TEBIRIAN Haïk (Hardy)

Par Astrig Atamian

Né à Ada-Bazar dans le sancak d’Ismit le 21 décembre 1910, tué au maquis de Trondes ou de Boucq à la mi-août 1944 (Meurthe-et-Moselle) ; Arménien originaire de l’Empire ottoman, au Parti communiste égyptien en 1927, en URSS de 1931 à 1936, au Parti communiste français en 1936, FTP-MOI.

Haïg Tebirian (ou Haïk Tbirian dans d’autres sources), fils d’un prêtre hentchak (SD arménien) avait rejoint le Parti communiste égyptien en 1927 après avoir étudié à l’école arménienne du Caire. Il fut expulsé d’Égypte en décembre 1931 en même temps qu’une dizaine d’autres communistes arméniens. Haïg Tebirian trouva asile en URSS. Il passa environ dix-huit mois à Erevan et devint un intime d’Aghassi Khandjian, le Secrétaire du Parti communiste d’Arménie. Haïg Tebirian fut ensuite envoyé à l’Institut Narimanov des Langues orientales à Moscou où il étudia deux ans et retrouva sur place son ami d’enfance Diran Vosguéritchian, également membre du PC égyptien et qui suivait à Moscou les cours de l’École Léniniste Internationale. Haïg Tebirian retourna ensuite en Arménie avant d’être chargé de participer à la réorganisation du PC égyptien. Il arriva ainsi en France en juin 1936 dans le but de rejoindre Le Caire, mais à son arrivée à Port-Saïd, la police le refoula vers Marseille. Après vingt jours de prison, il rejoignit la région parisienne où il retrouva Diran Vosguéritchian, arrivé entre-temps avec pour mission d’encadrer la section arabe des cadres. Ils furent tous deux hébergés dans une famille de militants communistes arméniens, les Bédanian, à Bagneux où ils intégrèrent la cellule locale du Parti communiste français avant de prendre contact avec la sous-section arménienne et le HOK (Comité d’aide à l’Arménie).
Haïg Tebirian qui était un intellectuel se lia rapidement avec Missak Manouchian et intégra la rédaction de la revue littéraire et prosoviétique arménienne Zangou que ce dernier dirigeait.
Tout comme Diran Vosguéritchian, Haïg Tebirian, de par sa position de militant international, avait dans un premier temps suscité la méfiance de David Davidian le secrétaire de la sous-section arménienne du Parti communiste français.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Haïg Tebirian fit partie de l’équipe sélectionnée par Missak Manouchian chargé, en décembre 1942, de recruter des FTP parmi les Arméniens de la MOI. Haïg Tebirian ne prit vraisemblablement part qu’à une seule action armée au sein des FTP-MOI parisiens : la dernière du groupe, le 30 octobre 1943, deux semaines avant l’arrestation de son chef. De même qu’un certain nombre de ses camarades arméniens, Haïg Tebirian fut caché pendant plusieurs semaines dans différentes familles de sa communauté. Il parvint ensuite à rejoindre la province où il se consacra au Travail allemand en direction des prisonniers soviétiques enrôlés par les Allemands.
Envoyé en Meurthe-et-Moselle, Haïg Tebirian fut tué au maquis de Trondes ou de Boucq lors d’une contre-offensive des Allemands à la mi-août 1944.
Haïg Tebirian était le père d’une petite fille et le mari de Baïdzar, la fille aînée de la famille Bédanian qui l’avait accueilli à son arrivée en France. Après-guerre, le jeune frère de Baïdzar, Gérard Bédanian, membre de la Commission nationale arménienne du PCF, devint en 1965 l’adjoint au maire de Bagneux et fut le principal artisan du jumelage en 1968 entre Bagneux et Kirovakan (aujourd’hui Vanadzor), la troisième ville de la RSS d’Arménie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199732, notice TEBIRIAN Haïk (Hardy) par Astrig Atamian, version mise en ligne le 3 février 2018, dernière modification le 8 février 2021.

Par Astrig Atamian

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 8076. – Diran Vosguéritchian, Hay artsagazeneri me houchére (Les mémoires d’un franc-tireur arménien), Beyrouth, Doniguian, 1974. – Arsène Tchakarian, Les Francs-Tireurs de l’Affiche Rouge, Paris, Éd. sociales, 1986. – Gaston Laroche, On les nommait des étrangers, Paris, Les Éditeurs français réunis, 1965. – Entretien avec Gérard Bédanian à Bagneux le 6 juin 2005.

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