CHEVANCE Étienne, Marie

Par Jacques Girault, Alain Prigent

Né le 10 juin 1905 à Canihuel (Côtes-du-Nord), mort le 28 août 1989 à Saint-Nicolas-du-Pélem (Côtes d’Armor) ; instituteur ; militant syndicaliste du SNI des Côtes-du-Nord- Côtes d’Armor.

Étienne, Marie Chevance ne connut pas son père, cultivateur, prénommé également Étienne, Marie, mort au début de l’année 1905. Il fut élevé par sa mère, née Jeanne, Marie Gorbic, qui tenait un café-épicerie à partir de 1911 à Bothoa, hameau à quelques kilomètres de Saint-Nicolas-du-Pélem. Enfant de chœur, il fréquenta l’école catholique du Sacré-Cœur, puis, à partir d’octobre 1914, l’école primaire publique de la commune. Après avoir obtenu le certificat d’étude primaires en 1917, il suivit les cours de l’école primaire supérieure de Guingamp, de 1918 à 1921, où il était pensionnaire. Bien que reçu à l’École normale d’instituteurs de Saint-Brieuc en 1921 à la session normale, il dut passer le concours complémentaire d’octobre, n’ayant pas satisfait aux critères médicaux. Il fut nommé instituteur à Plouer-sur-Rance près de Dinan.

Il devança l’appel pour profiter d’une réduction de six mois d’obligation militaire. Admis à l’École des élèves-officiers de réserve de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), il termina son service militaire comme sous-lieutenant au 71e RI à Saint-Brieuc. En mai 1926, il obtint sa mutation pour le pays bretonnant à Rostrenen où il fit toute sa carrière, au cours complémentaire, puis au collège d’enseignement général jusqu’à sa retraite en 1962. Il se maria en 1934 avec une institutrice de la Mayenne. Il accepta une cérémonie religieuse pour faire plaisir à sa grand-mère très pieuse, mais le couple ne fit pas baptiser ses deux enfants.

Étienne Chevance adhéra en 1927 à la section du Syndicat des membres de l’enseignement laïc (CGTU). À la demande du secrétaire de la section départementale, Raymond Garrivet qui enseignait dans un village voisin, il en devint le secrétaire corporatif (1928), puis le secrétaire pédagogique (1930). Abonné au Semeur, à L’Idée libre et à La Révolution prolétarienne, il ne partageait pas les analyses des majoritaires « centristes » (Dommanget, Serret…), ni celles des militants de la Ligue syndicaliste, se définissant comme « anarcho-syndicalistes ». À la fusion avec le Syndicat national des instituteurs, il devint membre du conseil syndical de la section départementale du SNI à majorité composée de militants des « Amis de l’École émancipée ». Au congrès de Nantes du SNI en 1938, il participa au chahut organisé lors du discours de [Léon Jouhaux->. Gréviste le 30 novembre 1938, révoqué de son grade de sous-lieutenant de réserve pour avoir signé une motion en faveur des objecteurs de conscience en 1933, il fut mobilisé comme deuxième classe en septembre 1939. Il hébergea des résistants mais refusa de rejoindre un mouvement de Résistance.

Libre-Penseur, membre de l’Union rationaliste, Etienne Chevance fut élu membre du conseil syndical de la section départementale du SNI en 1949 au titre de la tendance « Indépendance du syndicalisme » au moment où la tendance « cégétiste » obtint une très courte majorité. Seul représentant minoritaire, il siégea au bureau, prenant en charge les affaires corporatives. En 1951, réélu en quatrième position sur la liste « Indépendance du syndicalisme », il continua de siéger au bureau départemental jusqu’en 1953. Il effectua deux mandats au titre de son courant de pensée comme délégué du personnel à la commission administrative paritaire départementale (1948 et 1951), au comité technique paritaire (1949 et 1950). Candidat en position non éligible sur la liste « Indépendance du syndicalisme » en 1956, après la rupture entre les deux courants minoritaires (« autonomes » et « Ecole Emancipée »), en janvier 1959, il fut candidat en quatorzième position sur la liste « Ecole émancipée ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19844, notice CHEVANCE Étienne, Marie par Jacques Girault, Alain Prigent, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 27 avril 2022.

Par Jacques Girault, Alain Prigent

OEUVRE : Bribes de mon enfance, Besançon, L’amitié par le livre, 1991, 206 p.

SOURCES : Arch. dép. Côtes-d’Armor. — Bulletin départemental du SNI — Renseignements fournis par l’intéressé. — État civil.

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