BOUFFET Georges, Constant

Par Claude Delasselle

Né le 21 septembre 1911 à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne), tué le 7 juin 1944 à Bussy-en-Othe (Yonne) ; cheminot ; résistant FTP.

Georges Bouffet était employé de la SNCF et travaillait à l’important dépôt ferroviaire de Laroche-Migennes (Yonne). Il s’était engagé, à une date que nous ignorons, au sein des FTP de l’Yonne.
Lorsque l’état-major des FTP de l’Yonne, le 6 juin 1944, lança les opérations de « libérations anticipées », il faisait partie d’un détachement d’une trentaine d’hommes constitué des quelques cheminots résistants sédentaires qui avaient échappé au démantèlement du groupe FTP animé par Louis Riglet au dépôt de Laroche-Migennes, renforcé par des groupes de sédentaires FTP de Bussy-en-Othe, la Fourchotte et Laroche. Le 7 juin 1944, sous le commandement d’André Chamfroy (« Clair »), ce groupe partit de la Fourchotte et occupa le village de Brion (Yonne), où un des résistants, Georges Brun, fut blessé à la jambe lors d’un accrochage avec une patrouille allemande (il mourra peu après à l’hôpital de Brienon).
Puis ce groupe occupa le village de Bussy-en-Othe, où deux fusils mitrailleurs furent mis en batterie sur deux des routes donnant accès à la place du village. Un des responsables FTP, André Dessèvre (« Dany ») partit alors en camion à Arces chercher des armes. Quelque temps après, les résistants virent un camion arrivant de la forêt d’Othe et crurent qu’il s’agissait du camion de « Dany ». Mais il s’agissait en fait du premier véhicule d’un petit convoi allemand, qui ouvrit aussitôt le feu. Les résistants surpris n’eurent pas le temps d’organiser leur défense. Heureusement, un des serveurs de fusil mitrailleur, bien que mal positionné, ouvrit le feu sur les assaillants ce qui permit à la quasi-totalité du groupe de s’enfuir. Mais un des résistants, Georges Bouffet, eut la malencontreuse idée de se cacher dans le cylindre d’un gros rouleau-compresseur garé sur la place. Ayant été repéré, il y fut tué par les Allemands. Un autre résistant, Roger Guillot, grièvement blessé aux jambes, fut caché dans une maison par des habitants et échappa aux perquisitions menées par les Allemands dans le village.
Le nom de Georges Bouffet figure sur une plaque commémorative des morts de la SNCF située dans le Hall du Centre régional des opérations SNCF de la région Paris Sud-Est, à Paris. Il figure aussi sur le monument aux morts de Cruzy-le-Châtel (Yonne), sur une plaque apposée sur le mur du dépôt des cheminots à la gare de Laroche-Migennes, sur une autre plaque commémorative des morts de la SNCF de l’Yonne apposée sur le mur de la gare de Migennes et enfin sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il est titulaire de la mention « Mort pour la France » (AC 21 P 29191).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199266, notice BOUFFET Georges, Constant par Claude Delasselle, version mise en ligne le 19 janvier 2018, dernière modification le 28 septembre 2021.

Par Claude Delasselle

SOURCES : Robert Loffroy, Mémoires d’un résistant et militant communiste de l’Yonne, Éd. ARORY, 2014, page 247. — Robert Bailly, La Croix de Saint-André, Éd. ANACR-Yonne, 1983, pages 186-187. — Mémorial GenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément