ARLAUD François, Georges [pseudonymes dans la résistance : Come, Victor]

Par Eric Panthou

Né le 2 juillet 1924 à Marseille (Bouches-du-Rhône), fusillé par les Allemands le 17 août 1944 à Saint-Julien-Puy-Lavèze (Puy-de-Dôme) ; cultivateur domicilé à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) dans les maquis du Puy-de-Dôme.

François Arlaud était originaire de Marseille, célibataire et cultivateur domicilié dans cette commune. Il est le fils de Joseph, Jules et de Virginia, née Allois, à Salvoux, commune d’Oulx en val de Suze (Italie). Son père, Jules ou Giusseppe, né lui aussi en val de Suze, est mort le 21 juillet 1941 à Marseille. François avait trois sœurs et trois frères.
Sous l’Occupation, c’est parce que la famille souffrait particulièrement de la faim, que Virginie Arlaud est venue avec ses fils se réfugier auprès de sa sœur Marie Allois, épouse Bournet, qui habitait Mezel (Puy-de-Dôme) où elle s’était mariée. Il fut embauché comme journalier agricole à Mezel.

C’est là que François, alias Come ou Victor, Simon et Louis, alias lieutenant Laurent, les trois frères Arlaud rejoignirent le maquis. François rejoignit le 24 mai 1944 la 8e Compagnie FTP du Puy-de-Dôme, devenue 104e Bataillon, au sein du maquis de Fournol et Ambert basé à Valcivières. Il donna son adhésion au commandant André Rossignol, alias Pigeon et fut sous le commandement de Roger Belligat, alias Alain Derval, commandant du 104° Bataillon.
François Arlaud participa à plusieurs opérations : l’attaque d’un convoi allemand, le désarmement d’une caserne de GMR à Clermont-Ferrand au château de l’Oradou le 24 juin 1944, des sabotages de voies ferrées. Il agit notamment dans le secteur de Lezoux, sous la commandement du 104 ème Bataillon, ex 8ème Compagnie, le capitaine Alain. Il est précisé sur un autre document, qu’il a été soldat de 2éme classe sous les ordres du lieutenant Laurent, qui n’est autre que son frère, Louis Arlaud.

François Arlaud était en convalescence le 15 août 1944. Selon un témoignage familial, malgré le danger, il vint voir sa mère malade qui habitait le village de Mezel. C’est là qu’il fut arrêté, rue Marmondieu, par la Gestapo après avoir été dénoncé par un milicien du village d’à coté. Selon ce même témoignage, François Arlaud aurait été jugé immédiatement et condamné, mais nous ne possédons aucune trace de cet éventuel jugement qui serait survenu à un moment où les exécutions sommaires remplaçaient quasi systématiquement les procédures adjudicataires aussi sommaires soient-elles.

L’État-major des FFI avait décidé de faire intervenir les maquisards, (dont les locaux de la zone III) sur la RN 89 pour retarder une colonne ennemie venant de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) qui allait libérer ses garnisons assiégées en Corrèze. L’embuscade tendue au pont du Fraisse a bloqué l’énorme convoi allemand, infligeant des pertes en hommes. Un retard de plusieurs heures imposé au convoi entraîna la capitulation des garnisons assiégées d’Ussel. Mais au pont du Fraisse, on relève les corps de sept jeunes Français : trois blessés achevés et quatre fusillés.

François Arlaud figure parmi les victimes mais, contrairement à la version donnée par certains responsables FFI, il ne compte pas parmi les combattants tués au combat ce jour là. Jean-Louis Bezeault, un parisien qui a atterri en zone 3 un peu par hasard et qui a probablement conduit cet assaut au pont du Fraisse est formel lorsqu’il établit les pertes de la section : il y a eu 6 morts dont le jeune Roger Boissier qui ne fut identifié que grâce au témoignage de Bezault en 1951. Bezault écrit au verso de la photo du monument du point du Fraisse qu’il y a eu 6 morts régulièrement inscrits dans la 4ème compagnie. François Arnaud n’y figure pas. Une manière de dire que François Arlaud est inscrit sur le monument d’une manière qu’il ne comprend pas. Et une manière de dire qu’il y manque Roger Boissier (qui y fut rajouté par la suite).

