TABARD Marc

Par Joël Drogland

Né le 18 juillet 1925 à Arces, aujourd’hui Arces-Dilo (Yonne), disparu le 29 juillet 1944 près de Voutenay (Yonne) ; maquisard FTP.

Nous ne savons pas comment le jeune Marc Tabard, célibataire, apprenti électricien, avait rejoint la compagnie FTP Colbert, pourtant assez éloignée de son village natal. Cette compagnie était née de la fusion, à la veille du Débarquement, de quatre groupes de maquisards constitués pour certains depuis plusieurs mois, qui s’étaient regroupés début juin 1944 dans la forêt d’Hervaux, près du Grand Val de la Nef, au sud-est d’Auxerre. Le commandement en était confié à Guy Garoche. Pendant le séjour au Grand Val de la Nef, plusieurs accrochages eurent lieu, en particulier celui du 6 juillet, qui entraîna la mort du jeune Amédée Mohamed. Le lendemain 7 juillet, la compagnie se regroupa à Villiers-la-Grange, où elle fut rejointe par une trentaine d’hommes de la compagnie FTP Rouget-de-Lisle. Marc Tabard faisait peut-être partie de ce groupe car la compagnie Rouget de Lisle était implantée près d’Arces.

Vers le 15 juillet, la compagnie Colbert, forte d’environ cent vingt hommes, s’installa près de Massangis, à la ferme de Rochefort, à la limite de l’Yonne et de la Côte-d’Or. C’est là que, le 23 juillet, elle fut l’objet d’une violente attaque des Allemands : c’est la bataille de Massangis. Les maquisards comptèrent quatre morts et de nombreux blessés. Après ce combat, la compagnie se divisa à nouveau en plusieurs groupes par mesure de sécurité et pour faire face aux difficultés de ravitaillement.

Les maquisards étaient exténués et plusieurs étaient malades. Quatre maquisards, Georges Gault, André Gounot,Robert Rousseau et Marc Tabard souffrant de la gale, leur chef décida de les envoyer se faire soigner à Bois-d’Arcy. Pour éviter tout risque, il leur ordonna de partir directement et de n’emmener aucune arme. L’un d’eux prit cependant un revolver et quelques balles. Vers midi, ils s’arrêtèrent un peu avant Voutenay-sur-Cure pour chercher à manger. Des habitants leur conseillèrent la prudence.

Ils reprirent leur chemin à pied le long de la RN 6. Trois voitures de la Feldgendarmerie surgirent alors. L’un des maquisards voulut se débarrasser de son revolver et le jeta, mais son geste fut repéré. Les Feldgendarmes s’arrêtèrent, capturèrent les jeunes gens et les fusillèrent un peu plus loin.

Le nom de Marc Tabard figure sur une plaque fixée sur la base du monument aux morts d’Arces-Dilo (la date du décès figurant sur la plaque est le 3 août). Il figure aussi sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il est titulaire de la carte de Combattant volontaire de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198474, notice TABARD Marc par Joël Drogland, version mise en ligne le 25 décembre 2017, dernière modification le 3 mai 2018.

Par Joël Drogland

SOURCES : Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990. — CDrom, La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Jean-Claude Pers, notice sur la compagnie FTP Colbert). — Mémorial GenWeb.

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