CHIEUS Émile

Par Jean-Pierre Bonnet, Yvette Fabre-Anselin

Né le 25 avril 1910 à Ennetières-en-Weppes (Nord), mort le 20 août 2006 à La Chapelle-d’Armentières (Nord) ; facteur SNCF à Lille (Nord) puis artisan ; résistant ; syndicaliste cheminot CGT révoqué en 1948 ; militant communiste.

Né dans une famille d’artisans de six enfants, d’une mère catholique et d’un père qui fut militant socialiste, Émile Chieus obtint son certificat d’études puis travailla dans le bâtiment à partir de 1922.
Entré à la SNCF au service Exploitation le 3 mars 1937, il militait à la CGT jusqu’à la guerre et devint responsable syndical de secteur. Après avoir été membre des Jeunesses communistes, il entra au Parti communiste en 1936. Mobilisé en 1939, il fut amené sur la frontière belge puis en Alsace. Fait prisonnier, il fut libéré comme cheminot en septembre 1940. Entré dans la Résistance en 1940, en liaison avec la famille Decrock et avec ses frères Louis et Henri, il multiplia les « groupes de trois » au-delà d’Houplines, Armentières, La Bassée. Dénoncé par un habitant d’Ennetières-en-Weppes, il échappa à la Gestapo venue l’arrêter à Lille-Délivrance grâce à l’intervention du chef de gare M. Bizet, qui le prévint, mais il dut entrer dans la clandestinité à partir de 1943. En liaison avec Louis Lallemand, il établit des contacts sur le réseau Paris-Orléans, puis sur le réseau PLM, comme FTPF, il participa à la recherche de munitions et au sabotage de voies ferrées notamment autour d’Auxerre, Nevers, Dijon.
À la Libération, Émile Chieus reprit son poste de facteur à Lille-Délivrance où il était l’un des piliers du syndicalisme CGT. En 1947, il fut élu secrétaire du deuxième secteur de Lille. Déjà plusieurs fois mis en cause pour son activité syndicale depuis les grèves de novembre-décembre 1947, il fut révoqué en juin 1948 à la suite d’une altercation avec un inspecteur. Il ne devait retrouver ses droits qu’en 1982. En 1948, il resta pendant huit mois sans salaire ni allocations familiales, mais il eut toujours le soutien de sa femme. Employé de nouveau dans le bâtiment, chez Caroni, il y garda des activités syndicales. Secrétaire de cellule à Ennetières-en-Weppes, il était aussi membre des Échanges franco-allemands. De 1957 à 1974, il travailla durement comme petit artisan et resta membre du Parti communiste dont il est un vétéran.
Marié, Émile Chieus était père de trois enfants.
Décédé le 20 août 2006, il fut enterré le 24 août à Herniès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19881, notice CHIEUS Émile par Jean-Pierre Bonnet, Yvette Fabre-Anselin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jean-Pierre Bonnet, Yvette Fabre-Anselin

SOURCES : Arch. Fédération CGT des Cheminots. — J.-M. Fossier, Nord-Pas-de-Calais, Zone interdite, Éditions sociales, 1977. — Renseignements communiqués par le militant. — Liberté hebdo, fin août 2006.

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