PEIGUE Étienne

Par Eric Panthou

Né le 9 novembre 1881 à Bellenaves (Allier), décédé le 9 avril 1971 à Bellenaves, cheminot, révoqué en 1920, militant au sein du Parti communiste (PCF) et de la Confédération générale du Travail (CGT) ; résistant.

Le nom de "Peigue" -s’orthographiant parfois “Peigne”- est d’origine judéo-espagnole, les ancêtres d’Henri Peigue ont été chassés d’Espagne en 1492 et se sont initialement installés au pays basque.
Étienne Peigue était serrurier avec son père. Il obtint son certificat d’études en 1894. Il se maria le 30 janvier 1911, à Bellenaves, à Jeanne Bidaud.
C’est après son service militaire qu’il rentra à la SNCF comme mécanicien, dans la compagnie PLM. En octobre 1919, avec ses collègues du dépôt de Chambéry, Peigue fait grève pendant 48 heures pour empêcher l’acheminement de troupes françaises qui menaçaient de s’en prendre aux Italiens.
Il fut révoqué après avoir participé à la grève de février 1920 puis à celle de 29 jours en mai 1920, au dépôt de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il adhéra au Parti communiste dès sa fondation. En décembre 1921, il reçoit les remerciements du “Comité de train de secours au peuple russe” pour l’envoi d’un colis en solidarité avec ses “frères révolutionnaires”.

En novembre 1926 il est à la tribune d’un meeting des cheminots à Clermont et prend la tête de la manifestation qui s’en suit. C’est lui qui en octobre 1926 remplace Pérol à la tête de la rédaction du journal hebdomadaire de la région Auvergne du PCF, le Cri du Peuple. Il habite alors Clermont-Ferrand. Il est remplacé dès 1927 par Brunstein à la tête du journal.Toujours en 1926, il est signalé comme l’un des animateurs de la cellule des cheminots de la compagnie PLM à Clermont-Ferrand.

Après avoir été révoqué, il ne retrouva pas du travail et se retira plus tard dans son village natale de Bellenaves. En 1935, il obtient du préfet de l’Allier l’autorisation d’exercer la profession de colporteur et de distributeur de journaux, livres, brochures. C’est sous le gouvernement Blum en 1936 qu’il a pu toucher une pension d’ancien cheminot qui l’aide à vivre, largement en autarcie. Au moment de la guerre d’Espagne, il semble avoir joué un rôle en faveur de la solidarité avec les républicains espagnols.

Étienne Peigue figure parmi les militants qui dès la dissolution du PCF en 1939 vont participer à sa réorganisation clandestine. Il a sans doute participer à la protection de familles juives. Les gendarmes de Bellenaves, où il vivait, le prévenait dès que des contrôles étaient annoncés. Il joua un rôle de liaison entre le Parti et la maquis, en particulier le Camp Hoche, maquis FTP dans l’Allier, dans la forêt des Colettes. Peigue est notamment chargé de récupérer, et sans doute analyser, les biographies que devaient remplir les membres du Parti sous la clandestinité et devant permettre au Parti. Il ne voulut plus parler de cette période ensuite.

Étienne Peigue est resté communiste jusqu’à sa mort, mais n’a plus occupé de responsabilités après-guerre apparemment. Il resta à Bellenaves jusqu’à la fin de ses jours.

Son fils unique, Henri Peigue fut militant des Jeunes communistes avant guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198838, notice PEIGUE Étienne par Eric Panthou, version mise en ligne le 6 janvier 2018, dernière modification le 4 septembre 2020.

Par Eric Panthou

Sources :
Archives Alphonse Rozier : cassette d’entretien d’Alphonse Rozier, par John Sweets. 12 août 1975 ; André Sérézat, Et les Bourbonnais se levèrent : témoignages et contribution à l’histoire de la résistance dans l’Allier, éditions Créer, 1985.- Jean Débordes, L’Allier dans la Guerre 1939-1945, Clermont-Ferrand, éditions Gérard Tisserand, 2000, p. 154 ; L’Allier Naissance de la Résistance armée dans l’Allier, tome 3, p. 27. [en ligne] http://robert.fallut.pagesperso-orange.fr/ ; Le Cri du Peuple, 9 novembre 1926 ; Entretien sa belle-fille, Hélène Peigue-Lafeuille, le 14 décembre 2017 ; Lettre du “Comité de train de secours au peuple russe” à Étienne Peigue, 19 décembre 1921 ; Cartes de grève de février et mai 1920, Union du PLM, Syndicat de Clermont ; Autorisation d’exercer la profession de colporteur, délivrée par le préfet de l’Allier, 6 mai 1935 (archives privée de madame Peigue-Lafeuille). Archives départementales du Puy-de-Dôme. Le Commissaire central de Clermont-Ferrand au préfet du Puy-de-Dôme, le 18 août 1926.

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