ASTOUX Pierre, André, Louis. Pseudonyme "Chêne"

Par Jacques Girault

Né le 25 août 1906 à Cannes (Alpes-Maritimes), mort le 30 septembre 1994 à Cannes ; instituteur ; militant communiste, résistant, adjoint au maire de Cannes à la Libération.

Fils d’un sculpteur-plâtrier d’opinions radicales-socialistes, Pierre Astoux, élevé par son oncle instituteur, reçut une éducation religieuse, fréquenta le collège municipal de Cannes et obtint le baccalauréat (mathématiques) en 1923. Après avoir suivi les cours de la classe de mathématiques spéciales au lycée Thiers à Marseille (Bouches-du-Rhône), il commença des études de chimie à la Faculté des sciences qu’il dut interrompre après le décès de son père. Membre de la Jeunesse communiste dans le quartier de la Belle-de-Mai à Marseille vers 1927, après son service militaire où il refusa de suivre le peloton d’officiers, il devint instituteur et se maria uniquement civilement avec une institutrice, membre du Parti communiste français en 1945, fille d’un cheminot. Ils exercèrent dans les années 1930 à Théoule (Alpes-Maritimes) et eurent trois enfants.

Membre du Syndicat national des instituteurs, des Amis de l’Union soviétique, Pierre Astoux adhéra au Parti communiste en 1934 et devint secrétaire de la cellule de Théoule, puis de la section de Cannes-La Bocca en 1936 mais désapprouva la politique de la "main tendue" en direction des ouvriers catholiques. Toutefois il quitta le Parti en novembre 1937 "parce que je n’admettais pas le totalitarisme de Staline" (selon son témoignage en 1975). Dans la biographie qu’il composa pour la direction du Parti en avril 1945, il revint sur ce désaccord. Il indiqua qu’il n’était plus d’accord avec la ligne politique du Parti, expliqua qu’il était alors surmené à la suite des déplacements qu’il devait faire entre son domicile, son école et les diverses tâches du secrétariat de section. Il traversa alors une « crise de dépression qui me met en infériorité intellectuelle et ne me permet pas de réagir contre une propagande gauchiste faite auprès de moi par un ancien membre de la cellule de Mandelieu ». Mais il continua à fréquenter des militants communistes et lut des ouvrages théoriques. Il commentait ainsi le sens qu’il attribuait à cet épisode : « je crois que cette faute m’a été profitable car elle m’a prouvé qu’après avoir quitté le Parti, je demeurais communiste et elle m’a permis de comprendre le danger que représente la stupide exaltation gauchiste ».

Il fit grève le 30 novembre 1938, selon son témoignage et fut nommément accusé dans L’Éclaireur de Nice de complicité dans une tentative d’attentat lors de la grève. Plus tard, en août 1940, il écrivit à l’inspecteur d’académie qu’il n’avait pas suivi le mot d’ordre de grève.

Instituteur à Cannes, mobilisé en septembre 1939 dans une Compagnie d’ouvriers d’artillerie coloniale à Toulon (Var), Pierre Astoux eut son domicile perquisitionné en avril 1940. Démobilisé en juillet, emprisonné une quinzaine de jours pour "propagande communiste", il fut révoqué de l’enseignement à la suite d’un arrêté préfectoral du 14 septembre 1940. Devenu constructeur radio, il réadhéra au Parti communiste en 1941 (selon son témoignage en 1975) ou en février 1943 (selon la biographie de 1945), participa à l’action clandestine des communistes, du mouvement Libération Sud et fut le responsable politique (pseudonyme "Chêne") du triangle de direction communiste de la région Cannes-Antibes (section F). Il fut homologué membre des FFI.

Après avoir été un des fondateurs du Comité local de Libération, membre de la délégation spéciale de Cannes, Pierre Astoux, réintégré dans l’enseignement, fut mis à la disposition du CLL par l’inspecteur d’académie, le 4 décembre 1944. Il prit part à l’école interrégionale communiste à Marseille (décembre 1944). Le responsable le jugeait ainsi : "Un peu sectaire, mais pourra devenir un propagandiste. Doit se débarrasser de survivances gauchistes". Membre du bureau de la section communiste de Cannes, il fut chargé d’une école de section et intégré dans le comité départemental du PCF.

Élu conseiller municipal en 1945, adjoint au maire de Cannes, délégué à la jeunesse et à l’instruction publique, Astoux contribua à relancer le mouvement des auberges de jeunesse. Il entra alors en conflit avec les communistes locaux qui voyaient dans les auberges une concurrence au mouvement de la Jeunesse communiste. Il militait aussi dans l’association France-URSS.

Veuf en 1955, Pierre Astoux se remaria en juillet 1956 à Vierzon (Cher), avec une institutrice exerçant dans le Cher.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198856, notice ASTOUX Pierre, André, Louis. Pseudonyme "Chêne" par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 janvier 2018, dernière modification le 21 septembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Alpes-Maritimes, fonds de l’inspection d’Académie non classé en 1975. — Arch Parti communiste français. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 20011. — Presse locale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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