’installa à proximité, au hameau de Sioulvre, sur la commune de Saint-Savin. Elle y résidait toujours au recensement de 1936.

René Brégeard s’engagea dans la Résistance dans le secteur de Saint-Savin-sur-Gartempe rejoignant le maquis AS « Alex ». Ce maquis commandé par le lieutenant Maurice Kesler alias Alex, appartenait au groupement Gilles, secteur B de la Vienne. Ce maquis créé le 29 juin, opéra à partir du mois de juillet dans le secteur de Chauvigny (Vienne) et Saint-Savin-sur-Gartempe.
Le 19 août un ordre de repli général avait été donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Le passage par le seuil du Poitou devint un enjeu stratégique essentiel. Le groupement de marche du sud-ouest, réunissant environ 25 500 hommes sous les ordres du général Botho Elster se présenta dans les derniers groupes, à la fin du mois d’août et dans les premiers jours de septembre. Confrontées à l’impossibilité de remonter ni par le Limousin (du fait de la Libération de Limoges) ni par l’axe traditionnel de la RN 10 vers Tours (du fait de l’avancée des troupes anglo-américaines), les unités allemandes de la colonne Elster tentèrent à partir de Poitiers à la fin du mois d’août de marcher vers l’est et le nord-est de la Vienne, utilisant les axes secondaires, et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des forces FFI. Les maquis multiplièrent les attaques et les embuscades avec abattis d’arbres, destruction des ponts sur la Gartempe … Ce fut lors d’une de ces embuscades sur la route reliant Poitiers au Blanc (Indre), le 2 septembre 1944 que fut tué René Bregeard, sur la commune de Paisay-le-Sec, juste avant Saint-Savin. Selon le rapport d’activités rédigé par Maurice Kesler pour l’homologation de son groupe FFI (SHD op. cit.) René Brégeard, le 2 septembre à Paisay-le-Sec, « lors d’une embuscade tendue, s’est élancé sur un camion allemand et a été abattu ».

Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Savin-sur-Gartempe. Une rue de Saint-Savin porte aujourd’hui son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198183, notice BREGEARD René, Paul [pseudonyme Le Chat] par Michel Thébault, version mise en ligne le 15 décembre 2017, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne (état civil, registre matricule, recensements) — Archives collectives des Forces françaises de l’intérieur (site Mémoire des Hommes) AS Maquis Alex GR 19 P 86/31 — Jean Thiry Le combat du Mont-Saint-Savin. 2 septembre 1944 Ed. Lavauzelle 1946 — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — VRID (Vienne, résistance, Internement, Déportation), site internet — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément