PETIT Camille Lucien

Par Michel Thébault

Né le 31 octobre 1920 à Sardent (Creuse), exécuté sommairement le 22 août 1944 à Saint-Eloi (Creuse) ; résistant FTPF.

stèle sur la D 940 A au Massebrot
stèle sur la D 940 A au Massebrot

Il était le fils de Silvain Petit âgé de 44 ans à sa naissance, cultivateur et de Marguerite Jabin âgée de 40 ans, tous deux domiciliés au lieu-dit Chironceau, commune de Sardent. Il épousa Germaine, Fernande Mémery, née le 5 juin 1916 au lieu-dit Nouallet, commune de Sardent. Ils étaient en 1944 domiciliés à Sardent. Camille Petit s’engagea dans la résistance. Il rejoignit à une date à préciser un maquis FTPF de la Creuse, la 2103ème compagnie. Cette compagnie appelée aussi La Royère, du nom du lieu-dit sur la commune de Sardent (Creuse) où elle s’était installée à l’automne 1943, prit plus tard le nom de compagnie Brunet du nom de Gabriel Brunet, un jeune maquisard communiste, exécuté sommairement par les Allemands le 7 septembre 1943 sur la commune voisine de Maisonnisses. Le 7 juin 1944, le lieutenant-colonel « François » (Albert Fossey), chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Guéret fut ainsi la première préfecture métropolitaine libérée de France. Il concentra pour cette opération plusieurs maquis creusois. Et parmi elles la 2103ème compagnie FTP qui arriva à Guéret à l’aube du 7 juin 1944. Elle fut engagée dès le début de l’action, contre l’un des points de résistance allemand, l’hôtel Saint-François, place Bonnyaud, siège de la Kommandantur. Camille Petit qui avait reçu le grade de sergent, participa sans nul doute à cette première libération de la ville.
A la fin du mois d’août, et surtout après la reddition de Limoges le 20 août 1944, les forces allemandes et les miliciens qui les accompagnaient refluèrent pour rejoindre l’est de la France. L’un des principaux convois allemands à traverser la Creuse appartenait au 19ème SS Polizei qui avait refusé la reddition à Limoges. Il parvint à Guéret le 23 août 1944. Il fut suivi le 24 août par un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages) parti de Limoges dès le 15 août. Ces convois furent harcelés sans cesse sur leur itinéraire par les forces de la Résistance. Leur principal axe de repli suivait l’itinéraire Bourganeuf – Guéret – Montluçon, pour continuer ensuite en direction de Moulins (Allier). La 2103ème compagnie FTPF (commandée à ce moment par le lieutenant Hurbe) dont faisait partie Camille Petit avait été chargée dès le 14 août par l’État-major départemental FFI de barrer la route entre Sardent et Saint-Christophe, au sud de Guéret. Et c’est sur cet axe, l’actuelle D 940 A, l’ancienne route principale de Bourganeuf à Guéret, sur la commune de Saint-Eloi, au lieu-dit Le Massebrot, que fut tué Camille Petit le 22 août 1944. Selon le récit de Marc Parrotin (Le temps du maquis, op. cit.p. 473) : « Ce soir-là, avant d’arriver à Guéret, les Allemands ou les miliciens ont… massacré Camille Petit, Fernand Alexaline et Léon Mémery, trois cyclistes circulant ensemble sur cette route dangereuse en se rendant à Sardent ». Camille Petit était le beau-frère de Léon Memery âgé de 18 ans.
Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI et Interné-résistant. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Sardent. Il figure également sur le monument commémoratif de Combeauvert (commune de Thauron, Creuse) au titre des morts du canton de Pontarion (Creuse) ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198687, notice PETIT Camille Lucien par Michel Thébault, version mise en ligne le 2 janvier 2018, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

stèle sur la D 940 A au Massebrot
stèle sur la D 940 A au Massebrot

SOURCES : SHG GR 16 P 471194 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — mémorial genweb — État civil.

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