Après son arrestation, François Arlaud avait été emmené à la Gestapo et il se trouvait dans le convoi en partance pour Limoges, attaqué par les FFI. François Arlaud a été fusillé le 17 août par les Allemands. Son corps, à demi calciné, fut retrouvé avec celui de René Spako devant la maison incendiée de Marcel Battut.

Lors de l’enquête de gendarmerie faisant suite à la découverte des deux corps et leur identification, il fut indiqué que selon le témoignage du dénommé Pabiot, Directeur du cours complémentaire à Messeix (Puy-de-Dôme) et ancien officier des FFI d’Auvergne, François Arlaud appartenait à la 4ème Compagnie FFI sous le commandement de René Gaidy, alias Capitaine René, un officier de gendarmerie. Ce témoignage, remettant en cause l’appartenance de François Arlaud aux FTP, fut confirmé formellement par Léon Mabrut, alias Willy, l’ex chef de la zone III des FFI d’Auvergne, devenu maire de Bourg-Lastic après-guerre. Selon lui, François Arlaud appartenait à la 5éme Compagnie FFI de cette zone III envoyée pour attaquer ce convoi allemand parti libérer la garnison d’Ussel (Corrèze). Selon Léon Mabrut, c’est au matin du 17 août que François Arlaud et six de ses camarades furent blessés puis fusillés. L’autorité militaire s’interrogea en 1951 sur la présence au Pont-du-Fraisse, à l’ouest du Puy-de-Dôme, au sein d’une compagnie FFI, d’un FTP d’un bataillon agissant dans le secteur de Thiers, à l’est du Puy-de-Dôme. Léon Mabrut avait soit commis une erreur, soit avait déclaré le jeune Arlaud comme FFI afin de lui voir reconnaître ses droits.
En réalité, selon les témoignages recueillis auprès de sa famille et selon son dossier d’homologation de FFI et l’attestation du capitaine Alain, il a été arrêté alors qu’il était en convalescence.
Pour quelle raison fut-il emmené par la brigade Jesser dans son trajet de Clermont-Ferrand à Ussel et Egletons pour combattre les FFI Corréziens ? Non originaire de la région, ne connaissant pas du tout l’ouest du département, on imagine mal qu’il ait pu être utilisé par les Allemands dans leur trajet pour des renseignements particulier.
En outre, il n’y a pas d’autre prisonnier venu de Clermont-Ferrand exécuté comme lui par la Brigade.
Selon la gendarmerie, il fut identifié par sa sœur, tandis que le souvenirs familiaux évoquent une identification par son frère Louis. A-t-il pu y avoir erreur d’identification ? Sans doute pas. Reste donc posée l’interrogation sur les raisons de sa présence dans ce convoi.
Il a été reconnu Mort pour la France, tué à l’ennemi, homologué FFI, avec services homologués du 24 mai au 17 août 1944. En 1954 il a reçu à titre posthume la carte de Combattant Volontaire de la Résistance (CVR).
Son nom figure sur le monument commémoratif de Saint-Julien-Puy-Lavèze où il a été tué ainsi qu’à Mezel (Puy-de-Dôme). Une plaque à son nom existe aussi au pied du monument en hommage aux combattants du Pont de Fraisse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198757, notice ARLAUD François, Georges [pseudonymes dans la résistance : Come, Victor] par Eric Panthou, version mise en ligne le 6 janvier 2018, dernière modification le 11 mai 2019.

Par Eric Panthou

Plaque François Arlaud
Plaque François Arlaud
Plaque commémorative en hommage à François Arlaud, au pied de la stèle en hommage aux combattants morts au Pont de Fraisse

SOURCES : AVCC dossier de résistant : AC 21 P 8992 (non consulté) .— SHD Vincennes, dossier de résistant : GR 16 P 16947 .— SHD Vincennes, dossier de résistant de Roger Boissier .— Arch. dép. du puy-de-Dôme : Dossier nominatif d’attribution de la carte du combattant volontaire de la résistance à François Arlaud : 2546 W 3233 .— "Hommage aux combattants du "Pont-du-Fraisse", Résistance d’Auvergne ; n°171, septembre 2017 .— Entretien téléphonique avec Marguerite Arlaud, sa belle-sœur, 10 avril 2018 .— Courriel de Dominique Leray-Arlaud, sa nièce, à Eric Panthou, le 7 janvier 2019 .— MémorialGenWeb .— Mémoire des Hommes .— Compléments par Laurent Battut.

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