KELIL ou KHELIL Ben Ali

Par Eric Panthou

Né en 1906, en Algérie ; ouvrier chez Michelin, membre de la CGTU et du PCF ; responsable des Amis de l’URSS à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; résistant, arrêté, inculpé en 1945 pour dénonciation.

Ben Ali Kélil ou Khélil- était magasinier à l’usine Michelin de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il appartenait à la CGTU et au PCF à la fin des années 1920. A cette date, en raison de la répression patronale, l’activité militante chez Michelin était clandestine.
En mars 1930, dix membres de la cellule Michelin sont licenciés dans ce que l’on désignera plus tard "l’affaire Khélil". Selon Robert Marchadier, qui fut secrétaire de la CGT Michelin de 1936 à 1939, Khélil serait alors passé du côté du patronat et aurait dénoncé ses camarades.
En 1940, selon les documents saisis sur Ernest Néron, responsable départemental du PCF clandestin, Kélil était son contact pour l’organisation des Amis de l’URSS. Mais sur un des rapports retrouvés sur Néron et daté du 17 janvier 1941, celui-ci dit que le Parti n’a pas encore trouvé de responsable pour les Amis de l’URSS sur Clermont-Ferrand. Kélil n’est donc peut-être qu’un simple contact et pas le responsable. Qui qu’il en soit, il est très surprenant que le Parti ait repris contact avec un homme présenté comme celui ayant contribué à liquider la fragile cellule Michelin en 1930.
Il est en tout cas en relations étroites avec l’organisation clandestine du Parti fin 1940.
C’est lui qui, avec Ferrières, Michel et Néron, aurait organisé la première imprimerie clandestine du journal L’Humanité, rue Pascal. Le 18 janvier 1941, elle est découverte et 3 militants, dont Néron, sont arrêtés. L’adresse de Kélil est retrouvée sur Néron. Kélil est arrêté quelques jours plus tard, la perquisition chez lui ne donnant rien. Il fut relâché sur intervention d’un commissaire divisionnaire. Dès lors, il fut considéré comme un indicateur de la police de Vichy. Dans un rapport émanant du cabinet civil de Pétain, daté du 25 juillet 1941, adressé au directeur du personne de la police, Kélil est signalé "comme un des meilleurs agents de renseignements de la police du territoire".
Arrêté à la Libération, il est inculpé de dénonciation par la cour de justice de Riom en 1945. Là, Kelil reconnaît avoir appartenu au Deuxième Bureau, services de renseignements de l’Armée, mais se défend d’avoir dénoncé ses camarades. Il est finalement condamné à dix-huit mois de prison, 12000 francs d’amende et à la dégradation nationale à vie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199193, notice KELIL ou KHELIL Ben Ali par Eric Panthou, version mise en ligne le 17 janvier 2018, dernière modification le 25 août 2019.

Par Eric Panthou

SOURCES : Arch. départ. du Puy-de-Dôme 1296W75 : le commissaire divisionnaire de la surveillance du Territoire à monsieur l’Inspecteur général des Services de la Surveillance du Territoire à Vichy, le 21 janvier 1941.— Gilles Lévy, « Pour quelles raisons, Pierre Girardot, le responsable du Comité régional du Puy-de-Dôme-Cantal du Parti communiste français et des F.T.P.F. Fut muté le 1er juillet 1944 à Lyon par la Délégation du Comité Central du PCF Zone Sud », Le Lien, Bulletin des Amitiés de la Résistance, n°33, septembre 2017, 84 p.— Notes sur Michelin, Archives Robert Marchadier, conservées par Eric Panthou .— "A la Cour de Justice de Riom. L’affaire de l’imprimerie clandestine de l’Humanité à Clermont est évoquée. 18 mois de prison au dénonciateur Kelil Ben Ali", La Montagne, 22 juin 1946.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément