CHIRIO Georges, André

Par Paul Boulland

Né le 29 avril 1923 à Paris (XIVe arr.) ; tourneur-outilleur ; membre du secrétariat de la fédération communiste de Seine-Nord-Est (1957-1962) ; membre du comité central du PCF (1967-1982) ; administrateur de l’Humanité.

Son père, électricien, était décrit en 1947 comme sympathisant communiste et, à la même époque, sa mère, née Grosil, concierge, était membre du PCF. Georges Chirio était titulaire du certificat d’études primaires et d’un CAP de tourneur. En 1943, alors qu’il travaillait à l’usine des pompes Guimard, il fut requis pour le STO. Ne parvenant pas à se soustraire à la réquisition, il partit pour l’Allemagne avec un groupe de travailleurs de l’entreprise. Envoyé d’abord à Nuremberg puis à Pegnitz, il fut emprisonné quelques jours avec d’autres requis qui manifestaient un « état d’esprit défavorable ». Affecté ensuite à Regensburg, il fut contacté par un militant socialiste, membre d’un groupe de prisonniers de guerre transformés qui avaient constitué un groupe culturel dissimulant un travail de propagande anti-allemande et anti-pétainiste. Après la dénonciation du groupe et par crainte d’une arrestation, Georges Chirio et deux de ses camarades s’évadèrent, munis de faux sauf-conduits. Arrêtés peu après, ils furent déportés à Dachau.
À son retour, Georges Chirio reprit son métier de tourneur-outilleur et adhéra au PCF, à l’UJRF et à la CGT, en septembre 1945. Militant de la Plaine-Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) il était, en 1947, secrétaire local de l’UJRF, secrétaire adjoint de sa cellule et secrétaire de la section CGT de son entreprise. Il suivit à cette époque une école fédérale au cours de laquelle il manifesta de « bonnes notions théoriques » et une certaine « facilité d’expression », ce qui en faisait un militant « à pousser sur le travail parmi la jeunesse ». Au début des années 1950, après le regroupement des sections Saint-Denis-Centre et Plaine-Saint-Denis, il devint l’un des dirigeants locaux du parti. Lors de la 6e conférence fédérale de la Seine, en février 1953, il prononça une longue intervention sur la situation du parti à Saint-Denis et les problèmes de l’unité ouvrière. Il se prononçait notamment pour la décentralisation de la fédération de la Seine. Il fut élu membre du comité fédéral de la Seine à l’issue de la conférence. Dans les semaines suivantes, lors de la création de la fédération de Seine-Nord-Est il fut envisagé comme membre du secrétariat mais la section des cadres, n’ayant pas encore totalement examiné son parcours pendant la guerre, il fut seulement élu au bureau fédéral. Il était alors secrétaire de la section de Saint-Denis et le resta jusqu’en 1957, s’affirmant comme « un bon dirigeant à Saint-Denis » selon la fédération. Entre octobre 1954 et février 1955, il suivit les cours de l’école centrale de quatre mois et se distingua par son « intelligence vive, fine », ses qualités de rédaction et d’expression et son « expérience politique appréciable ». À nouveau envisagé pour le secrétariat fédéral en 1954, il l’intégra finalement en novembre 1956, en remplacement de René Ben Hamou*. En 1962, il quitta cette responsabilité pour assister Georges Marchais* comme collaborateur permanent de la section d’organisation du comité central du PCF, tout en restant membre du bureau fédéral. Devenu administrateur du journal l’Humanité, il quitta le bureau fédéral en 1964 puis le comité fédéral en 1966 mais resta membre du comité de la section Saint-Denis-Plaine. Il fit son entrée au comité central en 1967, en tant que suppléant, lors du XVIIIe congrès du PCF à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Promu titulaire en 1972, il fut notamment chargé du suivi de la fédération d’Eure-et-Loir et, en 1976, travailla avec Claude Poperen* au secteur fédérations. En 1979, puis en janvier 1982, il confia par courrier à Gaston Plissonnier* son souhait de ne pas être reconduit au comité central, pour raisons personnelles et de santé. Il ne fut pas réélu lors du XXIVe congrès, en février 1982.
En 1947, Georges Chirio était membre de diverses organisations de masse, notamment la FNDIRP, France-Espagne et le Secours populaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19906, notice CHIRIO Georges, André par Paul Boulland, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Paul Boulland

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch fédération PCF de Seine-Saint-Denis.

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