ANDRÉ Robert, Alfred

Par Jacques Girault

Né le 30 mars 1921 à Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône), mort le 29 janvier 1990 à Vesoul (Haute-Saône) ; instituteur ; maire communiste de Port-sur-Saône (1971-1977).

Fils d’un sculpteur d’opinions socialistes et d’une brodeuse, Robert André, élève du cours complémentaire de Saint-Loup-sur-Semouse, entra à l’École normale d’instituteurs de Vesoul (Haute-Saône) qui fut transférée au début de la guerre, en raison de l’occupation allemande, à Privas (Ardèche). Il retourna volontairement en zone occupée pour éviter une incorporation dans les chantiers de jeunesse et fut traduit devant le tribunal correctionnel de Besançon en 1942. Réfractaire au STO, il entra en relations le mouvement Libération Nord jusqu’à l’arrestation des responsables, notamment celle de Paul Rassinier, son chef, à la fin de novembre 1943. Il rejoignit alors le maquis "Verdun" du mouvement "Ceux de la Résistance", participa à diverses actions de sabotage dont celle du dépôt d’Aillevillers puis à la libération de sa commune natale (18 septembre 1944) aux côtés des troupes américaines.
Instituteur, Robert André se maria avec Andrée, Georgette Demougin, une future militante communiste, en avril 1946 à Magnoncourt (Haute-Saône). Ils habitaient Chaux-les-Port près de Port-sur-Saône (Haute-Saône) et eurent deux enfants. Membre du Parti communiste français depuis 1953, secrétaire de sa cellule, puis en 1955, trésorier puis secrétaire (1961-1990) de la section communiste de Port-sur-Saône, membre du comité fédéral (1953-1970), il suivit le stage central pour les instituteurs communistes (11-29 septembre 1955). Il devint membre du bureau de la fédération départementale du Parti en 1956 et y resta jusqu’en 1965 comme responsable à l’éducation. Il exprima, à plusieurs reprises, des désaccords avec la politique du PCF, estimant en effet que, sur la question de la coexistence pacifique et du rapport avec les communistes chinois dont il fallait publier les textes, il s’alignait trop sur le parti communiste d’Union soviétique. Il présenta sa démission du bureau fédéral lors de la conférence fédérale de la fin 1964. Mais à la demande du délégué du comité central Paganelli, il fut maintenu dans cette responsabilité. Les divergences se poursuivirent et se cristallisèrent lors des réunions du comité fédéral. Aussi l’année suivante, sa démission fut-elle acceptée. Il demeura membre du comité fédéral jusqu’en 1970. Devenu membre de la commission fédérale de contrôle financier, il demanda en 1971 de ne pas être reconduit en raison de ses fonctions municipales.
Membre de la FEN-CGT et du Syndicat national des instituteurs (depuis 1952), délégué cantonal de la Ligue de l’enseignement, Robert André, ancien délégué cantonal du SNI, fut élu au mois de juin 1980 secrétaire du bureau départemental de la Fédération des conseils des parents d’élèves.
Robert André fut le candidat communiste dans les cantons de Saint-Loup (1958), de Port-sur-Saône (1964, 1970 –339 voix, troisième position-, 1976 –425 voix, quatrième position-, 1982 alors qu’il était à la retraite) pour le conseil général. Il devint conseiller municipal en janvier 1963 et fut élu maire en mars 1971. En mars 1977, battu, il redevint conseiller municipal et le demeura jusqu’à la fin du mandat en 1983.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198266, notice ANDRÉ Robert, Alfred par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 décembre 2017, dernière modification le 18 décembre 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par la mairie de Chaux-les-Port et par la fédération de la Haute-Saône du PCF. – Notes de Jean-Claude Grandhay.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément