HAWLAS Joseph

Par Philippe Wilmouth

Né le 10 août 1894 à Gelsenkirchen (Rhénanie, Allemagne) ; ouvrier mineur ; militant communiste et probablement séparatiste rhénan.

Français par naturalisation, Joseph Hawlas habitait Stiring-Wendel (Moselle).
Arrêté à Stiring le 23 juillet 1941 pour des faits antérieurs au 1er juin 1940, certainement pour ses activités séparatistes en 1923-24, il fut condamné pour haute-trahison et interné à Sarrebruck (Sarre, Allemagne), puis à Diez-Lahn.
Selon le témoignage de Joseph Plahuta : "Il a survécu à la guerre. Je l’ai très bien connu ainsi que son épouse prénommée Hanni, pendant approximativement 20 ans, au cours des années 1950 jusqu’à la fin des années 1960 lorsqu’il est décédé. Il résidait à Stiring-Wendel dans la vieille cité minière du Habsterdick dans l’avenue de France mais dont je ne me souviens plus exactement du numéro, mais qui doit se situer entre le 120 et le 140 actuels. Je l’ai très bien connu parce qu’il aurait dû être mon grand-père si la guerre ne lui avait pas arraché son fils unique Rudy disparu sur le front de l’est (...) Mon Onkel Jupp était communiste fervent et convaincu, ce qui était une des raisons pour laquelle il avait décliné toute nationalité (dont la nationalité allemande) pour revendiquer d’être apatride. Il a immigré dans l’entre-deux guerres en cette Lorraine thioise pour venir travailler comme mineur de fond dans les mines de Forbach. Mais en 1941 les occupants allemands l’ont rattrapé et interné dans le camp de la « Neue Bremm » (sauf erreur) à la Brême d’Or juste après la frontière avant Sarrebruck. Il en sera sorti par son fils Rudy qui avait été mis dans l’alternative soit de persister comme apatride fils d’apatride, soit de reconnaître son appartenance à la nationalité allemande. Dans le premier cas on le faisait rejoindre le sort de son père dans un camp, dans le second son père était libéré, mais lui son fils devait revêtir l’uniforme de la Wehrmacht. Il a pris la seconde option, il a été incorporé et envoyé sur le front de l’Est où il a disparu et n’en est plus jamais revenu. Mon Onkel Jupp et ma Tante Hanni ont dû ainsi vivre ensuite avec leur chagrin pendant près de 30 années, sans jamais rien laisser paraître. Mon père qui avait aussi fait la guerre a fait oublier sa peine à ma mère ; j’en suis né et en plus de mes grands-parents, j’avais aussi un oncle (ou plutôt grand-oncle) et une tante (plutôt grand-tante) dont le passé n’a jamais été un mystère. Le révolutionnaire apatride et mineur savait formidablement chanter les airs d’opéra qui lui étaient si chers. Je l’entends encore. "

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199159, notice HAWLAS Joseph par Philippe Wilmouth, version mise en ligne le 16 janvier 2018, dernière modification le 5 janvier 2021.

Par Philippe Wilmouth

SOURCES : AD Moselle 69J13, fonds Neigert. — Témoignage de Joseph Plahuta, janvier 2021.

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