MARTIN Henri dit « Pierrot », dit « le Balafré »

Par Gérard Larue

Né le 4 août 1925 à Balleray (Nièvre) ; mécanicien puis employé de la presse ; résistant Ceux de la Libération (CDLL) et FTPF ; déporté-résistant à Buchenwald (Allemagne).

Fils de Claude et de Marie Caillot, Henri Martin était mécanicien de profession, il travaillait en 1943 dans la Nièvre. Il déclara en 1945 qu’il « avait été agent de liaison de CDLL et avait convoyé des aviateurs alliés tombés sur le sol national ». L’attestation officielle de Leduc (arrêté le 2 février 1944) liquidateur du Mouvement CDLL, stipulait qu’il avait « accepté et rempli toutes les missions qui lui [avaient] été confiées dans la région parisienne et le département de l’Aube », notamment à Troyes (Aube). Les documents précisaient qu’il avait adhéré au réseau « en mai 1943, qu’il était adjoint officier de liaison, chargé de mission 3ème classe »
Fin 1943, il travailla pour le compte des autorités allemandes au camp de Brétigny (Seine-et-Oise, Essonne) qu’il quitta début 1944, les forces d’occupation l’ayant désigné avec son camarade Abel Thomas pour partir en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO).
Jusqu’en mars 1944, ils furent tous les deux hébergés 36 avenue Hainguerlot à Stains (Paul- Vaillant-Couturier) chez madame Danelle la mère de sa fiancée Eliane, rejoints par Pierre Meunier. Henri Martin ne tarda pas à entrer en contact avec Roger Imbert dit « Jojo » responsable militaire régional FTPF à qui il donna son adhésion en même temps que celle de Thomas Abel et du stanois Pierre Meunier qu’il avait recruté.
Très vite, Henri Martin reçut de son commissaire FTPF aux effectifs Robert Vignes alias « Vergne », une mitraillette et son armement qu’il cacha chez sa logeuse. Celle-ci s’en aperçut et demanda aux trois jeunes gens de quitter son appartement. Ils se logèrent dans l’urgence en hôtel, 15 rue du Port à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis).
A la suite des arrestations des FTPF Jacques Cousin, Jean Couchouron et Roger Imbert survenues lors d’un attentat commis à Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis) le 15 mars 1944, Henri Martin fut arrêté à Saint-Denis par la BS2 le 5 avril 1944 avec Abel Thomas et Pierre Meunier. Il indiqua en 1948 qu’il « était chef de détachement FTPF au moment de son arrestation ».
Il fut emprisonné à Fresnes, puis déporté de Paris le 15 août 1944, arriva le 20 à Buchenwald par un convoi composé de 543 femmes et de 1654 hommes. Il y reçut le matricule 77813 puis fut transféré au kommando de Dora puis à celui de Bad Ganderscheim (Allemagne). Ce dernier, ouvert le 2 octobre 1944, était situé au sud-ouest de Brunswick (Allemagne) où 620 déportés dont 226 Français travaillaient 13 heures par jour y compris le dimanche matin dans une usine produisant des carlingues pour les avions Heinkel.
Avec l’avancée des troupes alliées, après que furent exécutés les malades et ceux qui ne pouvaient pas marcher, l’évacuation du kommando commença le 4 avril 1945 en direction de Messendorf (Allemagne) où les déportés encore en vie arrivèrent le 12 avril puis enfin à Dachau (Allemagne). Henri Martin y fut libéré le 27 avril 1945 et rapatrié le 30 mai suivant.
Déporté-résistant, il fut homologué au titre des Forces Françaises Combattantes (FFC), et Déporté interné résistant (DIR), avec le grade fictif de sous-lieutenant. Il épousa Eliane Danelle à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis), le couple habita la ville au 16 bis boulevard Maxime-Gorki.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199459, notice MARTIN Henri dit « Pierrot », dit « le Balafré » par Gérard Larue, version mise en ligne le 25 janvier 2018, dernière modification le 3 juin 2019.

Par Gérard Larue

SOURCES : Arch PPo. GB 131 – Arch. SHD 16P 397860, GR 17P 98. – Association Buchenwald-Dora et Kommandos. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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