CHAUSSAT Robert Emile

Par Michel Thébault

Né le 22 février 1920 à Saint Médard (Creuse), mort en action le 26 août 1944 à Caudéran (Gironde) ; résistant OCM.

Il était originaire d’un petit village de la Creuse, Saint Médard (aujourd’hui Saint-Médard-la-Rochette, Creuse) à quelques kilomètres au nord d’Aubusson. Ses parents Louis Chaussat et Ida, Gabrielle Laporte s’étaient mariés à Saint-Médard le 6 juillet 1918, il était leur fils aîné.
Pour des raisons qui restent à préciser, il s’engagea, dans la région de Bordeaux, dans la Résistance, rejoignant un groupe de l’OCM (Organisation Civile et Militaire), le groupe Riou à Caudéran, dans la banlieue de Bordeaux.
En août 1944, la situation militaire de l’armée allemande sur le front de l’ouest se dégrada brutalement. Le 19 août un ordre de repli général fut donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Le commandement allemand prit alors la décision de détruire par explosif les infrastructures portuaires de Bordeaux, et d’obstruer l’estuaire, en coulant près de 200 navires dans la Garonne (elle restera impraticable jusqu’en 1949). La destruction de la zone portuaire prévue aux environs du 25 août fut rendue impossible par le sabotage et l’explosion le 22 août à l’initiative d’un soldat allemand du bunker de la rue Raze, à Bacalan, qui contenait tout le stock d’explosifs de l’armée allemande. Les troupes allemandes évacuèrent la ville, en abandonnant leur plan de destruction massive, les 26 et 27 août (Bordeaux fut totalement libérée le 28 août 1944). Le 26 août, les groupes de résistants reçurent l’ordre du commandement FFI de s’emparer des édifices publics et de prendre le contrôle des lieux stratégiques. Ce fut dans ces circonstances que fut tué ce même jour à Caudéran, Robert Chaussat en même temps que deux camarades, Marc Goudal et Maurice Ordonnaud,. Un rapport du responsable FFI de Caudéran au Général commandant la région " B ", daté du 8 septembre 1944 (retranscrit in Jean Pierre Goudal, op. cit.) précise les faits : « J’ai l’honneur de vous rendre compte de ce que le vendredi 25 août 1944 nous avons reçu l’ordre écrit de nous emparer des édifices publics de le ville de Caudéran, (Mairie, Pergola, Centre de Ravitaillement, Bureau de Poste, Commissariat) à 20 heures. Par la suite nous avons reçu contre-ordre, l’opération étant renvoyée au lendemain 8 heures. Le samedi 26 août 1944, ayant réuni les groupes F.F.I. du capitaine Faulat, du lieutenant Colas, de l’adjudant- chef Riou et de M. Vigé nous avons dirigé nos différents groupes, à savoir : le groupe Riou sur la mairie le groupe Faulat sur la Poste, le groupe Colas sur la Pergola et le groupe Vigé sur le commissariat. A 8 heures du matin, le drapeau tricolore flottait sur les édifices. Par la suite, l’adjudant-chef Riou, ayant appris que les Allemands avaient laissé du lait Nestlé dans l’un de leurs cantonnements, envoya vers 10 heures 30 l’ambulance municipale montée par 8 hommes dont Goudal Marc, Ordonneau Maurice, Chaussat André, tous F.F.I. du groupe Riou, pour procéder à l’enlèvement de cette marchandise. Revenant de leur mission, le détachement se rencontra avenue d’Eysines avec deux patrouilles allemandes, qui sans provocation de leur part, ouvrirent le feu sur la voiture qui était pourvue des insignes de la Croix Rouge. Le conducteur de la voiture, Ordonneau fut tué sur le coup d’une balle en plein cœur, tandis que Goudal et Chaussat qui descendaient étaient abattus sur la chaussée. Goudal grièvement blessé fut transporté à l’hôpital Saint André où il décéda peu de temps après son entrée dans cet établissement, cependant que Chaussat était abattu sur place ».
Homologué FFI, il obtint la mention mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de Caudéran. Il reçut la Croix de guerre 1939-1945 à titre posthume, le 26 août 1945. Un monument fut dressé après la guerre, à sa mémoire et à celle de ses deux camarades tués avec lui, devant le 206 avenue d’Eysines à Caudéran, avec l’inscription : "Ici sont tombés sous les balles allemandes - Passant n’oublie pas". Son nom figure aussi, orthographié Chavissat R. sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199111, notice CHAUSSAT Robert Emile par Michel Thébault, version mise en ligne le 15 janvier 2018, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Journal 20 minutes Bordeaux, entretien avec Christian Block, commissaire de l’exposition La Libération de Bordeaux août 2014 – mai 2015 — site internet Jean Pierre Goudal cauderan.ffi — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément