CHARRUET Gaston, André

Par Joël Drogland

Né le 26 avril 1923 Malay-le-Grand (Yonne), mort sous la torture le 21 juillet 1944 ; ouvrier boulanger ; réfractaire, résistant sédentaire membre des FTP.

Gaston Charruet
Gaston Charruet

Fils de André Charruet et de Pauline Oberholzer, manouvriers, Gaston Charruet naquit à Malay-le-Grand, près de Sens (Yonne). Ouvrier boulanger, réfractaire au STO, il était membre (ainsi que son frère aîné Paul Charruet) du groupe des sédentaires FTP du Sénonais, sous la direction de Gilbert Praz dont il était l’adjoint. Il participa à plusieurs des actions de ce groupe, en particulier le sabotage de la voie ferrée Sens-Troyes. Il fit partie du petit groupe qui, sous la direction de Gilbert Praz, organisa l’enlèvement de l’aviateur anglais Jack Marsden de l’hôpital de Sens, le 19 juin 1944.
A Malay-le-Grand un gros contingent d’Allemands de la division SS Hohenstauffen était cantonné. Il y avait parmi eux de nombreux jeunes Alsaciens. Gaston Charruet réussit à entrer en contact avec eux et à décider deux d’entre eux à déserter. Il leur procura des vêtements civils et les conduisit au maquis. Il voulut répéter l’opération, mais l’un des soldats, Charles Klemmer, Alsacien incorporé de force dans les Waffen SS en février 1944, alors qu’il n’avait pas 18 ans, le dénonça.
Le 21 juillet 1944, les SS arrêtèrent Gaston Charruet, ainsi que Pauline, sa mère âgée de cinquante ans, et son grand-père Maurice Charruet âgé de soixante-treize ans. Ils furent conduits à la mairie de Malay-le-Grand puis à la prison de Sens. Pauline et Maurice Charruet furent libérés le 1er août. Pendant leur détention, les Allemands pillèrent la maison et la détruisirent partiellement à l’explosif après avoir fait évacuer les voisins. Quatre autres personnes du village furent arrêtées : Albert Vautier, 50 ans, mécanicien et sa femme, Marcel Meny, 36 ans, boulanger et sa femme. Madame Meny, accusée elle aussi sur dénonciation, fut ligotée et rouée de coups. Gaston Charruet fut interrogé et torturé. Les Allemands l’emmenèrent et on ne retrouva jamais son corps.
Le dénonciateur fut condamné par la cour de justice du Bas-Rhin, le 26 mars 1947, à cinq ans de prison et à la dégradation nationale à vie. Il bénéficia rapidement de deux remises de peine successives et fut amnistié le 7 octobre 1953 en application de la loi du 6 août 1953. Il était décédé depuis le 18 juillet 1949.
Le nom de Gaston Charruet figure sur le monument aux morts de Malay-le-Grand, ainsi que sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. À Malay-le-Grand, une plaque lui rend hommage sur le mur de ce qui était en 1944 la maison familiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198335, notice CHARRUET Gaston, André par Joël Drogland, version mise en ligne le 19 février 2018, dernière modification le 21 juillet 2019.

Par Joël Drogland

Gaston Charruet
Gaston Charruet

SOURCES : Arch. Dép. Yonne, 1 W 121 et 1 W 152. Arch. Dép. Bas-Rhin, 1243 W 400, Dossier de Charles Klemmer. — Archives privées de Robert Loffroy (dossiers des FTP morts au combat ou déportés). Témoignage de Madame Charruet, veuve de Paul Charruet (2001). — Robert Loffroy, Mémoires d’un résistant et militant communiste de l’Yonne, Éd. ARORY, 2014. — CDrom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Joël Drogland, notice biographique des frères Gaston et Paul Charruet). — État civil.

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