SÈVE Louis, Marie, Augustin

Par Jean-Luc Marquer

Né le 10 juillet 1923 à Saint Denis-de-Cabanne (Loire), exécuté sommairement le 18 juin 1944 à Roche (Isère) ; Séminariste ; Réfractaire au STO, homologué interné politique (D.I.P.)

Louis, Marie, Augustin SÈVE
Louis, Marie, Augustin SÈVE
Source : Commune de Roche (Isère), numérisée par le Mémorial National de la prison de Montluc

Louis, Marie, Augustin Sève était le fils d’Hippolyte, Louis Sève, directeur d’une usine de tissage de soieries, mort accidentellement en 1933, et de Marie Augustine Debiesse, comptable. Il était le second enfant parmi cinq. La famille habitait depuis 1925 à Saint-Georges-d’Espéranche (Isère).

En 1934, Louis Sève entra au petit séminaire de Voreppe (Isère). Après avoir obtenu le bac avec mention en 1940, il rejoignit le grand séminaire de La Tronche (Isère) où il se prépara à la prêtrise.

En juillet 1943, il fut appelé aux « Chantiers de Jeunesse » dans le Jura mais déserta en septembre pour échapper au Service du travail obligatoire (STO).
Après quelques jours dans la maison familiale, il se cacha alors sous un faux nom parmi le personnel de l’Institution Robin à Vienne (Isère), remplissant des fonctions de surveillant et de professeur intérimaire.

C’est dans les locaux de l’Institution qu’il fut arrêté le 25 mai 1944 par des membres de la Gestapo venus de Lyon (Rhône) et qui voulaient mettre un terme aux activités de résistance à Vienne. Conduit à la caserne Rambaud, il fut transféré dans la soirée à l’École de santé militaire de Lyon, siège de la Gestapo, et emprisonné dans les caves.
Le lendemain, un bombardement aérien allié, visant les installations ferroviaires lyonnaises, détruisit le bâtiment. Extrait sain et sauf des décombres, Louis Sève fut transféré à la prison de Montluc et affecté à la cellule 118.
Un de ses codétenus, M. Henri Baudat, qui fut libéré quelques jours avant le 18 juin, donna un témoignage de première main : Louis Sève lui raconta avoir été interrogé sans être frappé ou torturé au siège de la Gestapo qui lui reprochait d’être complice du directeur de l’Institution Robin et d’autres personnes qui cachaient des réfractaires au STO. Il dit également que l’inspecteur qui l’avait interrogé lui avait promis que la sanction serait un envoi en Allemagne comme travailleur libre.

Le 18 juin 1944, Louis Sève et dix-neuf autres détenus furent extraits de la prison de Montluc et sommairement exécutés par des soldats allemands au lieu-dit la Croix-Châtain à Roche (Isère).

Louis Sève fut identifié dès le 20 juin par l’abbé Joseph Gros et l’abbé Maurice Cattin, supérieur de l’Institution Robin, qui, s’occupant d’un camp scout à quelques kilomètres de Roche et ayant entendu parler du massacre, vinrent vérifier si l’abbé Sève ne faisait pas partie des victimes. Sa mère l’identifia officiellement le 22 juin. Son corps fut ramené et enterré à Saint-Georges-d’Espéranche.

Son nom figure sur le monument aux morts de cette commune, sur la plaque commémorative 1939-1945 de l’Institution Robin à Sainte-Colombe (Rhône) et sur le monument commémoratif érigé sur le lieu des exécutions.

Il obtint la mention « Mort pour la France » le 14 mars 1945 et le titre d’interné politique le 25 avril 1955.

Voir Roche

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198946, notice SÈVE Louis, Marie, Augustin par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 9 janvier 2018, dernière modification le 2 mai 2021.

Par Jean-Luc Marquer

Louis, Marie, Augustin SÈVE
Louis, Marie, Augustin SÈVE
Source : Commune de Roche (Isère), numérisée par le Mémorial National de la prison de Montluc

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression (3808 W 0591 et 3808 W 0601), 3335 W 22, 3335 W 9 — AVCC, Caen, 21P538638 — SÈVE Paul, L’Élan brisé, témoignage, Ed. du Mont Popey, 2001 — BERGER Jean-Daniel, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère : en 2 volumes Tome 1, Juin 1940-juin 1944, Tome 2, Juin-septembre 1944, Impressions Modernes (Guilherand-Granges), 2001

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