GOURDOUX Jean

Par Daniel Grason

Né le 31 décembre 1900 à Laplagne commune de Maussac arrondissement d’Ussel (Corrèze), mort le 3 mai 1982 à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine ; maçon, perceur, manœuvre spécialisé ; militant communiste de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) ; déporté à Mauthausen (Autriche).

Fils de François et de Marie, née Rigaudie, un couple de paysans très pauvres, illettrés. Jean Gourdoux de la classe 1920, recrutement de Tulle a été incorporé au 2e Train des Escadrons à Limoges (Haute-Vienne). Il vint en région parisienne et s’installa 3 bis rue Royer-Bendelé dans le quartier des Grésillons à Gennevilliers. Il épousa Amélie Nony, le couple eut deux enfants, un fils Jean et une fille Ginette. Il adhéra au Parti communiste en 1937, était membre de la cellule du quartier.
Lors de la déclaration de guerre, il ne fut pas mobilisé mais affecté spécial aux Ateliers Précis 221 boulevard Saint-Denis à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine), en qualité de manœuvre spécialisé.
Au mois d’août 1940, il rencontra René Sevi et Raymond Colin, ils le sollicitèrent pour des actions militantes. Marcel Lamour lui apporta des tracts à diffuser. En novembre 1940, il annonça à Raymond Ribon qu’Hippolyte Génard lui apporterait des tracts à diffuser. En novembre 1940, il annonça à Raymond Ribon qu’Hippolyte Génard apporterait des tracts à diffuser.
En janvier 1941, il sollicita Raymond Ribon pour qu’il accepta de devenir le responsable politique du quartier des Grésillons et la femme Ferrer la trésorière. François Carcedo présenta Jean Gourdoux à Jules Mathurin.
Le même mois, la section communiste de Gennevilliers composée de plusieurs noyaux militants était reconstituée. François Carcedo responsable politique de plusieurs villes du secteur : Villeneuve-la-Garenne, Gennevilliers, Asnières, Levallois-Perret, Puteaux et Suresnes lui rendit visite et le mis en contact avec Jules Mathurin et Hippolyte Génard. Le nombre de militants était toutefois limité, une vingtaine de membres dont trois couples.
En février 1941, accompagné d’Hippolyte Génard et d’Eugène Toulgoat, Jean Gourdoux rendit visite à d’anciens adhérents du parti communiste du quartier du centre. Il participa à trois réunions avec Hippolyte Génard, Jules Mathurin et Adèle Ribon.
Le 21 février 1941, Jean Gourdoux fut interpellé sur son lieu de travail à Courbevoie par des inspecteurs de de la Brigade spéciale d’intervention (BSi) du commissariat de Puteaux. Interrogé dans les locaux du commissariat il a été battu à plusieurs reprises.
Lors de son audition le 18 mars 1941 devant un Juge d’instruction, Jean Gourdoux était assisté par Maître Michelis Rolnikas, avocat communiste, il sera fusillé quelques mois plus tard comme otage. Gourdoux protesta d’emblée contre son inculpation : « Depuis la dissolution du parti et même depuis le mois de juin 1939, je n’ai fait aucun acte de propagande communiste. »
Il ajouta : « Je reviens complètement sur les déclarations que j’ai faite à la police sous la contrainte. » Le juge rappela les déclarations, il persista : « Toutes ces déclarations sont fausses. Ni Sevi, ni Colin ne m’ont pressenti pour reprendre une activité communiste. Personne ne m’a apporté de matériel de propagande et je n’en ai pas distribué. »
« Je ne connais ni Lucien, ni Jean et personne ne m’a donné de directives pour reconstituer la section de Gennevilliers. »
Il reconnut connaître le couple Ribon, ils avaient un jardin voisin du sien. Il précisa « Je n’ai aucun rapport avec eux au sujet de la propagande communiste. » Quant à Mathurin et Génard, il ne les connaissait pas, il affirma « je ne sais rien de l’organisation clandestine du parti communiste. »
Le Juge d’instruction lut les déclarations de Mathurin et de Génard qui affirmaient le contraire. Jean Gourdoux persista. La lecture de la déposition de François Carcedo ne l’ébranla pas, il s’exclama « C’est faux ! ». Il n’était pas dupe, il connaissait pour avoir été lui-même tabassé les méthodes du commissaire Bizoire et de ses hommes.
Jean Gourdoux reconnut une seule activité, d’ordre syndical : « aux Établissements Précis 229 boulevard Saint-Denis à Courbevoie. » Il apporta une précision « Il s’agissait d’adhésions au syndical officiel. » Organisation dépendant des autorités de Vichy.
Il comparut le 21 octobre 1941 en compagnie de dix-neuf autres inculpés devant la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris. Jean Gourdoux fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Incarcéré à Fresnes ou à la Santé, le 12 décembre 1941 il était envoyé à la prison de Fontevrault (Loir-et-Cher), numéro d’écrou 2015. Le 23 octobre 1943, il fut transféré à la prison de Blois (Loir-et-Cher). Á une date inconnue, il quitta la prison pour le camp d’internement de Compiègne.
Le 28 février 1944, il était dans un convoi de quarante-neuf hommes regroupés dans des wagons de voyageurs aux fenêtres grillagées. Les wagons étaient accrochés au train de la ligne régulière vers l’Allemagne. Les détenus arrivèrent le lendemain à la gare de Sarrebruck d’où ils furent conduits au camp de Neue Bremm. Ils y restèrent un mois avant d’être tous transférés au camp de concentration de Mauthausen (Autriche). Dans ce transport Paul Collette, Artur London, et quatre résistants impliqués dans le même groupe que Jean Gourdoux : Hippolyte Génard, Fernand Lebreton, et Eugène Toulgoat.
Son épouse Amélie Gourdoux témoigna devant une commission rogatoire en mars 1945, elle déclara que quatre inspecteurs accompagnés du commissaire Lucien Bizoire étaient venus le jour de l’arrestation de son mari perquisitionner le logement… sans succès. Elle déclara que son mari avait « été violemment frappé » au cours de son interrogatoire « et conduit au dépôt puis à la prison de la Santé. » Elle précisa qu’il était « rentré le 19 mai 1945, mais étant très faible il est allé se reposer pour quelques temps à Cormont dans le Loiret. » Le lieu situé à côté de Nogent-sur-Vernisson était une colonie de la ville de Gennevilliers, d’autres rescapés des camps de concentration y séjournèrent.
Jean Gourdoux a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF). Il reprit son activité professionnelle et politique au sein du Parti communiste. Homme affable et discret, il diffusait régulièrement l’Humanité dimanche dans le quartier des Grésillons, participait aux activités de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP).
Il mourut le 3 mai 1982 à Asnières, sa fille Ginette déclara son décès en mairie d’Asnières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198769, notice GOURDOUX Jean par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 janvier 2018, dernière modification le 14 avril 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/11. – Arch. PPo. BA 1928, BA 2057, KB 11, 77W 3124. – Bureau Résistance GR 16 P 265386. – Roger Poitevin, Abbaye-Bagne de Fontevraud 1940-1944, Éd. AFMD 49, 2009. – AD Corrèze 2 E 130/11 acte N° 13. – Acte de décès état civil de Gennevilliers (transmis par les AM de Gennevilliers).

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