TROSSET Louis, Marcel

Par Jean-Marie Guillon

Né le 26 janvier 1906 à Marseille (Bouches-du-Rhône), exécuté le 22 août 1944 à Montélimar (Drôme) ; cheminot, concierge ; membre du réseau Tartane de la France combattante.

Marié à Francine Médard, Louis Trosset était le fils de Louis et de Rosalie Dacquin. Il effectua son service militaire du 1er novembre 1929 au 10 octobre 1930 et entra à la Compagnie du PLM à son retour le 12 octobre. Il fut mobilisé le 19 mai 1940 et démobilisé le 17 juin. Il était employé des chemins de fer (facteur mixte) à la gare Saint-Charles de Marseille et également concierge au n°18 rue Élémir Bourges, à Marseille.
Roger Taillefer, responsable du sous-réseau Burin du réseau de renseignements Tartane, y résidait et utilisait son appartement comme PC du sous-réseau. Il recruta Louis Trosset dans son organisation en juin 1943 avec le matricule R.J. 611. Trahi par l’un de ses contacts, Taillefer et son adjoint Joseph Zapelli furent arrêtés le 17 juin 1944 par l’équipe de Georges Pariétas dit « commissaire Boyer » qui travaillait pour le compte de la police militaire allemande (Geheim Feldpolizei) et de l’Abwehr. Taillefer parvint à leur échapper, mais la même équipe vint arrêter Louis Trosset le 23 juin 1944. Il fut emprisonné aux Grandes Baumettes avec Zapelli et Gaston Balbo, autres agent de Burin, arrêté le 5 juillet. Les trois hommes se trouvaient dans le convoi de condamnés que les Allemands firent partir de Marseille le 16 août, après avoir libéré les autres prisonniers. Compte tenu des coupures de la voie ferrée, ce groupe de vingt-quatre prisonniers fut acheminé en train et à pieds. Des prisonniers furent libérés en cours de route, un était parvenu à s’échapper au Pontet (Vaucluse) et deux femmes avaient été laissées à la prison d’Avignon. Les dix prisonniers restants furent exécutés à Montélimar, quartier des Meyères, avec sept autres personnes à une date incertaine, qui varie selon les sources et selon les membres de ce groupe entre le 20 et le 25 août. La date du 22 août paraît la plus plausible. Son corps fut inhumé à Pertuis (Vaucluse).
Louis Trosset fut homologué comme sous-lieutenant de l’armée de l’Air et reçut le titre de « Mort pour la France ».
Son nom figure sur le monument aux morts de la SNCF dans le square de la gare Saint-Charles, à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199756, notice TROSSET Louis, Marcel par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 15 juin 2019, dernière modification le 10 novembre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : SHD GR 16 P 57006. ⎯ Arch. dép. Bouches-du-Rhône 55 W 102 (cour de justice de Marseille, dossier Cabagno). — Arch. dép. Rhône 3808 W 336 (Mémorial de l’oppression, nc). — Mémoire des Hommes SHD Caen DAVCC 21 P 169827 et Vincennes GR 16 P 579006, 28 P 4 1762, 28 P 11 123 (nc). ⎯ Documents Roger Taillefer. — Daniel Bénédite, ⎨Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée. Marseille-Provence 1940-1944⎬, Jean-Marie Guillon et Jean-Michel Guiraud éd., Éditions du Félin, Paris, 2017.— Robert Mencherini, ⎨Cheminots en Provence. Les années de guerre 1939-1945⎬, Marseille.

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