BAUDIN Maximin

Par Michel Thébault

Né le 29 mai 1867 à Champagné-Saint-Hilaire (Vienne), massacré le 25 août 1944 à Romagne (Vienne) ; cultivateur ; victime civile.

Il était le fils d’Auguste Baudin, âgé de 24 ans à sa naissance, propriétaire à La Combaudière, commune de Champagné-Saint-Hilaire, et de Geneviève Bernardeau âgée de 20 ans. Il se déclara cultivateur lors de la conscription. Il fit son service militaire de trois ans, de novembre 1888 à septembre 1891 au 68ème régiment d’Infanterie en garnison au Blanc (Indre). Il termina sa période militaire avec le grade de sergent-fourrier. Revenu chez ses parents qui demeuraient alors au Riorteau, commune de Romagné, il épousa dans cette commune le 26 avril 1899, Marie Françoise Magnan, dont le père était propriétaire à La Vergnauderie, commune de Romagné. Ils eurent une fille Germaine, née le 7 juin 1903. Maximin Baudin vint à La Vergnauderie prendre en charge l’exploitation de son beau-père. Lors du recensement de 1911, il y fut déclaré chef de famille, avec sa femme, sa fille, son beau-père devenu veuf vivant avec lui ainsi qu’un jeune domestique agricole âgé de 18 ans. A l’été 1944, âgé de 77 ans, il était toujours cultivateur à La Vergnauderie.

En août 1944, la situation militaire de l’armée allemande sur le front de l’ouest se dégrada brutalement. Le 19 août un ordre de repli général fut donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Le passage par le seuil du Poitou devint un enjeu stratégique essentiel. Confrontées à l’impossibilité de remonter par l’axe traditionnel de la RN 10 vers Tours, du fait de l’avancée des troupes anglo-américaines, les colonnes allemandes tentèrent de marcher vers l’est et le nord-est de la Vienne, utilisant les axes secondaires, et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des forces FFI. Autour du 20 août 1944, un maquis AS, le maquis Martial appartenant au groupement D de la Vienne Sud et Haute-Vienne Nord, et venant de la Haute-Vienne, vint s’installer sur la commune de Romagne à la ferme du château du Parc. Le matin du 25 août 1944, un groupe du maquis sabota la voie ferrée Paris - Bordeaux en gare de Couhé-Vérac. En début d’après-midi une camionnette partie chercher du ravitaillement à Romagne se heurta à l’entrée du village à une voiture occupée par des officiers allemands. La voiture fut immobilisée par quelques rafales de fusil-mitrailleur et finit sa course dans le fossé. La colonne allemande qui traversait alors Romagne apercevant la voiture mitraillée fusilla en représailles, à la sortie du village dans la direction de Champagné-Saint-Hilaire, au lieu-dit la Vergnauderie, Maxime Baudin qui travaillait dans son champ. Plus loin, sans s’arrêter, ils massacrèrent également trois hommes qui battaient les récoltes.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Romagné. Après la guerre une stèle à sa mémoire fut dressée à la Vergnauderie, côté gauche, à la sortie de Romagné dans la direction de Champagné-Saint-Hilaire par la D37.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198232, notice BAUDIN Maximin par Michel Thébault, version mise en ligne le 17 décembre 2017, dernière modification le 13 octobre 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne (État civil ; registre matricule, recensement 1911) — Roger Picard Hommes et combats du Poitou Ed. Martelle 1994 — site internet VRID (Vienne Résistance Internement Déportation) carte des maquis de la Vienne — ONAC La Vienne pendant la seconde guerre mondiale — article La Nouvelle République 28 août 2013 — mémorial genweb.

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