CHAUVEIX Yvon, Marius, Alphonse [pseudonyme dans la résistance : Jean-Claude]

Par Eric Panthou

Né le 7 juillet 1923 à Aydat (Puy-de-Dôme), exécuté sommairement par les SS le 23 août 1944 à Chamalières (Puy-de-Dôme) ; cuisinier ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur.

Fils de Antoine, cultivateur, et de Francisca, Jeanne, Hermine Pabot, Yvon Chauveix était célibataire et exerçait la profession de cuisinier. Il habitait Rouillas-Bas, commune d’Aydat (Puy-de-Dôme).
Il serait rentré dans la Résistance le 15 août 1943 sous les ordres du sous-lieutenant Drouot. Il rejoignit le maquis le 3 mai 1944 à Deux-Verges (Cantal). Il appartenait au 2ème Corps franc des FFI d’Auvergne, Groupe Revanche. Il participa à plusieurs missions sous le grade et pseudonyme de sergent Jean-Claude.

Le matin du 23 août 1944, vers 6 heures, un groupe de FFI venant la veille du château de Cordès, près d’Orcival (Puy-de-Dôme), vient charger du matériel à Chamalières pour le ramener à Murol, sur ordre du colonel Vidal. Ce convoi provenait de la Société des Transports automobiles de l’Administration Centrale (STAAC), 50 avenue des Thermes à Chamalières. Ce garage était semble-t-il celui du Ministère de l’Air, installé ici.
Le convoi se composait de cinq véhicules dont un camion, une camionnette et deux voitures légères, sous les ordres du lieutenant Maurice Beck. celui-ci portait un brassard tricolore et un insigne du 92ème régiment d’infanterie de Clermont-Ferrand. Seul le dernier véhicule a pu être intercepté par les troupes allemandes qui tirèrent dessus, rue Paul Bert à Chamalières. Parmi les hommes ayant pu fuir dans les autres véhicules, figure notamment Gabriel Raymond.
6 ou 7 grenades et 3 mitraillettes et un mousqueton furent trouvés dans la voiture. Un accident mécanique avait empêché le conducteur de redémarrer après les coups de feu. En outre, selon un témoin, le réservoir été crevé. La voiture fut récupérée un quart d’heure plus tard par les Allemands et poussé à bras vers la cour des bâtiments des Missions africaines qui servaient de casernement aux troupes du 95ème Régiment de Sécurité qui comprenait deux compagnies, représentant environ 300 hommes au total. Ce sont les hommes de la 2ème Compagnie qui seront considérés responsables des arrestations et exécutions.

5 jeunes volontaires des Forces françaises de l’intérieur sont arrêtés et conduits par les Allemands en salle des missions africaines où est cantonnée une compagnie du 95 éme régiment SS.
L’interrogatoire est très bref. Les cinq hommes sont fusillés sur le champ, avant 7h20, et enterrés sur l’ordre d’un officier. Yvon Chauveix, 21 ans,est l’un des cinq jeunes FFI fusillés, aux côtés de Maurice Beck, Serge Brousse, René Pélatan, le chauffeur, et Robert Meunier.

Dès le 28 août au soir, au lendemain de la Libération de Clermont-Ferrand, des fouilles sont entreprises aux Missions africaines, mais on n’y trouva que quelques affaires personnelles des victimes, des traces de sang mais pas les corps.
Ainsi, lorsque en avril 1945 une enquête est lancée pour crime de guerre à propos de ces 5 disparitions, l’auteur du rapport conclut à la possible non exécution des 5 FFI et à leur possible déportation.

Après de nombreuses recherches et fouilles demandées par les parents des victimes, les cinq corps furent retrouvés et exhumés le 4 mars 1949 à l’Arsenal des Gravanches de Clermont-Ferrand en présence des familles et des autorités locales.

Les obsèques furent célébrées le 7 mars 1949 en la cathédrale de Clermont-Ferrand. Une stèle a été érigée en leur mémoire à Chamalières où ils ont été fusillés. Une rue porte le nom d’Yvon Chauveix à Rouillas-Bas (Puy-de-Dôme).

En 1955, il a reçu à titre posthume la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). Il a également été homologué sergent FFI pour la période du 3 mai au 23 août 1944. Il a aussi reçu la Croix de guerre avec étoile vermeil.
Il a été reconnu "Mort pour la France". Son extrait de naissance porte une mention de date de décès au 24 août 1944 tandis que les autres documents font état d’un décès le 23 août.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198761, notice CHAUVEIX Yvon, Marius, Alphonse [pseudonyme dans la résistance : Jean-Claude] par Eric Panthou, version mise en ligne le 6 janvier 2018, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Eric Panthou

Source : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 205 : enquête pour crime de guerre aux Missions africaines à Chamalières .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 2546 W 4614. Dossier Carte de Combattant Volontaire de la Résistance pour Yvon Chauveix .— AVCC Caen, AC 21 P 43390. Dossier Yvon Chauveix (non consulté) .— SHD Vincennes, GR 16 P 124617. Dossier Yvon Chauveix (non consulté) .— "Chamalières : cinq résistants fusillés", Résistance d’Auvergne, n°171, septembre 2017 ; "Il est aujourd’hui le seul rescapé du convoi de la rue de Galoubies" ; La Montagne, 26 août 2013 .— état civil Aydat.

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