BONGEAT Marcel (dit Lenoir)

Délégué CGT Michelin de 1937 à 1939, responsable politique de la section Michelin du PCF sous l’occupation

Bongeat était délégué CGT de l’atelier VDO chez Michelin, élu en 1937 et réélu en 1938 puis en 1939. En décembre 1939, il a refusé de répondre au questionnaire de l’UD CGT demandant aux délégués Michelin de dénoncer le pacte germano-soviétique et de reconnaître n’avoir jamais été membre du PCF. Il a alors fait l’objet d’une perquisition.
Gilles Lévy le présente, à tort, comme un militant socialiste. Il aida Raoul Calas à rétablir le parti communiste aux usines Michelin en 1940. Au printemps 1943, il fait partie du triangle de la direction de la section communiste de l’usine Michelin à côté d’Antoine Prugne, et de Wallas (pseudo Leclair).
Bongeat est nommé “polo” c’est-à-dire responsable politique de la section PCF Michelin en 1943. Il fut remplacé à la demande de Pierre Girardot, responsable régional du Parti à partir de juillet 1943, en raison de son état de santé. Ce dernier avait envisagé de le nommer en qualité de “syndical” au sein du triangle de direction de la section.
Après la Libération, en 1945, Bongeat est sanctionné par la direction du Parti est "mis à la base" sans qu’il en connaisse le motif. Il écrit alors à la direction départementale du Parti disant qu’il rend sa carte et ne la reprendra que lorsqu’il sera lavé des rumeurs internes au Parti l’accusant de marché noir et lui reprochant de s’être installé à son compte en prenant un café alors qu’en réalité il n’était que gérant. On l’accuse aussi d’avoir détourné l’argent des cotisations durant la clandestinité. Bongeat reçoit le soutien de Pierre Girardot. Ce dernier déclare que Bongeat “mérite entièrement la confiance du Parti dans la période actuelle en raison des services qu’il a rendu lorsqu’il travaillait sous ma direction”. Il certifie que sa probité ne peut être mise en cause au niveau de la collecte des cotisations. Bongeat, bien que n’étant plus salarié Michelin, est en 1945 trésorier de la commission des fêtes de la section syndicale Michelin.
Il conclut son courrier en disant qu’on “n’a pas besoin d’avoir une carte dans sa poche pour être communiste."

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199198, notice BONGEAT Marcel (dit Lenoir), version mise en ligne le 17 janvier 2018, dernière modification le 17 janvier 2018.

Pierre Girardot, La Lavande et le Palais-Bourbon, Paris, éd. Sociales, 1980. Gilles Lévy, A nous Auvergne !, Paris, Presses de la Cité, 1981. Lettre de Marcel Bongeat, dit Lenoir, 87 rue Fontgiève, le 21 janvier 1945 à “Cher camarade”. Lettre signée Pierre Girardot, ancien polo régional, le 23 février 1945, concernant Bongeat (Archives privées de Roger Champrobert, Clermont-Ferrand). “Délégués n’ayant pas répondu au questionnaire” ; Election des délégués. procès-verbal des élections. Michelin, années 1937, 1938 et 1939. (Archives Henri Verde, CGT Michelin, Clermont-Ferrand).

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