ARNAUD Georges, François, Henri [Pseudonyme dans la Résistance : PIN]

Par Jean-Luc Marquer

Né le 13 mai 1907 à Vienne (Isère), exécuté sommairement le 18 juin 1944 à Roche (Isère) ; industriel ; résistant de l’Armée secrète, homologué lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur à titre posthume et interné résistant (D.I.R.)

Georges ARNAUD
Georges ARNAUD
Source : Commune de Roche (Isère), numérisée par le Mémorial National de la prison de Montluc

Georges, François, Henri Arnaud était le fils d’Eugène Arnaud, industriel, et de Marthe, Joséphine Charvet.

Il effectua son service militaire comme télégraphiste au 8ème Régiment du Génie.

Il épousa Raymonde, Joséphine, Marie Sibut en 1929. Ils eurent un fils, Jacques, né en 1933.

Il dirigeait avec son père l’entreprise familiale de charpente et de négoce de bois.

En automne 1940, il se joignit au mouvement d’Alban Vistel, « la Reconquête », qui se fondra bientôt dans « Libération » dont il fut chef de secteur et responsable de la propagande.
Le 14 juillet 1942, il fut en tête du cortège viennois qui célébra la fête nationale.
Le 28 août 1942, il fit partie des hommes qui réceptionnèrent le premier parachutage de la région, sur le terrain « Villars » à Septème (Isère).
Il fit partie du réseau « Action ».
À la création des Mouvements Unis de Résistance, il rejoignit le secteur VI de l’A.S.- Rhône.
En 1943, il fut chargé, avec Jules Dedieu, d’organiser le noyautage des administrations publiques (N.A.P.).
Il devint responsable du secteur de Vienne de l’Armée secrète.

Il fut arrêté à son domicile, 3 boulevard de la sous-préfecture, avec son père Eugène, le matin du 25 mai 1944, par des membres de la Gestapo accompagnés de miliciens, venus de Lyon, et qui voulaient mettre un terme aux activités de résistance à Vienne.
Conduits à la caserne Rambaud, ils furent transférés dans la soirée à l’école de santé militaire de Lyon, siège de la Gestapo, et emprisonnés dans les caves.
A la sortie de la caserne, Georges Arnaud entonna la Marseillaise.
Le lendemain, un bombardement aérien allié, visant les installations ferroviaires lyonnaises, détruisit le bâtiment.
Ils furent alors transférés à la prison de Montluc.

Le 18 juin 1944, Georges Arnaud, son père Eugène, et dix-huit autres détenus furent extraits de la prison de Montluc et sommairement exécutés par des soldats allemands au lieu-dit la Croix-Châtain à Roche (Isère).

Reconnus très rapidement, ils furent identifiés officiellement à Roche le 20 juin 1944 par Henri Arnaud, fils d’Eugène et frère de Georges.

Leurs obsèques donnèrent lieu à d’imposantes funérailles. Sous les yeux des Allemands, plusieurs milliers de personnes suivirent le cortège dans un silence assourdissant. Ils furent enterrés au cimetière de Pipet à Vienne.

Georges Arnaud fut homologué membre des Forces françaises de l’Intérieur du 1er janvier 1943 au 25 mai 1944.

Il obtint la mention « Mort pour la France » le 3 avril 1945 et le titre d’interné résistant le 25 septembre 1963.

Son nom figure sur le monument commémoratif érigé sur le lieu des exécutions.

Cité à l’ordre de la division, puis à l’ordre du corps d’armée, il reçut la Croix de guerre avec étoile de vermeil et la médaille de la Résistance et fut élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Voir Roche

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199700, notice ARNAUD Georges, François, Henri [Pseudonyme dans la Résistance : PIN] par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 1er février 2018, dernière modification le 2 mai 2021.

Par Jean-Luc Marquer

Georges ARNAUD
Georges ARNAUD
Source : Commune de Roche (Isère), numérisée par le Mémorial National de la prison de Montluc

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression (3808 W 0591 et 3808 W 0601), 3335 W 22, 3335 W 9 — SHD, Vincennes, GR 19 P 69/17 ; GR 16 P 17541 —AVCC,Caen, 21 P 9111 — Médiathèque « Le Trente » Vienne, Fonds patrimonial ; Fonds DUFROID — BERGER Jean-Daniel ; Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère en 2 volumes : Tome 1, Juin 1940-juin 1944 ; Tome 2, Juin-septembre 1944 ; Impressions Modernes (Guilherand-Granges), 2001 — BOUVARD Jean ; Dans ma sous-préfecture ; Audin (Lyon) ; 1946 — VISTEL Alban ; La nuit sans ombre ; Fayard (Paris) ; 1970

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