SOULEZ Pierre, Félix, André

Par Michelle Destour, Jean-Luc Marquer

Né le 25 avril 1919 à Versailles (Seine-et-Oise, aujourd’hui Les Yvelines) sommairement exécuté le 30 août 1944 à Loire-sur-Rhône (Rhône) ; étudiant en agronomie ; résistant de l’Armée secrète, groupe Peysson de Morestel (Isère), homologué soldat des Forces françaises de l’Intérieur (FFI),

Pierre SOULEZ
Pierre SOULEZ
Photo : Jean-Luc Marquer

Pierre, Félix, André Soulez était le fils de Charles Maurice, médecin, et de Suzanne, Marie, Charlotte Roret, son épouse.
La famille, nombreuse, habitait à Versailles (Seine-et-Oise, aujourd’hui Les-Yvelines) et Pierre Soulez fit ses études au lycée Hoche.
En 1940 il était cadet (élève-officier) à l’École de Cavalerie de Saumur où il participa à la dernière bataille.
Son attitude lui valut la Croix de guerre 1939-1940 et il fut élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Il aurait été étudiant à l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers (Maine-et-Loire).
Il vint travailler à Creys-et-Pusignieu (aujourd’hui, Creys-Mépieu, Isère) chez son beau-frère.
Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit le Maquis de Morestel-Ambléon, qui relevait du secteur 7 de l’AS-Isère.
En août 1944, après le débarquement allié en Provence et son avancée dans la vallée du Rhône accompagnée par les soldats des Forces Françaises de l’Intérieur, les troupes allemandes tentèrent de se replier sur Lyon. Fin août 1944 en Isère, les communes de Jallieu, Bourgoin, La Verpillère étaient libérées. Le 28 août 1944, vers 16 heures, dans le secteur de la Mi-Plaine, une centaine de résistants FFI ayant pour mission de ne pas relâcher la pression sur l’occupant, se retrouvèrent face aux chars et automitrailleuses ennemis. De violents combats eurent lieu dans la région de Saint-Bonnet-de-Mure (Isère, aujourd’hui Rhône) et Saint-Laurent-de-Mure (Isère, aujourd’hui Rhône) où les maquisards furent surpris à découvert par des blindés ennemis munis de mitrailleuses lourdes. Trente-et-un maquisards trouvèrent la mort dans la plaine d’Heyrieux (Isère) tandis que les hommes de la Wehrmacht poursuivaient leur route vers le nord avec des prisonniers.
Alors qu’ils essayaient de faire démarrer leur véhicule, un groupe de 5 hommes fut pris pour cible par un bataillon allemand très proche. Joseph Vidon et le chauffeur Georges Buttin furent tués sur le coup. Les autres furent blessés et faits prisonniers. Les prisonniers emmenés à Loire-sur-Rhône (Rhône), Pierre Soulez, Valéry Catallo de la 5ème section et Antoine Ponsard, chauffeur y furent fusillés.
Le 29 août 1944, à la tombée de la nuit, une colonne de mille allemands, arrivés en camions par Vienne (Isère), cantonna à Loire-sur-Rhône (Rhône). Cette commune, traversée depuis plusieurs jours par la débâcle allemande, fréquemment mitraillée et bombardée par l’aviation, était vide d’une partie ses habitants qui avaient fui. Le 30 août vers 13 heures, trois prisonniers furent fusillés par ces soldats entre la voie ferrée et une lône du Rhône. Les détonations furent entendues mais personne n’osa aller voir. Ce fut seulement le 2 septembre 1944, alors que la libération de la région s’achevait, que les trois cadavres furent découverts et sommairement enterrés. Tous trois avaient été tués par balles tirées dans le dos. Le 6 septembre, des résistants de Morestel vinrent à Loire-sur-Rhône où ils rencontrèrent le maire et reconnurent leurs camarades que ce dernier avait fait exhumer. Il s’agissait de Valéry Catalo, Antoine Ponsard et Pierre Soulez, tous trois du Groupe Peysson de Morestel et combattants FFI de l’Isère.
Pierre Soulez fut inhumé le 6 septembre 1944 dans le cimetière de Creys-et-Pusignieu.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur.
Son nom figure sur la stèle FFI de Saint-Bonnet-de-Mure, sur une des plaques commémoratives du Lycée Hoche à Versailles, sur les Monuments aux Morts de Creys-et-Pusignieu et de Bourgoin-Jallieu : Les Résistants du secteur 7 à leurs camarades... (Isère) et sur le mémorial du maquis d’Ambléon à Ambléon (Ain).
Une stèle à Loire-sur-Rhône rappelle le souvenir des trois fusillés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199421, notice SOULEZ Pierre, Félix, André par Michelle Destour, Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 24 janvier 2018, dernière modification le 9 juin 2021.

Par Michelle Destour, Jean-Luc Marquer

Pierre SOULEZ
Pierre SOULEZ
Photo : Jean-Luc Marquer

SOURCES : SHD Vincennes, GR 19 P 38/15 et GR 16 P 554283 (à consulter) — AVCC Caen, AC 21 P 161189 (à consulter) — Arch. Dép. Rhône : Mémorial de l’Oppression, cote 3808W905 — sites : Mémoire des Hommes, anacr-morestel.fr, Geneanet, Mémorial GenWeb — http://www.vivreachirens.com/documents/Scribe/dossiers/Ambleon.pdf

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