CASAL Felipe

Par André Balent

Né en 1913 en Aragon (Espagne), mort en action de combat à La Parade (Lozère) le 28 mai 1944 ; combattant de la guerre civile espagnole (1936-1939) ; profession inconnue en Espagne ; mineur de charbon à la Grand-Combe (Gard) ; résistant de l’Agrupación de guerrilleros españoles (AGE) du Gard ; maquisard de l’AGE puis de l’AS (maquis Bir Hakeim)

Les renseignements dont nous disposons indiquent que Casal était né en Aragon. Son patronyme est cependant catalan. Marié avant la guerre civile espagnole, Casal dont nous ignorons la profession s’enrôla dans une milice antifasciste en Aragon ou en Catalogne). Il poursuivit le combat lorsque les milices militarisées intégrèrent (1937) l’Armée populaire de la République espagnole. Nous ignorons à quelles unités il appartint et à quels combats il participa. Le fait est que étant entré en France en février 1939 au moment de la Retirada, il a participé (avril 1938-février 1939) aux combats de l’Armée républicaine stationnée en Catalogne, peut-être à la bataille de l’Èbre (25 juillet 1938-17 novembre 1938). Nous ignorons l’appartenance partisane de Felipe Casal, même si son parcours dans l’AGE indique plutôt une inclination pour le PCE (Parti communiste d’Espagne).

Felipe Casal a très vraisemblablement été interné dans un des camps de la côte roussillonnaise. Ce fut sans doute dans le cadre d’un GTE (Groupement de travailleurs étrangers) qu’il travailla dans une mine de charbon à la Grand-Combe (Gard).

Sans doute réfractaire au travail pour l’organisation Todt, Casal rejoignit un maquis dès le 4 mars 1943, celui de la ferme de Chevaniels dans la commune du Collet-de-Dèze qui fut pris en charge par la 15e brigade (Lozère) des GE (Guerrilleros españoles). Ayant ensuite intégré la 21e brigade des GE (Gard), il a ensuite fait partie des mis à disposition du maquis Bir Hakeim de l’AS (Voir Capel Jean alias « commandant Barot ». Par Cristino Garcia Grandas, chef de la 21e brigade et de la 3e division (Ardèche, Gard, Lozère) des GE. Le 18 mai 1944, il avait rejoint le cantonnement de Bir Hakeim au château de Fons (commune de Bassurels, Lozère). Mais l’attaque d’éléments de GMR (Groupes mobiles réserve) envoyés par Pierre Marty, intendant de police à Montpellier (Hérault), afin de traquer les maquis cévenols contraignit Capel à installer ses hommes au Grand Hôtel du Fangas (commune de Valleraugue, Gard), à proximité du sommet du Mont Aigoual, le point culminant des Cévennes.

Mais bientôt, le cantonnement du Grand Hôtel fut repéré par un avion de reconnaissance allemand. Pendant la nuit du 25 au 26 mai, les forces vichystes, GMR et Milice, attaquèrent. Capel eut le temps d’ordonner le départ du mont Aigoual avant l’encerclement. Comme le gros des effectifs du maquis, Casal fit à pied le trajet vers le nouveau cantonnement choisi par Capel, La Parade, sur le causse Méjean (Lozère). Il arriva à destination le 27 mai au soir. Avec trois autres Espagnols, il fut affecté par Jean Capel et Miguel López qui commandait le détachement des GE intégrés à Bir Hakeim, à la mitrailleuse qui surveillait le poste avancé du cantonnement sur la route de Meyrueis (Lozère). Le 28 mai, vers 8 heures du matin ils furent surpris par la colonne allemande en provenance de Mende (Lozère). Ce poste avancé fut détruit par l’artillerie allemande et les servants de la mitrailleuse dont Casal périrent. Ils furent les premières victimes du combat de La Parade. Enterré le lendemain dans la fosse commune du cimetière de La Parade, il fut identifié par Anna Rousseau, secrétaire du CDL de la Lozère et épouse de l’une des victimes du combat de La Parade (Jean Rousseau*, alias « capitaine Brun », l’un des adjoints de Capel. Felipe Casal fut ensuite ré-inhumé le 15 mai 1957 à la nécropole des maquis à Chasseneuil-sur-Bieuvre (Charente).

Le nom de Felipe Casal nom est inscrit sur le monument aux morts de Nîmes (Gard). Son nom figure également sur le monument de La Parade, construit en mémoire des morts de Bir Hakeim, les 28 et 29 mai 1944. Il est également gravé à Mourèze (Hérault) sur le grand mémorial érigé en l’honneur des maquisards de Bir Hakeim morts au combat ou exécutés entre septembre 1943 et août 1944. Enfin, de nom de Joaquim Olmos est gravé sur le monument commémoratif des morts issus de la 3e division de l’AGE (guérilleros espagnols) érigé en 2004 près du cimetière, au hameau de L’Affenadou (commune de Portes, Gard), sur la D 59 en direction du Martinet sur lequel sont inscrits 40 noms (14 du Gard, 9 de l’Ardèche, 17 de la Lozère). Sur cette première plaque figure aussi l’inscription suivante : « Aux résistants espagnols tombés en combattant l’Allemagne nazie sur le sol français. Passant souvient toi. La Liberté d’Espagne en France on l’a conquise, on l’a défendue. À tous ceux et celles dont l’Histoire a égaré le Nom. Aux 600 guérilleros espagnols de la 3e Division qui ont combattu aux côtés de leurs compagnons Français pour la Liberté de tous dans le Gard, l’Ardèche et la Lozère de 1941 à 1944 ».

Voir La Parade (28 mai 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198654, notice CASAL Felipe par André Balent, version mise en ligne le 1er janvier 2018, dernière modification le 6 novembre 2020.

Par André Balent

SOURCES : Association pour des Études sur la Résistance intérieure (AERI), Association départementale des Anciens de la Résistance de Lozère, ANACR Lozère, La Résistance en Lozère, CDROM accompagné d’un livret, 27 p., Paris, 2006. — Les Espagnols dans la résistance cévenole, PDF, s.l., s. d. intégré dans le site cevennesresistance consulté le 1er janvier 2018.— Site MemorialGenWeb consulté le 1er janvier 2018.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément